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La lumière tombe du ciel chez Olivier Guévelou

À Bégard (22), un nouveau site d’élevage de 4 270 m2 permet d’élever du poulet de chair lourd dans des conditions répondant à toutes les attentes sociétales du moment.

Déjà aviculteur depuis 20 ans sur 5 400 m2 avec des poules reproductrices, conduits avec deux salariés, Olivier Guévelou souhaitait se diversifier sans changer de secteur. « J’ai voulu une activité avicole plus régulière et moins chronophage que la production d’œufs à couver. » Pas de l’œuf avec ses risques sanitaires pour la multiplication, et pas de la dinde pour le temps à y passer. Ce sera donc du poulet standard, mais pas n’importe lequel et pas dans n’importe quel bâtiment. Olivier Guévelou a contracté avec Sanders, qui a des exigences pour ces nouveaux bâtiments qui seront le standard dans quelques années. Ils répondent à tous les cahiers des charges des clients de l’abattoir LDC, qui varient par la densité (17 à 22 oiseaux/m2), par la présence de lumière naturelle (3 % de la surface), par une dalle bétonnée, par des perchoirs, et par de l’enrichissement du milieu (chaînettes, ballots de paille…). L’éleveur a aussi raisonné les choix techniques dans le souci d’économiser et de gagner du temps de travail.

Éclairage naturel par le faîtage

Le nouveau site de deux fois 2136 m2 (22,2 m de large pour 96,2 m de long) a été installé à 1,5 km de l’élevage de reproduction, avec l’emplacement du poste de décontamination déjà fixé à l’entrée et une grande dalle bétonnée à chaque pignon. Dès qu’on pénètre dans la salle d’élevage montée par Sérupa, c’est le faîtage lumineux qui attire le regard. L’éleveur souhaitait un éclairage naturel, « mais pas sur le côté par crainte des mouvements de paniques que j’ai connu en Louisiane de ponte. » Il a trouvé un caisson lumineux néerlandais (Tulderhof) vendu par Sodalec Distribution (Sodis). La lumière traverse trois couches de polycarbonate. Le système est occulté par des lames pivotantes transversales en polystyrène (isolantes et légères) commandées par un treuil électrique. Il est fabriqué sur mesure (1,2 m de large au maximum) pour être positionné au faîtage ou dans les rampants (tabatière). Pour Olivier Guévelou, l’absence de fenêtres latérales a réduit la hauteur du long pan à 2,3 m, donc nécessite moins de puissance d’extraction. Selon Sodis, pour 200 lux mesurés à l’aplomb, 27 lux sont retrouvés aux bords. Avec un prix d’environ 12 000 euros pour un 1 500 m2, hors montage, « ce produit va beaucoup intéresser les projets de rénovation », estime Nicolas Fontaine de Sodis. L’éclairage à leds (CBM) complète la lumière naturelle, via un luxmètre relié à l’ordinateur Megavi Connect.

Penser gain de temps et confort

L’autre particularité réside dans la maitrise de l’ambiance. Les calories sont uniquement procurées par la dalle (voir ci-contre), tandis que la ventilation est bilatérale et longitudinale. Pendant la phase démarrage, trois ventilateurs progressifs, regroupés au milieu d’un seul long pan, extraient jusqu’à un besoin de 34 000 m3/heure à 20 Pa. Plusieurs brasseurs d’air homogénéisent la température. Au-delà, un quatrième ventilateur progressif, positionné au pignon, se déclenche jusqu’à 34 000 m3/h. Après 68 000 m3/h de besoin, les quatre ventilateurs passent le relais à neuf turbines de 40 000 m3/h en tout ou rien. L’air est admis par les deux rangées de trappes Inzi’air. Côté équipement, Olivier Guévelou a voulu du pratique. Il a choisi la ligne d’alimentation Landmeco pour son assiette à débordement (gain de temps au démarrage) et pour ses trémies en plastique (facilité de démontage et lavage). Il a refusé des cheminées d’extraction (plus difficiles à nettoyer) et a voulu regrouper les sorties d’air à hauteur d’homme. Olivier Guévelou chiffre son investissement à 1,1 million d’euros, c’est-à-dire 275 euros/m2. Il a économisé plusieurs dizaines de milliers d’euros avec l’autoconstruction. « J’ai posé les longrines, participé à la préparation de la dalle béton, découper les emplacements de trappes, poser les ventilateurs, monter les pipettes et les mangeoires… » Pour Philippe Lepage, responsable commercial avicole Sanders, cet investissement est extrêmement positif pour le poulet produit en Bretagne, même si les créations sont encore trop peu nombreuses. « Nous sommes en pleine phase de relance. Avec 18 installations que j’ai accompagnées depuis début 2016, c’est du jamais vu. Et la demande est forte en aviculture, pas seulement en volailles de chair. »

Un chauffage intégralement par le sol

Il faut compter au moins 40 euros du mètre carré pour s’équiper d’un plancher chauffant, hors béton. Pour Olivier Guévelou, c’était le prix à payer pour faciliter le travail et pour le confort des poulets. L’état des pattes sera noté et primé. L’installation a été conçue et entièrement fournie par Systel, spécialiste du chauffage d’élevages, sauf des chaudières à condensation d’origine française. Par sécurité, chaque poulailler possède son propre module constitué de deux chaudières progressives (de 70 à 100 %) de 125 kW, équipées de deux circulateurs. Tous fonctionnent en alternance (usure identique). Directement connectables au web et équipées d’un écran tactile, ces chaudières ne possèdent pas de ballon de mélange. La température de l’eau est pilotée en 0-10 volts par la Mégavi Connect. En routine, la température est de 55 °C en sortie de chaudière et de 48 °C au retour. Plus de dix kilomètres de tubes (2 100 litres d’eau de contenance) sont répartis dans la dalle de 2 100 m2, par 98 circuits indépendants (14 collecteurs eux-mêmes répartis en 7 zones) afin d’obtenir une température homogène. D’une épaisseur de 12 cm, la dalle est isolée sous toute sa surface par 48 mm de « styrodur ». L’isolation de la coque Sérupa est renforcée (5 cm en côté et 7 cm en sous toiture). Pour des raisons pratiques, les gros tubes d’alimentation (9 puis 6 cm de diamètre) sont placés du côté intérieur de la longrine et les départs de circuits à l’extérieur.

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