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La brume pour anticiper le coup de chaleur

Bien entretenue et correctement paramétrée, la brume haute pression refroidit efficacement l’air du bâtiment lors des pics de température. Chez Sanders, la tendance est à une utilisation plus précoce au cours du lot.

En ce début d’avril, êtes-vous certain que votre équipement de brumisation est en bon état de marche, prêt à s’enclencher dès le premier pic de chaleur ? Paradoxalement, ce n’est pas tant lors des canicules d’été que les dégâts économiques liés aux coups de chaleur sont les plus importants mais plutôt lors des premières montées de températures de printemps, qui parfois prennent l’éleveur par surprise. Associée à une bonne gestion de la ventilation et à un management du lot adapté (mise à jeun, coupure de lumière…), la brumisation haute pression est un outil incontournable pour aider l’animal à passer le pic de température. Mais à condition que cette dernière fonctionne correctement. Pour Vincent Hillaireau, technicien de Sanders Bretagne, « c’est dès le mois d’avril qu’il faut s’occuper de la maintenance du matériel de brumisation, bien en amont de la période d’utilisation intensive. » Les incidents les plus courants étant liés à des buses bouchées, une pompe en panne, voire un défaut de paramétrage… C’est pour cette raison que Sanders et le groupement Gaévol ont souhaité sensibiliser leurs éleveurs à la prévention du coup de chaleur et au bon entretien du matériel, en partenariat avec l’équipementier Tuffigo-Rapidex (voir ci-dessous). Un contrôle visuel lors de la mise en route de la brumisation avant chaque arrivée du lot est également utile pour s’assurer d’un sprayage régulier, de l’absence de buses bouchées ou de fuites.

Utilisée dès l’emplumement des oiseaux

L’efficacité de la brume haute pression pour refroidir le bâtiment n’est plus à démontrer. Quasiment 100 % du parc de bâtiments lourds de Sanders Bretagne en est équipée. Avec l’alourdissement des souches, les éleveurs sont amenés à brumiser de façon plus précoce et plus seulement durant la phase critique des derniers jours avant abattage. Ce que confirment Noémie et David Elain, éleveurs à Limerzel dans le Morbihan et exploitant trois poulaillers, soit 3250 m2. Passés depuis un an d’une production de poulet standard au poulet lourd Princior de 49 jours, ils ont revu leur façon d’utiliser la brume. « Désormais lors des périodes chaudes, on y a recours dès l’âge de 25 à 30 jours et on anticipe davantage les montées en température. La brume s’enclenche au-delà d’un écart de température de 3°C par rapport à la consigne. » Il est possible de brumiser dès que les animaux sont suffisamment emplumés, c’est-à-dire vers 3 semaines pour les femelles et 4 semaines pour les mâles. « Pour éviter le coup de froid, on adapte le temps de cycle en fonction de l’âge, en plus de la prise en compte des paramètres de température et d’hygrométrie », conseille Vincent Hillaireau. Par exemple, un temps de marche de la brume de huit secondes sur un cycle de 24-30 secondes pour des animaux de 21 jours plutôt qu’un cycle de 12-20 secondes sur la fin de bande.

Lorsqu’un pic de chaleur est annoncé, il est conseillé de démarrer la brume en début de journée, avant que la température ne monte trop. « Le stress thermique est lié à la conjugaison de deux paramètres : le niveau de température et la durée d’exposition. » Par ailleurs, le refroidissement évaporatif sera d’autant plus efficace que l’air est sec et chaud. Si l’hygrométrie est déjà à un niveau élevé, la brume perd de son efficacité. « L’air étant saturé en humidité, le poulet ne parvient plus à vaporiser, son premier moyen d’évacuer la chaleur. »

Les points à vérifier avant l’été

Le bon fonctionnement et la longévité du matériel passent par un entretien rigoureux. Tuffigo-Rapidex rappelle les points de contrôles à réaliser avant la mise en route de l’été.

- Remplacer le filtre à eau en amont de la brume au moins deux fois par an
- Nettoyer le bac et rincer la canalisation de brume en ouvrant la vanne de fin de rampe et en mettant la pompe en fonctionnement
- Vidanger l’huile de la pompe toutes les 500 h ou une fois par an
- Vérifier la pression de la pompe et la liaison de terre entre le châssis de la pompe et la rampe de brume. Contrôler le déclenchement de l’alarme en cas de défaut et vérifier la position Auto de l’interrupteur.
- Contrôler le fonctionnement de chaque buse. Nettoyer les buses obstruées, sans utiliser d’objet métallique.
- Vérifier les réglages du régulateur (temps de cycle et de marche, décalage température mini….)

Le saviez-vous

En dehors de la gestion de l’ambiance (vitesse d’air et brumisation), la prévention du coup de chaleur passe par des pratiques d’élevage adaptées. Le début et la durée de la mise à jeun doivent tenir compte du pic de chaleur de la journée (souvent entre 16 et 19h). Il est conseillé de lever les chaînes pleines pour que lors de la redescente chaque poulet puisse avoir de l’aliment à disposition. 

Attention toutefois à ne pas démarrer la mise à jeun trop tôt, une durée trop longue pouvant être très stressante pour les animaux, les plus lourds en particulier.

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