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« J’ai investi dans un poulailler performant »

Installé en 2022, Nicolas Ramond a investi dans un poulailler neuf de 1700 m² pour la production de poulets et de dindes. La performance attendue est pour l’instant au rendez-vous.

Le 1er avril 2022, Nicolas Ramond, titulaire d’un BTS Acse(1) et d’un diplôme de technicien avicole de l’Avipole formation à Ploufragan, dans les Côtes d’Armor, s’est installé avec son père Jacques et son oncle Jean-François Ramond au sein du Gaec de la Valanglaise, à Chemillé-en-Anjou, en Maine-et-Loire. L’exploitation comptait alors 3400 m² de volailles pour Val’iance, groupement volailles classiques de Terrena, 80 vaches limousines et 160 hectares. « Mon objectif était d’augmenter la surface de poulailler, explique-t-il. J’ai toujours aimé la volaille et fait tous mes stages en aviculture, chez Dominique Grasset, président de Val’iance. » Le père et l’oncle de Nicolas devant prendre leur retraite en 2027 et les deux poulaillers existants datant de 1961 et 1973 et étant amenés à disparaître, son projet a été de créer un nouveau site spécialisé en volaille, permettant la production de poulets et dindes du quotidien ou Nouvelle Agriculture, démarche qualité de Val’iance, et de ne garder que 50 vaches allaitantes. « Je voudrais travailler seul avec des salariés », précise le jeune éleveur.

Lire aussi : « Nous voulons plus de bien-être dans notre bâtiment de volailles de chair »

Bien choisir ses équipements

La grippe aviaire et l’augmentation du prix des matériaux ayant un peu retardé le projet, le nouveau poulailler a finalement vu le jour fin 2024, pour une entrée en fonctionnement fin janvier 2025. Le bâtiment de 1700 m², construit à 1 km du siège de l’exploitation, est entièrement bétonné et en lumière naturelle, avec des fenêtres des deux côtés, l’utilisation de verre brouillé assurant une diffusion homogène de la lumière et des volets occultants rabattables. « La lumière naturelle est au cahier des charges du poulet Nouvelle Agriculture et permet d’anticiper la réglementation pour le poulet du quotidien », indique Éric Hérault, responsable développement de Terrena Volailles. Pour la ventilation longitudinale avec extraction haute, Nicolas Ramond a fait le choix d’équipements Big Dutchman. « Je voulais un bâtiment performant. Je suis allé en Allemagne visiter l’usine Big Dutchman. Le système de ventilation progressive à double trappe m’a beaucoup intéressé. Il permet d’obtenir un flux d’air continu et stable et, grâce à la trappe basse, de créer de la vitesse d’air en été sur les animaux. Associé à la brumisation haute pression, il permet de lutter contre les coups de chaleur. Les trappes, à hauteur d’homme, sont aussi faciles à laver. »

<em class="placeholder">De gauche à droite : Marc Besson, Nicolas Ramond, Éric Hérault, Pascal Deniau, conseiller technique. Val’iance a organisé une porte-ouverte au Gaec de la Valanglaise. </em>

Du photovoltaïque pour la vente et l’autoconsommation

Pour le chauffage, Nicolas a choisi un générateur gaz extérieur CBX, de Systel. « Comme la combustion se fait à l’extérieur, le risque d’incendie est limité » apprécie-t-il. L’abreuvement se fait avec des pipettes Big Dutchman et l’alimentation sur des chaînes Leroy. En plus de LED blancs, l’éclairage comporte des LED bleus, que les volailles ne voient pas, ce qui facilite les enlèvements. Face au poulailler, Nicolas a aussi construit un sas d’entrée de 50 m² comportant des vestiaires hommes et femmes pour les équipes d’enlèvement et les salariés, des douches, un bureau et le traitement de l’eau. « Je l’ai construit séparé du bâtiment pour qu’il puisse éventuellement servir pour un deuxième bâtiment », précise l’éleveur. Le poulailler est aussi recouvert de panneaux photovoltaïques pour 300 kWh de puissance, dont 250 kWh en vente totale et 50 kWh en autoconsommation avec vente du surplus. « Le coût de l’énergie va encore augmenter, estime Nicolas. L’autoconsommation réduit la facture d’électricité et nous allons vendre le surplus au même prix qu’en vente totale. Les 50 kWh sont surdimensionnés pour ce bâtiment, mais sont prévus pour pouvoir alimenter un deuxième bâtiment. »

Des résultats satisfaisants

Mi-novembre 2025, Nicolas Ramond avait élevé 6 lots de poulets dans son bâtiment, 5 lots de poulet du quotidien à 21,5 poulets par m² et 1 lot de poulet Nouvelle Agriculture à 16 poulets par m². « Pour ce nouveau bâtiment, j’ai fait le choix de rotations rapides désormais proposées par Val’iance, précise-t-il. Nous nous engageons mutuellement à y élever 7,5 lots par an. Des vides de 8 à 12 jours ne sont pas un problème, car je fais faire le lavage en prestation. » La litière est à base de miettes de paille apportées au départ à 1,4 kilo par m² au godet, avec ensuite le rajout si besoin de granulés de paille apportés à la main. Et pour l’instant, l’éleveur est plutôt satisfait de ses résultats. « Depuis fin janvier, la marge poussin aliment sur 6 lots est en moyenne de 12,50 euros par mètre carré et par lot, avec une revalorisation des tarifs en juillet. Les premiers lots font baisser la moyenne, sans doute parce que le béton rejetait encore de l’humidité et que les litières étaient plus compliquées à gérer. Les perspectives sont donc intéressantes. »

(1) Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole

Côté éco

Le poulailler a coûté 786 000 euros, soit 462 euros le mètre carré, sur lesquels Nicolas Ramond a obtenu 109 000 euros de PCAE, en plus des aides JA. L’amortissement est prévu sur douze ans pour le matériel et sur quinze ans pour la coque. S’y sont ajoutés 230 000 euros pour le photovoltaïque, en comptant le raccordement, avec un amortissement sur quinze ans pour laisser un peu de revenus chaque année.

Construire 10 à 15 bâtiments par an

<em class="placeholder">« Il faut redynamiser la production pour répondre à la demande », estime Marc Besson.</em>

« Depuis les crises de covid et de grippe aviaire, il y a eu très peu de constructions de bâtiments, seulement deux ou trois depuis mi-2023, constate Marc Besson, responsable volailles de chair chez Val’iance. Mais aujourd’hui, pour répondre à la demande en poulet du quotidien, et surtout en poulet Nouvelle Agriculture, qui a augmenté en 2024-2025, il faudrait construire 10 à 15 bâtiments poulets-dindes de 1500-1800 m² par an. » Val’iance, qui regroupe 370 éleveurs pour 750 000 m² de bâtiment, a donc revu ses aides à la construction, qui sont passées de 20-25 % de l’investissement à 25-30 %. « Nous devons redynamiser la production, souligne Marc Besson. Nous avons actuellement 7 à 8 projets pour 2026. » Tous les nouveaux bâtiments sont en lumière naturelle. L’installation de photovoltaïque en toiture est au choix de l’éleveur, mais n’est pas financée par Val’iance. « L’activité volailles doit être rentable indépendamment du photovoltaïque. » Val’iance a aussi revalorisé les prix de reprise de 0,80 euro par m² en juillet 2025. Et le groupement continue à aider la reprise et la rénovation de poulaillers, avec des aides de 20-25 % en rénovation et 25-30 % en reprise.

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