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« Le robot de lavage soulage mes épaules », explique Sylvain Privat, producteur de canards gras

Trois engraisseurs de canards du Périgord ont investi dans un robot de lavage, Evo Cleaner, pour faciliter le nettoyage lors du vide sanitaire. Ce confort préserve aussi la santé des éleveurs, qui effectuaient cette tâche manuellement.

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Sylvain Privat : « J’ai deux heures de lavage manuel, contre douze heures auparavant. La période du vide sanitaire était la plus fatigante. Aujourd’hui, je peux prendre du repos. »
© Graines d’agriculteurs

Après le départ des canards, à une heure du matin, direction l’abattoir, Sylvain Privat met en route le robot de lavage autonome dans le bâtiment, avant de retourner se coucher.

Lire aussi : Un bâtiment de poules pondeuses bio lavé par le robot Evo Cleaner

 Dans la salle vide et souillée, le nettoyeur envoie la pression le long du bras mobile qui s’enroule et se déroule pour atteindre chaque recoin. Le programme, enregistré dans l’ordinateur, dicte les mouvements avec une grande précision pour laver cages, barrières et sol. Guidé par des aimants disposés à intervalle régulier, le robot continue son travail inlassablement pendant onze heures. Sylvain Privat n’a plus qu’à le désinfecter et le charger dans une remorque pour le rapporter sur son lieu de stockage.

 

 
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Avant l'Evo Cleaner, Sylvain lavait la salle avec une lance haute pression, comme beaucoup d’éleveurs. Une posture éreintante pour les épaules. © L. Calleau

Ce nouveau confort de travail, l’éleveur de canards à gaver, installé à Clermont-de-Beauregard, en Dordogne, en profite depuis décembre 2023, quand il a investi avec deux confrères dans cette technologie utilisée habituellement en élevage porcin. « Pour nettoyer la salle d’engraissement, j’utilisais une lance haute pression, que je devais garder à bout de bras pendant longtemps », raconte Sylvain. À raison de 20 bandes par an en moyenne, avec un nettoyage entre chaque, cette posture éreintante pour les épaules peut entraîner des troubles musculosquelettiques. « Un éleveur a déjà eu besoin de deux infiltrations dans chaque épaule à cause de la douleur », rapporte-t-il.

« Une première en canard gras »

Mis au point par le fabricant Envirologic en Suède pour l’élevage porcin, et commercialisé en France par RVBiotech, le robot Evo Cleaner est repéré dans une vidéo par un membre de l’association des producteurs de canards du Périgord. Leur animatrice, Amandine Adam, organise une démonstration en avril 2023. « On était nombreux à la démo, plus que trois à l’achat », sourit Sylvain. Inquiets sur le temps de lavage nécessaire, deux éleveurs se sont retirés du projet. « Le revendeur cherchait à en placer en salle de gavage, il savait que cela pouvait fonctionner. C’est une première en volailles », souligne-t-il. Les trois acheteurs, voisins dans un rayon de 10 km, ont opté pour un seul robot afin de nettoyer au total six salles d’engraissement.

 

 
<em class="placeholder">Désinfecté après chaque utilisation, le robot est entreposé sur un site de stockage éloigné des bâtiments d’élevage afin de minimiser les risques d’hygiène.</em>
Désinfecté après chaque utilisation, le robot est entreposé sur un site de stockage éloigné des bâtiments d’élevage afin de minimiser les risques d’hygiène. © L. Calleau

Des résultats convaincants

Aujourd’hui, avec le recul de neuf mois d’utilisation, les agriculteurs ne regrettent pas leur choix : « Le robot ne se fatigue pas, il est régulier. À la main, les dernières cages étaient moins bien lavées », reconnaît Sylvain. Niveau consommation, il a besoin de moins d’eau et d’électricité qu’un nettoyeur haute pression. L’éleveur continue d’utiliser sa lance pour laver le sas à basse pression. « J’ai deux heures de lavage manuel, contre douze heures auparavant. La période du vide sanitaire était la plus fatigante. Aujourd’hui, je peux prendre du repos. »

Question rentabilité, l’éleveur a calculé l’investissement en comparant avec un prestataire de services. « Les sociétés que j’ai contactées tarifent 250 euros par bande, soit 5 000 euros par an. » L’amortissement, établi pour une durée de cinq ans, dépend de la durée de vie du robot. « En neuf mois, on l’a déjà fait fonctionner plus qu’en un an en porc. »

Une programmation tout en finesse

 

 
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Le robot est aussi connecté : « Il s’arrête s’il a un souci et envoie un sms. En Suède, ils peuvent prendre le contrôle de la machine », explique l’éleveur. © L. Calleau

Le secret de l’efficacité de Evo Cleaner tient dans la précision de sa programmation. « J’ai réalisé les gestes une première fois avec le joystick et il les reproduit systématiquement », explicite Sylvain. La démonstration doit se faire avec délicatesse et patience : « Si je tape dans une barrière, le robot tapera dans la barrière. Si je me trompe au bout de 20 minutes de programmation, je suis obligé de tout reprendre à zéro. J’ai des barrières plus hautes que les autres, il faut l’apprendre aussi au robot. Il n’y a pas de capteur optique, il reproduit juste ce que l’on fait. »

Fastidieuse, cette étape est pourtant nécessaire pour optimiser le lavage. Après un temps de rodage, Sylvain peut fournir des conseils avisés : « J’avais une semaine pour faire la programmation. En trois jours de vide sanitaire, c’est court. Il faut y aller lentement, décomposer mouvement par mouvement, rester calme et concentré. » Maintenant, il sait qu’il pourrait aller encore plus loin dans la programmation pour améliorer des étapes de lavage.

Afin de sécuriser le programme, il est sauvegardé à la fois dans l’ordinateur du robot, sur une clé USB et chez le fournisseur en Suède. « En cas d’accident, la programmation n’est pas perdue », se rassure Sylvain, qui fait la promotion de cette aide 2.0 auprès des éleveurs alentour.

Côté Eco

Coût total : 43 000 € (nettoyeur : 3 000 €, remorque : 3 000 €, robot : 37 000 €)

Financement : 40 % du montant financé par l’aide projet innovation du département de la Dordogne 10 % via le dossier pénibilité de la MSA

 
Rédaction Réussir

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