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Rémunérer ses haies grâce au label bas carbone

En séquestrant le carbone, les haies jouent un rôle positif sur le climat. La méthode « Haie » du label bas carbone donne l’opportunité aux exploitants de rémunérer ce service environnemental.

Le plan de gestion durable des haies porte sur la plantation ainsi que sur l’amélioration du linéaire mis en place. © A. Puybasset
Le plan de gestion durable des haies porte sur la plantation ainsi que sur l’amélioration du linéaire mis en place.
© A. Puybasset

Implantée aux abords des bâtiments, sur les parcours ou dans les parcelles des exploitations en polyculture-élevage, la haie présente de multiples intérêts environnementaux. Favorable à la biodiversité, source de bois énergie, frein à l’érosion, elle contribue également au stockage du carbone.

Lire aussi : L’enjeu du bas carbone pour la volaille n’est pas qu’environnemental

On considère qu’un kilomètre de haie adulte stocke trois tonnes de carbone par an. Longtemps considérée comme une charge, l’exploitation de la haie devient une source de valorisation économique pour l’agriculteur, en lui permettant désormais d’accéder au marché du carbone. En novembre 2020, la méthode Haies, portée par les chambres d’agriculture des Pays de la Loire et de Bretagne, a été approuvée comme méthode de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour le label bas-carbone. Elle permet aux exploitants engagés dans une gestion durable de leurs haies de vendre leurs crédits carbone à des entreprises ou des collectivités souhaitant compenser leurs émissions de CO2. Les tout premiers contrats signés portent sur un rachat de 80 euros la tonne de carbone, un montant qui permettrait de couvrir le coût d’entretien des haies.

Un atelier économique à part entière

Les exploitants intéressés s’engagent dans un plan de gestion durable des haies sur quinze ans, évalué tous les cinq ans. Il porte sur la plantation ainsi que sur l’amélioration du linéaire mis en place pour augmenter la biomasse et la capacité de stockage du carbone. Il est aussi possible de valoriser le carbone en l’exportant via une filière de bois énergie. Cela nécessite d’adhérer au « label Haie », une démarche de certification, dont la méthode est reconnue par le label bas carbone. Elle garantit de bonnes pratiques de gestion des haies et une filière de production de bois éthique, durable et locale. « La production de bois issue des haies est devenue une production agricole à part entière sur mon exploitation », a témoigné Quentin Gougeon lors d’une visioconférence du Gis Relance agronomique. Certifié label haie, cet éleveur de bovins et de volailles bio exploite 130 hectares de cultures et 9 km de haies. L’atelier haie apporte une rémunération annuelle de 4 500 euros, toutes valorisations incluses (bois énergie, label haie…).

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