Aller au contenu principal

Le Strohmatic’Air broie et souffle la paille jusqu’aux pattes

À la demande de Yohann Duperrin, éleveur de prêts à gaver, le fabricant autrichien Schauer a équipé son broyeur de paille fixe d’une distribution par soufflerie, mieux adaptée aux élevages avicoles.

Avec le passage de mon élevage de canards mulards en une bande unique de 15 000 animaux, le temps de repaillage quotidien avait doublé, argumente Yohann Duperrin, éleveur spécialisé installé à Comblessac en Ille-et-Vilaine. Depuis juillet dernier, selon le bâtiment (1 000 ou 1 500 m2) il n’y consacre plus que de 20 à 30 minutes pour 300 à 400 kg de paille étalée. « Sans fatigue, sans bruit et sans poussière. » C’est possible avec ce nouveau matériel autrichien conçu à sa demande. « Il y a environ deux ans, j’ai demandé à Hervé Tanguy, dont la société Tardy-Vassal commercialise le broyeur-distributeur Strohmatic, de le modifier en remplaçant les pastilles par une soufflerie. Ce qui permet de répandre la paille broyée là où il faut et pas ailleurs. » Avant d’opter pour cette solution, l’éleveur avait fait le tour de l’offre en broyeuses-distributrices sans y trouver son compte. Ce qui l’intéresse, « c’est de pouvoir broyer rapidement au fur et à mesure des besoins, en obtenant un produit défibré court et bien dépoussiéré. » L’objectif est aussi de diminuer sa consommation de paille pour un résultat au moins aussi bon. « En prêt à gaver, on doit pailler tous les jours car le souci c’est le râpage du bréchet, mais aussi les pododermatites. » Auparavant, il utilisait environ 300 tonnes de paille étalées avec une pailleuse pour stabulation. "Je table sur 15-20 % de consommation en moins, même si en Autriche l’éleveur de dinde en test est arrivé à réduire les apports de 40 %. »

Broyer et distribuer en même temps

Le Strohmatic’Air se compose d’une unité fixe qui démêle les big balls ronds ou carrés, les broie, dépoussière la paille broyée et la pulse à travers une tuyauterie de 15 cm de section. Le débit annoncé est de 700 kg par heure. « Si Schauer peut l’augmenter, cela n’en sera que mieux », remarque l’éleveur. Ces opérations réalisées en continu et sans intervention humaine nécessitent un automate. Il évite les bourrages et régule les flux dans les différents organes. Un poste alimente jusqu’à cinq bâtiments. Hervé Tanguy envisage d’adapter le Strohmatic'Air pour des élevages ayant des bâtiments éloignés. « Il serait possible de stocker la paille broyée dans un conteneur qui serait ensuite déplacé sur site pour être branché à une soufflerie. » Par sécurité, le bac de réception des balles est hermétiquement fermé (détection des montées en température). Les moteurs et les pièces en mouvement sont munis de systèmes de sécurité (piège à cailloux, capteurs de température, sprinklers…).

La soufflerie peut distribuer la paille sur une distance de 80 m environ. Chez Yohann, l’ancienne étable, plus éloignée, a été équipée d’une soufflerie additionnelle de 2,2 kW. Le nombre de branchements du tuyau souple varie selon la longueur des bâtiments (de 2 à 4). « J’ai une sortie tous les 20 mètres environ », précise-t-il. Chaque descente est munie d’un aiguillage manuel ouvrant le point de descente souhaité. L’éleveur dispose d’une commande à distance, avec un bouton pour démarrer le broyage et cinq autres pour désigner le bâtiment à desservir. Le fournisseur Tardy-Vassal a installé la machinerie, tandis que l’éleveur s’est chargé de la tuyauterie, simple à installer. Presque autant que de repailler. « Un jeu d’enfant. On tient facilement le tuyau à deux mains, sans tension. Il ne reste plus qu’à arroser la surface. »

Nouveau schéma de production

Avant cette année, Yohann Duperrin démarrait un lot de canetons toutes les six semaines dans une ancienne porcherie équipée de caillebotis. Ce qui réduisait le temps de repaillage par lot. Après les trois premières semaines, il transférait les canetons dans un tunnel-double de 1 000 m2 ou dans une ancienne stabulation réaménagée, également de 1 000 m2.

Depuis novembre 2016, il démarre 15 000 canetons dans un nouveau bâtiment statique de 1 500 m2 qu’il desserre ensuite vers les deux autres (à la densité de 4,5 à 5 par m2). Le passage à la bande unique lui a coûté les 330 000 euros (bâtiment avec sol bétonné), auxquels ajouter le Strohmatic’Air.

Les quatre fonctions du Strohmatic’Air

Le premier élevage français équipé a été installé par l’entreprise d’équipements d’élevage Tardif-Vassal à Melesse (35) qui distribue le matériel Schauer sur la façade Ouest de la France. Hervé Tanguy annonce un prix de 45 000 à 50 000 euros pour une installation, plus environ 5 000 euros de tuyauterie par bâtiment supplémentaire.

Le démêlage. Deux vis latérales sans fin aspirent la paille vers une troisième vis centrale située au fond du caisson fermé (l : 2,35 m x L : 4,5 m x h : 3,3 m) qui l’achemine vers le broyeur (marche arrière automatique en sécurité).

Le broyage. Mus par un moteur de 11 ou 15 kW, six jeux de quatre couteaux montés sur un disque rotatif défibrent la paille jusqu’à ce qu’elle atteigne la longueur de passage à travers la grille cylindrique (trous de 18 à 40 mm).

3 Le dépoussiérage. La paille défibrée arrive sous pression dans l’unité de transfert. Ce système de cyclone décompresse la paille et aspire les particules et poussières de moins de 1,5 mm. Une vis dirige la paille vers la soufflerie.

4 La distribution. Le moteur de soufflerie de 5,5 kW pousse la paille dans la partie du réseau choisie par l’opérateur avec la télécommande (5 bâtiments au choix).

Les plus lus

<em class="placeholder">Pour améliorer l’empreinte environnementale, la priorité pour un éleveur consiste à activer les leviers liés à l’alimentation à réduire notamment l’Indice de ...</em>
L’indice de consommation des volailles, un levier technique et environnemental

Réduire l’indice de consommation permet d’améliorer ses performances techniques et son empreinte environnementale. C’est un…

<em class="placeholder">« Je voulais un bâtiment performant », souligne Nicolas Ramond.</em>
« J’ai investi dans un poulailler performant »

Installé en 2022, Nicolas Ramond a investi dans un poulailler neuf de 1700 m² pour la production de poulets et de dindes. La…

<em class="placeholder">bâtiment de poulet de chair en Bretagne</em>
« Il faudrait construire 2 200 poulaillers d’ici 2035 pour accompagner la croissance de la consommation de viande de volailles »

Pour répondre à la croissance de la consommation et gagner en souveraineté alimentaire, la filières volaille de chair…

<em class="placeholder">Julien Raoult reprend l’élevage de poules pondeuses de son père Michel et les anciennes terres de sa grand-mère Marie-Madeleine. </em>
« J’ai rénové le bâtiment de poules pondeuses en volière à la suite de mon père »

Julien Raoult a repris l'outil familial en poules pondeuses qu’il a totalement rénové en volière et jardin d’hiver au Vieux…

<em class="placeholder">Dix-huit poulaillers ont été construits en 2025 et quarante bâtiments le seront en 2026.</em>
Près de 600 bâtiments de poules pondeuses à construire d’ici 2035

La filière œuf veut accélérer la construction de poulaillers, pour atteindre 10 millions de places supplémentaires d’ici…

<em class="placeholder">L&#039;objectif est d&#039;augmenter progressivement les volumes d&#039;aliment volailles de 20 000 à 40 000 tonnes par an, via le redéploiement de volumes existants et le développement ...</em>
Prise de participation de LDC Amont dans une usine de Soréal dans l'Yonne

LDC Amont a pris une participation majoritaire dans l’usine d’alimentation animale de Joigny, société de Soréal.

Publicité
Titre
je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)