Aller au contenu principal

Sécurité sanitaire : « Notre site bovin est distant des ateliers pondeuses »

Le Gaec Le Grand Saut s’est diversifié en construisant deux sites de poules pondeuses plein air, à quelques kilomètres du siège de l’exploitation de vaches allaitantes.

« Il n’y a pas de croisements possibles entre nos deux sites de poules pondeuses, ni avec notre élevage de vaches allaitantes. » Situé à Sainte-Suzanne-et-Chammes en Mayenne, le Gaec Le Grand Saut a fait un choix drastique en implantant deux bâtiments de 30 000 poules pondeuses plein air, à respectivement 2,5 et 5,5 kilomètres de l’atelier de 150 mères limousines. « Ils ont été construits en 2017 et 2020 dans le cadre de l’installation de nos deux fils », explique Jacky Allaire. « Trois éléments sont rentrés en compte dans notre réflexion. Nous voulions que chaque atelier de pondeuses, correspondant à un UTH, soit autonome, économiquement viable et si besoin divisible du Gaec pour faciliter la transmission de l’exploitation familiale. Nous ne souhaitions pas non plus empiéter sur les pâtures des bovins, chaque atelier de pondeuses nécessitant 13 hectares de parcelles. Enfin, cela permettait de sécuriser le sanitaire en limitant le risque de transmission de pathogènes d’un site à l’autre. »

lire aussi : Biosécurité des élevages mixtes bovin et volailles : « Une prise de conscience du risque de transmissions de pathogènes entre espèces est nécessaire »

Un passage obligatoire par la douche

Cette configuration implique une certaine rigueur dans l’organisation du travail et un surcoût à l’investissement que les éleveurs ont budgétisé dès le départ : raccordement en eau et électricité, équipements et matériels en double (emballeuse, bureau et sanitaires, hangar à fiente, groupe électrogène, atomiseur, véhicule dédié…). Mis à part le chargeur télescopique qui est lavé et désinfecté à la ferme à chaque utilisation, il n’y a aucun matériel qui transite entre les sites. « Ces surcoûts sont amortis sur quinze ans et l’on ne regrette vraiment pas notre choix. » La biosécurité externe a également été optimisée avec des sites clôturés et équipés d’un portail. En 2021, la détection d’une salmonelle de type enteritidis sur un début de lot de poules pondeuses les a poussés à renforcer leur niveau de biosécurité en imposant le passage par une douche avant d’entrer dans les bâtiments de poules pondeuses. « Le second bâtiment n’a pas été contaminé et les analyses dans l’environnement des bovins n’ont rien donné. Mais cet épisode dur à vivre nerveusement (et financièrement) ainsi que les épizooties de grippe aviaire nous incitent encore plus à ne rien lâcher sur la rigueur sanitaire. »

S’imposer une rigueur au quotidien

La taille du Gaec, composé de trois associés et de deux salariés, leur permet d’avoir un responsable par bâtiment de poules pondeuses et de limiter la circulation d’une même personne entre ateliers sur une même journée. « Ceux qui vont aux poules le matin ne vont pas aux bovins. Dans le cas inverse, le passage par la douche est obligatoire. Cette mesure est appliquée par tous les intervenants extérieurs et les visiteurs, quels qu’ils soient. Exception faite pour les intervenants lors de l’arrivée des poulettes, à qui l’on fournit des côtes en tissus, des gants et des chaussures de travail confortables et désinfectées. » De même, les véhicules des ateliers pondeuses ne circulent pas sur l’atelier bovin, tout est différencié.

Une rigueur sanitaire également en bovin

Le Gaec Le Grand Saut s’emploie à appliquer la même rigueur sanitaire pour l’atelier bovin. Les portails d’accès à l’exploitation sont fermés continuellement. « Il n’y a pas de voiture circulant dans la cour de la ferme, sauf nécessité (véhicule du vétérinaire). Le nombre de passage du camion de bétails est restreint. Les animaux sont chargés en un seul endroit. Si des visites de la stabulation sont programmées, nous fournissons des protections pour les chaussures (doubles pédisacs) et le parcours de visite est délimité », précise Jacky Allaire. Le Gaec est par ailleurs en train d’aménager un local sanitaire et de douche qui servira de sas d’accueil sur la ferme.

Les plus lus

<em class="placeholder">Pour améliorer l’empreinte environnementale, la priorité pour un éleveur consiste à activer les leviers liés à l’alimentation à réduire notamment l’Indice de ...</em>
L’indice de consommation des volailles, un levier technique et environnemental

Réduire l’indice de consommation permet d’améliorer ses performances techniques et son empreinte environnementale. C’est un…

<em class="placeholder">« Je voulais un bâtiment performant », souligne Nicolas Ramond.</em>
« J’ai investi dans un poulailler performant »

Installé en 2022, Nicolas Ramond a investi dans un poulailler neuf de 1700 m² pour la production de poulets et de dindes. La…

<em class="placeholder">Dix-huit poulaillers ont été construits en 2025 et quarante bâtiments le seront en 2026.</em>
Près de 600 bâtiments de poules pondeuses à construire d’ici 2035

La filière œuf veut accélérer la construction de poulaillers, pour atteindre 10 millions de places supplémentaires d’ici…

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de la Béharie, Valentin Durand, Pauline Neel et Valentin Neel, entourés d’Alain Salmon (à gauche) et Nicolas Leduc (à droite) des ...</em>
« Nous voulons plus de bien-être dans notre bâtiment de volailles de chair »

Le Gaec de la Béharie dans l’Orne a investi dans un bâtiment Terre-Neuve avec jardin d’hiver afin d’améliorer les conditions d…

<em class="placeholder">Huit parcs ont été divisés en deux parcs de 9 m² pour séparer les mâles et les femelles. </em>
Eclosion à la ferme : l'Anses obtient de meilleures performances en dindes

Une expérimentation de l’Anses montre que les performances de croissance sont plus élevées en éclosion à la ferme pour les…

<em class="placeholder">Si les souches blanches et rustiques sont les plus adaptées pour l’allongement de la durée de vie des poules, des leviers existent aussi pour les poules rousses et brunes.</em>
Lever les freins à l’allongement de la vie des poules

Lancé en 2024 pour quatre ans, le projet Interreg Omelette vise à identifier et lever les freins à l’allongement de la durée…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)