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SCH group cherche le compromis entre sociabilité et mobilité

En Alsace, Jean-Marc Hege a choisi deux systèmes pour fournir des poulettes s’adaptant aux différentes volières de ponte et répondant aux attentes de ses clients.

Depuis une dizaine d’années, Jean-Marc Hege développe SCH group en misant sur la volière. Soit en convertissant des installations, soit en créant des entités d’environ 40 000 places qui correspondent à la dimension des plus grandes unités de ponte. « Aujourd’hui, le gigantisme des bâtiments en cage est démodé, estime-il. On s’adapte, avec l’avantage de diviser le risque sanitaire. » L’équation est la suivante : faire de la qualité à un prix acceptable par le marché. Avec un bâtiment en cages reconverti, on perd 50 % de la capacité de production, tandis qu’elle double avec une ancienne poussinière au sol. Pour du neuf, l’éleveur se base sur un investissement moyen de 21 à 23 euros par place (en intégrant le hangar à fientes), contre moins de 10 euros en aménageant. Les coûts de revient vont donc augmenter en volière, du fait d’investissements supérieurs, tous modèles confondus. Par ailleurs, l’entrepreneur a le souci de livrer une poulette qui est active et qui pond au nid. « Avec le matériel et la technique, on doit trouver le compromis entre une poule qui est sociable sans être passive et une poule qui est mobile sans être agressive. » Il a choisi la mini-volière plutôt pour la rénovation, et la volière en rangées fixes plutôt pour le neuf. « En rénovation, précise-t-il, les systèmes plus ouverts à portiques s’adaptent mieux aux bâtiments plutôt « carrés » qui valorisent mal les systèmes en rangées. »

Un type de volière pensé pour la poulette

Pour sa première volière créée en neuf en 2010, Jean-Marc Hege a pris la mini-volière néerlandaise Bolegg starter (Vencomatic), « sur les conseils d’un éleveur allemand rencontré au cours de mes visites. Ce système a été inventé en Suisse, en repensant complètement l’élevage, rappelle-t-il, afin de faciliter l’apprentissage des poulettes dès leur plus jeune âge ». Pour mémoire, ce pays précurseur de la volière a interdit l’élevage en cages en 1992. Sans sortir du système, les poulettes utilisent une succession de perchoirs et de plateaux que l’éleveur ajuste et relève progressivement. Très actives et mobiles, à 3 semaines elles ont colonisé toute la hauteur où un homme peut tenir. Pour Jean-Marc Hege, « l’apprentissage simultané du perchoir et du plateau permet à la poule adulte d’aller pondre au nid dans tous les modèles de volière. En revanche, témoigne-t-il pour l’avoir essayé, on ne peut pas conduire les poulettes à l’intérieur jusqu’à la fin ". Passé un certain âge, elles manquent d’espace, alors qu’elles se sont habituées à une liberté de mouvement. C’est ce même risque de confinement dans le système semi-ouvert qui l’a retenu d’investir dans les volières à portiques.

Un autre type plus orienté éleveur

L’entrepreneur a également investi dans du neuf avec des volières en rangées fixes Fienhage. Le système en rangées répond bien aux attentes d’un producteur de poulettes, en termes de gestion (destination cage ou volière, segmentation en lots, main-d’œuvre) et surtout de prix de revient. Avec ses trois ou quatre niveaux, il permet d’optimiser l’investissement (réduction du poste bâtiment). Par ailleurs, il est jugé facile à mener. La circulation des poulettes sous le système est vue comme « un plus s’il fallait évoluer vers des jardins d’hiver ». Mais son inconvénient principal réside aussi dans sa simplicité : chaque compartiment contient l’alimentation et l’abreuvement sans obliger la poulette à monter ou descendre d’un niveau. L’apprentissage est donc plus limité pendant la période en claustration. Et certaines poulettes seraient « casanières ». Une fois adultes, elles seraient plus enclines à pondre hors du nid, du moment qu’elles disposent d’eau et d’aliment à proximité. « Les systèmes à rangées conviennent donc mieux aux oiseaux qui seront logés dans les volières ayant un nid à chaque niveau du système. » Pour une deuxième installation Fienhage en projet, Jean-Marc Hege prévoit d’installer dans chaque couloir une ligne de plateaux ascenseurs avec pipettes. « Ce système est appliqué aux Pays-Bas. Il faut juste élargir le couloir de 50 cm. » Les Néerlandais gèrent différemment l’abreuvement, pour contraindre la poulette à ne pas associer systématiquement eau et aliment. En résumé, le matériel influe beaucoup mais l’éleveur est là pour optimiser son mode d’emploi.

Naissance de SCH group

Ne confondez pas la « ferme Schafbusch » et « SCH Group ». Située en Alsace à Steinseltz, la première est l’exploitation de poulettes prêtes à pondre où est installé Jean-Marc Hege depuis les années 1990, à la suite de son père. SCH group est l’entité commerciale créée par Jean-Marc avec ses fils, Jonas et Gilles, et Mélissa sa belle-fille. Elle fédère les ventes de la SARL Ferme Schafbusch et des quinze éleveurs de poulettes intégrés. Ceux-ci sont répartis sur sept départements du Grand Est « pour disperser les risques sanitaires et être plus proches de nos clients », explique le dirigeant. Ils détiennent désormais plus de capacités que la ferme fondatrice. En effet, le groupe alsacien met les bouchées doubles pour satisfaire la demande. Cette année, quatre sites vont démarrer, totalisant 240 000 places. Début 2020, SCH Group atteindra une capacité de 1,2 million de places en volière ou en cage (250 000 places à Schafbusch). Pour garantir la qualité et sa sécurité, le groupe a ses propres camions de transport de poulettes et son équipe d’interventions.

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