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Le miscanthus de A (comme agronomie) à Z (comme zootechnie)

Plante pérenne, le miscanthus constitue une excellente litière pour la volaille, à considérer dans une démarche globale d’exploitation. Mais il nécessite une mise de fonds qui freine le développement de sa culture.

© P. Le Douarin

Depuis quelques années, une minorité d’éleveurs de volailles emploie le miscanthus comme litière alternative à la paille et au copeau. Premier fournisseur national de plants de miscanthus, la société Novabiom livre régulièrement une centaine d’aviculteurs en litière. Ajouter à ce chiffre ceux qui produisent eux-mêmes... en nombre inconnu à ce jour.

Cette graminée pérenne et géante produit des tiges spongieuses très absorbantes qui sont ensilées au printemps et sont stockées en vrac. Cette culture peut produire beaucoup — entre 10 et 20 tonnes de matière sèche par hectare —, longtemps — vingt ans —, et nécessite peu d’intrants avec un excellent rapport énergie produite sur énergie consommée. Récolté à moins de 17 % d’humidité, exempt d’adventices et de mycotoxines, stocké au sec et à l’abri de nuisibles, le miscanthus est utilisable tel quel.

Tous les éleveurs qui témoignent sont du même avis : « Quand on a essayé, on n’a plus envie de faire marche arrière. » Ils sont blufflés par le comportement des volailles qui grattent cette litière. Et ils sont ravis des propriétés physiques du miscanthus, avec une facilité de manipulation, une capacité d’absorption et de séchage, et moins de rechargements à faire. Au bout du compte, ils gagnent en temps et en confort de travail, avec des volailles mieux logées. Ceux qui font le saut de la plantation évoquent tous leur désir d’autonomie et l’obtention d’une litière d’une qualité plus régulière que la paille ou le copeau. Ils estiment que faire ce pari est un avantage à long terme.

Alors pourquoi cette litière n’est-elle pas plus répandue ? Par méconnaissance de ses qualités, les éleveurs ne pensent pas à ce matériau. Pour susciter l’envie de planter, des fournisseurs de rhizomes proposent du miscanthus qu’ils produisent eux-mêmes. Par manque de disponibilité : Martin Pichon, le directeur commercial de Novabiom, estime que la sole nationale n’est que de 4 500 hectares. La culture a démarré il y a une dizaine d’années dans la moitié Nord de la France. L’objectif était de produire surtout de la biomasse à usage énergétique. Un troisième frein au développement est la mise de fonds — environ 3 000 euros par hectare — en lien avec l’incertitude sur les débouchés si le planteur n’est pas utilisateur. Cela peut paraître élevé, mais c’est à comparer au coût cumulé de semences achetées durant vingt ans. Par contre, à partir de la troisième année, les charges se limitent aux frais de récolte et de stockage. Le coût de revient dépend essentiellement du rendement, fonction des conditions climatiques et du potentiel agronomique. Le miscanthus sera une litière d’autant plus intéressante qu’il est produit par l’éleveur ou qu’il remplace une litière onéreuse, comme du copeau. En effet, son prix varie presque du simple au double. Pour rester compétitif avec le bois, le miscanthus-énergie est de l’ordre de 80-90 euros/tonne, alors que le miscanthus-litière oscille de 80 à 120 euros/tonne sans transport, à 160 euros/tonne avec (tarif national Novabiom).

Faire le pari d’investir pour vingt ans et d’être autonome
 

 

Lire aussi : 

https://www.reussir.fr/volailles/bien-conduire-la-culture-les-deux-premieres-annees

https://www.reussir.fr/volailles/recolter-des-tiges-bien-seches

https://www.reussir.fr/volailles/patrick-boisseau-veut-securiser-lappro-en-plaquettes-0

https://www.reussir.fr/volailles/bruno-merle-plante-pour-son-successeur

https://www.reussir.fr/volailles/les-dindes-de-jean-paul-madec-aiment-le-miscanthus-0

 

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