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Quelles sont les pratiques gagnantes des producteurs d’œufs en volière

Une étude de la firme services Provimi a mis en relation les performances techniques et les pratiques d’élevage en volière de ponte, en s’appuyant sur une enquête réalisée chez 47 producteurs d’œufs.

La réussite d’un lot de poules pondeuses est multifactorielle et oblige à être performant sur tous les paramètres, certains pesant plus que d’autres.
La réussite d’un lot de poules pondeuses est multifactorielle et oblige à être performant sur tous les paramètres, certains pesant plus que d’autres.
© A. Puybasset

Qu’est-ce qui différencie les producteurs d’œufs en volière ayant les meilleurs résultats techniques ? Pour y répondre, la firme services Provimi a comparé les pratiques dans soixante bâtiments de poules pondeuses en volière et calculé l’impact sur les performances. Majoritairement en système plein air, ainsi qu’au sol ou en bio, ces bâtiments, enquêtés en 2021 et répartis sur le tout territoire national, avaient une taille moyenne de 27 000 poules pondeuses. Pour chaque critère technique étudié, la firme service a déterminé les pratiques ressortant significativement et a calculé l’écart de performance entre les producteurs qui les appliquent ou non.

Favoriser la colonisation de la volière

Concernant le taux de ponte hors nid, qui demeure la problématique numéro 1 en volière, trois pratiques sont ressorties comme significativement différenciantes. Les élevages qui distribuent l’aliment avec une alternance dans les tours de chaînes ont un taux de ponte hors nid après le pic de ponte de 1,1 % contre 1,4 % pour ceux qui ne le font pas (écart de 0,3 %). « Cette pratique, qui consiste à démarrer d’abord les chaînes du haut puis du bas de la volière et inversement, incite les poules à se déplacer pour trouver l’aliment et permet une meilleure colonisation de la volière », a expliqué Maxime Lucas, spécialiste volailles de Provimi lors de la journée Optiponte.

 

 

Un transfert plus précoce des poules en bâtiment de ponte (entre 16 et 17 semaines d’âge) réduit aussi la ponte hors nid (0,6 % d’écart). « Elle laisse davantage de temps aux volailles pour découvrir les nids avant la première ponte. » Enfin, la mise en place d’une clôture électrique contribue également à un moindre taux de ponte hors nid (écart de 0,6 %), « à condition d’être placée aux endroits propices et limitée aux premiers jours. »

Un vide de chaînes primordial

Sur les critères de ponte, ce sont davantage les pratiques liées à la gestion des repas qui ressortent. C’est encore le cas de l’alternance des tours de chaîne qui incite les poules à consommer (effet positif sur le taux de ponte et le calibre d’œuf). Les éleveurs qui pratiquent le doublement des repas (distribution en deux temps) ont un calibre supérieur de 0,5 g. « La seconde distribution facilite l’accès des poules dominées à la mangeoire, ce qui améliore l’homogénéité du lot. » Les 20 % des éleveurs réalisant un vrai vide de chaîne (fond de la goulotte visible) ont un taux de ponte supérieur de 1 % à partir de la trentième semaine.

Maintenir les paramètres de la poussinière

L’enquête montre aussi l’importance de maintenir des conditions d’élevage homogènes entre la poussinière et le bâtiment de ponte, afin de faciliter l’adaptation des poules à leur nouvel environnement (horaires des repas, température…). Un quart à peine des éleveurs applique le même programme d’extinction de la lumière (horaire et durée). « Or, ceux qui le font passent deux fois moins de soirs à remonter manuellement les poules sur la structure lors du démarrage (deux soirs contre quatre soirs en moyenne pour les autres). » De même, ceux qui maintiennent l’intensité lumineuse et le temps d’extinction d’avant transfert ont un taux de mortalité inférieur de 0,45 %.

Réduire le risque d’étouffement

Les pratiques qui jouent sur le risque d’étouffement portent sur la pose de chicanes entre les pondoirs pour casser la ligne de fuite (écart de 0,4 % de mortalité en début de lot), le passage régulier de l’éleveur dans les structures (vrai brassage) pour améliorer la colonisation (0,25 % d’écart sur la mortalité) ou encore l’ouverture des rideaux des nids aux extrémités des lignes. « Comme ces nids sont plus éclairés, les poules ont moins tendance à s’y accumuler. »

 

 
L'installation de chicanes entre les pondoirs contribue à limiter le risque d'étouffements. © Provimi

 

Pour le critère de poids des poules, c’est la pesée quotidienne qui ressort significativement, pratiquée par 60 % des enquêtés. « Souvent réalisée avec un peson automatique, elle contribue à une meilleure prise de poids (écart de +70 g à 30 semaines) et à une moindre mortalité (de 0,7 %) que ceux qui ne le font pas. Le suivi rapproché des croissances favorise une meilleure réactivité », justifie Maxime Lucas.

Un effet du lavage sur la pression du pou rouge

Pratiquée par la moitié des producteurs enquêtés, la purge hebdomadaire des lignes de pipettes montre un impact sur le calibre (+0,4 g). Plus instructif, le lavage (à l’eau) du bâtiment durant le vide sanitaire joue sur la mortalité à partir de 50 semaines (inférieure de 0,5 %), sur la prise de poids des poules (+50 g) et de façon très significative sur la diminution de la pression du pou rouge. « Le lavage est peu pratiqué sur le terrain (12 % des producteurs enquêtés). Les inconvénients cités (bâtiments inadaptés au lavage, vieillissement accéléré du matériel, coût des réparations) pourraient toutefois être mis en parallèle avec les frais de gestion des poux », suggère-t-il.

L’étude a par ailleurs permis d’évaluer l’impact du jardin d’hiver, qui ressort sans grande surprise comme un critère différenciant très significatif sur les taux de ponte hors nids et d’œufs déclassés (supérieurs de 0,4 %). « Le jardin allonge la distance moyenne pour accéder au nid. Il nécessite encore plus de technicité et de surveillance. »

Maxime Lucas, spécialiste volailles de Provimi

Un compromis sur la gestion de la lumière

 

 
Maxime Lucas, spécialiste volailles Provimi © A. Puybasset
« L’enquête montre des pratiques très diverses concernant la modulation de la lumière, appliquée en cours de lot ou de journée, pour gérer le nervosisme, la mobilité et/ou la ponte hors nids. 25 % des éleveurs enquêtés réalisent une extinction ou une diminution de la lumière en journée avant 30 semaines. L’étude montre que cette pratique diminue le comportement de picage (écart non significatif du taux de mortalité après 50 semaines de 0,5 % entre ceux qui la pratiquent ou pas). En revanche, elle a un impact négatif très significatif sur la croissance des poules, lorsqu’elle est réalisée en début de lot (-50 g de poids vif à 30 semaines). Il y a donc un compromis à trouver entre la gestion du risque de picage et l’intérêt de la lumière pour stimuler la consommation d’aliment. Tant que le pic de ponte n’est pas atteint, mieux vaut commencer par d’autres leviers que celui de la lumière pour lutter contre le nervosisme. En travaillant par exemple sur différents types d’enrichissement. »

 

En savoir plus

Un outil pour évaluer les bonnes pratiques

La firme services Provimi a élaboré un outil d’évaluation des bonnes pratiques pour réussir un lot de poules pondeuses en volière. Mis à disposition des éleveurs et des techniciens, il permet d’identifier rapidement les points critiques à améliorer afin de mettre en place une démarche de progrès.

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