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L’impact d’une baisse de densité mesurée en dinde

Le sélectionneur Aviagen Turkeys a testé l’impact d’une densité divisée par deux en dinde de chair. L’essai montre que, dans le contexte français, elle pénaliserait la rentabilité des élevages.

« Si l’on doit aller vers une baisse importante des densités, il faudra nécessairement développer la pratique du Brood and Move (démarrage et engraissement dans des bâtiments séparés) pour augmenter la rotation (gain d’un lot), sinon cela ne passera pas économiquement. » À l’occasion d’une journée organisée par Aviagen Turkeys, le 23 mai à Châteaubourg (35), Jérôme Noirault a présenté les résultats d’un essai comparatif sur des dindes de souche Premium, élevées à 8 ou 4 sujets par mètre carré, avec 60 % de l’espace pour les mâles. L’objectif était d’évaluer l’impact que pourrait avoir une limitation réglementaire du chargement instantané à 58 kg/m2, de plus en plus discutée au sein de la Commission européenne. C’est une règle qu’applique déjà l’Allemagne, qui a généralisé le Brood and Move. Avec le schéma français, dans lequel mâles et femelles sont majoritairement élevés dès 1 jour dans un même bâtiment, le kilotage durant les jours qui précèdent le départ des femelles se situe autour de 70 kg/m2.

Une baisse du rendement liée au rajeunissement

Réalisé dans une station expérimentale au Royaume-Uni, l’essai a montré un effet favorable de la densité basse sur l’état d’emplumement, sur la qualité des coussinets plantaires et la présence de pododermatites (score lésionnel moyen de 1,13 contre 3,16), sur la qualité de litière (plus sèche de 5 %) et sur la croissance des mâles (+ 20 % par rapport au standard Aviagen, contre +5 % en densité haute). Par contre, quel que soit l’âge d’abattage des mâles, le surcoût alimentaire en faible densité (surconsommation de 3 à 5 %) n’est pas compensé par le gain obtenu sur le rendement filet des mâles. « Il faudrait qu’il dépasse 1 % au lieu des 0,5 à 0,6 % constatés », commente Jérôme Noirault.

Une fois les résultats corrigés au poids d’abattage cible en France (poids moyen de 10,65 kg à 107 jours(1)), l’essai montre qu’à poids vifs identiques à l’abattage, une densité plus faible réduit la mortalité de 1,2 % par rapport à celle à 8 sujets par mètre carré, améliore l’IC de 40 g et réduit la durée d’élevage de 6,5 jours. Soit une baisse du coût du vif de 47 euros par tonne. En revanche, l’abattage anticipé lié à l’amélioration des vitesses de croissance pénalise le rendement de 1 %, soit une baisse de valorisation de 64 euros par tonne de vif. « Il manque au final 20 euros par tonne », déplore Jérôme Noirault.

En France, la tendance est déjà à la baisse de densité, motivée notamment par les enjeux de démédication. Selon Jérôme Noirault, la densité optimale se situerait autour de 5,5 à 6 sujets par mètre carré contre 7,7 actuellement. Aller en deçà impliquera forcément une évolution de notre schéma de production.

(1) Basé sur les poids moyens en France, soit 6,76 kg à 87,7 jours pour les femelles et 14,54 kg à 126,5 jours pour les mâles.

Un IC plus avantageux pour la Premium

Chaque année, depuis 2013, Aviagen Turkeys récupère auprès des organisations de production les résultats des lots de dindes. La base de données de 2017 regroupe 27 millions d’animaux sur les quelque 42 millions abattus. « Ce panel se partage quasiment pour moitié entre la souche Premium d’Aviagen et sa concurrente », a détaillé Jérôme Noirault, d’Aviagen Turkeys. Les données brutes globales de 2017 montrent le retour à la normale des poids et des âges à l’abattage suite aux retards d’enlèvements de 2016. Le poids moyen sur l’année reste toutefois en progression de 100 g (11,14 kg avec un âge stabilisé à 108 jours) tandis que l’IC a baissé de 3 points pour s’établir à 2,376. « Par contre, la baisse de densité annoncée par les groupements est peu visible (7,65 sujets/m2), fait-il remarquer. Le comparatif des résultats en poids corrigé entre les deux souches confirme l’avantage de la Premium sur les poids, même si l’écart s’est réduit l’an dernier (+440 g sur les mâles et +220 g sur les femelles). À l’inverse, il s’est creusé sur l’IC avec 6 à 7 poids d’écart en faveur de Premium. " " Les efforts apportés en sélection sur la rusticité commencent à porter leur fruit au niveau de la dinde de chair. » En témoignent la viabilité et le taux de saisie qui s’améliorent. Les rendements filets entre souches sont comparables (23,69 % pour les mâles Premium et 23,57 % pour sa concurrente). « La masse de blanc par mâle, plus élevée en Premium, s’explique surtout par le meilleur poids vif. »

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