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La filière bio prépare son adaptation à la réglementation sur l’alimentation des élevages

Les élevages bio bénéficiaient jusqu’à présent d’une dérogation pour pouvoir utiliser 5% de matières premières d’origine conventionnelle. A partir du 31 décembre 2026, la réglementation sur l’alimentation des élevages biologiques va rendre obligatoire une alimentation issue à 100% de matières premières produites en conditions biologiques. Un changement qu’il faut d’ores-et déjà préparer. Ce thème était celui du deuxième « Live des grandes cultures bio », qui s’est déroulé en ligne le 4 février 2021 .

En raison de la crise sanitaire, les rencontres des Grandes cultures bio ont été repoussées à 2022. Cette année, ce sont deux sessions Live d’1 h 30 chacune qui se sont déroulées en ligne le 4 février. Ces web-conférences étaient organisées par par Arvalis Institut du Végétal, l’Itab et Terres Innovia.

Une des deux sessions avait pour thème :

Passage au 100% bio en alimentation animale : quelle place pour les protéagineux et le soja ?

Le 31 décembre 2026, la réglementation sur l’alimentation des élevages biologiques va évoluer : il sera obligatoire que 100% des aliments soient issus de matières premières produites en conditions biologiques. Cette évolution met fin à la dérogation de pouvoir utiliser 5% de matières premières d’origine conventionnelle. Or aujourd’hui, le marché des Fabricants d’Aliments du Bétail (FAB) est tourné à 80% vers les volailles. Il faudra donc élaborer des formulations suffisamment riches en protéine et équilibrées en lysine et en méthionine. Afin d’y parvenir, les FAB vont majoritairement faire appel à du tourteau de soja (+ 40 à 50% selon les études) ou de tournesol.

La conséquence sera une diminution de l'utilisation des protéagineux dans les formulations pour les volailles, allant de 50 à 90%. Ces matières premières sont en effet mal adaptées pour l’alimentation des volailles : leur teneur globale en protéines et en méthionine est trop faible.

Un maintien indispensable des légumineuses dans les rotations

Cependant, les acteurs de la filière jugent « indispensable » le maintien de légumineuses dans les rotations. « La substitution des protéagineux ne pourrait donc s’envisager que par des légumes secs, du soja ou de la luzerne : autant de cultures problématiques en termes de faisabilité ou de débouchés. » Et de préciser : « L’extension des surfaces nécessaires pour atteindre l’autosuffisance semble difficile en soja, bien qu’envisageable sur le long terme en adaptant les systèmes de culture ». Pour les spécialistes des instituts techniques, « l’amélioration de tolérance au stress hydrique sera un point capital : les recherches en cours montrent l’importance du levier variétal ainsi que l’intérêt de stratégies d’échappement, tel que le semis précoce ».

Visible sur les 5 dernières années, le réchauffement climatique est un facteur de migration du soja sur les bassins Nord. Cependant, cette migration augmente le risque de stress hydrique qui existe déjà sur le bassin Sud.

S'appuyer conjointement sur différents leviers

Néanmoins, plusieurs leviers pourraient permettre de sécuriser les utilisations des protéagineux :

- L’amélioration de leur valeur nutritionnelle: via la sélection variétale et/ou de process de 1ère transformation, comme le décorticage ou la production de concentrats protéiques;

- Une action sur le prix (du protéagineux ou de l’aliment formulé à partir de ces protéagineux);

- La mise en place de contrats de filière à l’échelle locale ou nationale permettant de répartir les coûts sur l’ensemble de la filière jusqu’au consommateur;

- La modification de certains cahiers des charges, comme celui des « poulets fermiers »;

- La création de nouveaux débouchés pour les protéagineux ou encore nouvelles filières de matières premières (comme du gluten de maïs biologique);

- L’évolution, dans sa globalité, des modèles d’élevage biologiques qui pourraient alors utiliser des souches de volailles moins exigeantes en protéines.

Pour que ces points puissent avoir un réel impact, les instituts techniques préviennent que c’est « l’ensemble des maillons des filières végétales et animales, du producteur au consommateur », qui vont devoir travailler conjointement.

Lire aussi « Les défis du 100% bio en alimentation animale » dans La Dépêche Le Petit Meunier.

 

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