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L’éclosion à la ferme est possible avec le chauffage par radiants

Une étude pilotée par l’Itavi définit les paramètres optimaux d’utilisation du chauffage par radiant pour obtenir un taux d’éclosion à la ferme comparable à celui du couvoir.

Dans le cadre du dispositif expérimental d’éclosion à la ferme avec chauffage par radiants, les œufs à couver sont placés sur des alvéoles One2Born, posées sur la litière de paille.
Dans le cadre du dispositif expérimental d’éclosion à la ferme avec chauffage par radiants, les œufs à couver sont placés sur des alvéoles One2Born, posées sur la litière de paille.
© Itavi

Les bâtiments équipés d’un chauffage par radiants peuvent pratiquer l’éclosion à la ferme, à condition de respecter certaines règles. C’est ce que conclut une étude de l’Itavi et d’Inrae, réalisée avec l’aide des équipementiers Systel et One2born, dans le cadre d’un projet financé par l’Institut Carnot F2E.

L’éclosion des poussins à la ferme est en plein développement dans de nombreux pays européens et plusieurs initiatives se déploient en France. Cette pratique repose sur le transfert des œufs trois jours avant l’éclosion dans le bâtiment d’élevage, permettant aux poussins un accès direct à l’aliment et à l’eau, sans le stress lié au transport notamment. Le principal défi pour l’éleveur réside dans le fait de conserver pendant les 3 derniers jours d’incubation une température de coquille homogène de 37 °C, ce qui est assez bien maîtrisé avec le chauffage en ambiance. Mais comment faire pour les élevages qui ne sont pas équipés de canon à gaz ?

Des radiants à 2,2 mètres de haut

Pour y répondre, différents équipements de chauffage ont été testés pour faire éclore des poussins en bâtiment d’élevage : planchers chauffants, radiants, aérothermes. Ces deux derniers étaient les plus adaptés pour apporter une température suffisante à la surface des œufs et ainsi répondre aux besoins thermiques des embryons. La maîtrise de la température des œufs est en effet essentielle car la surchauffe est fatale ! Il en est ressorti que dans le cas d’un chauffage par radiant de 5 kW, les réglages optimaux sont de placer l’appareil à 2,20 mètres de hauteur et d’appliquer une consigne d’ambiance entre 34 et 35 °C, avec une sonde placée sur les œufs et à une quarantaine de centimètres de l’aplomb du radiant.

Pour valider ces réglages, des œufs à couver Ross 308 et Label ont été placés dans des alvéoles (dispositif d’éclosion à la ferme One2born) posées sur la litière et sous un radiant. Les résultats d’éclosion ont été comparés à ceux d’OAC placés en éclosoir. La température de surface des œufs était équivalente entre les 2 lignées (en moyenne 36 °C) et elle a augmenté juste avant le bêchage. À âge équivalent des reproductrices (33 semaines), le taux de fertilité était identique à 98,4 % mais les poids des œufs et des poussins étaient supérieurs d’environ 4 grammes pour les Ross. Un excellent taux d’éclosion des fertiles de 99 % a été obtenu pour chaque génétique, aussi bien en éclosoir qu’en bâtiment.

 

 
Résultats d'éclosion selon la souche dans le cadre de l'étude Itavi sur l'éclosion à la ferme © Source : Itavi
L’éclosion des Ross a débuté avant celle des Label et a été plus rapide. La fenêtre d’éclosion des Ross était de 29 heures contre 35 h 30 pour les Label en bâtiment d’élevage. Tous les poussins éclos en bâtiment étaient plus lourds (41,2 g) que ceux nés en éclosoir (39,7 g). Cela est sans doute expliqué par un accès immédiat à l’eau et à l’aliment en bâtiment et pour les poussins nés au couvoir, par une déshydratation possible dans l’éclosoir et pendant les phases d’attente et de transport. Les poussins éclos en élevage étaient aussi plus actifs et avaient de très bons scores de qualité de poussins.

 

Une qualité de poussins améliorée

Il est donc possible d’utiliser des radiants pour faire éclore des poussins en élevage, avec de très bons taux d’éclosion pour les Ross et les Label. L’accès précoce à l’aliment a induit un poids des Ross supérieur et une qualité de poussins améliorée pour les deux souches. La prochaine étape sera d’objectiver, à différents âges de reproductrices et durées de stockage des œufs, en station expérimentale et sur le terrain, les effets à long terme de cette nouvelle pratique d’élevage, sur la croissance, la santé, le bien-être et les performances d’abattage. Ces données seront mises au regard des consommations d’énergie et du temps de travail des éleveurs.

Une surface couverte par le radiant d’environ 10 m2

Les radiants fournissent un chauffage localisé et spatialement hétérogène. Pour satisfaire les besoins de production, la zone à bonne température pour accueillir les OAC doit être la plus grande possible et la plus facile à mettre en œuvre. Une série de mesures de températures au sol a donc été réalisée en testant différents paramètres : hauteur de radiant, plage de chauffage, température de régulation et position de la sonde.

 
Modélisation en 3D de la température sous le radiant © Source : Itavi
Par la suite, un modèle mathématique (figure 1) basé sur les températures mesurées a permis de quantifier la zone au sol couverte par la température idéale (figure 2), pour chaque configuration et ainsi identifier la meilleure combinaison de paramètres.
 
Zones de température sous le radiant : Projection au sol, sous le radiant, de la zone de température ambiante optimale (vert foncé) et zone dans laquelle la température ambiante a fluctué de plus ou moins 0,5°C (vert clair) par rapport aux valeurs optimales.Les distances sont exprimées en mètre, l’aplomb du radiant est situé en (0,0). Les œufs peuvent donc être installés en anneau autour de l’aplomb du radiant © Source : Itavi

 

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