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« J’ai beaucoup communiqué lors de l’enquête publique de mon projet de poulailler »

Dans le Loir-et-Cher, Mickaël Loirat a saisi toutes les occasions pour maintenir le dialogue et défendre son projet de construction de 4 300 m2 en volailles de chair face aux oppositions locales.

À peine la demande de permis déposée, Mickaël Loirat est tombé des nues en apprenant la circulation d’une pétition contre son projet de poulailler en 2015 à Bouffry, une commune de 130 habitants du Loir-et-Cher. 

Lire aussi : « Ne jamais préjuger de la facilité à monter un projet de poulailler»

« Elle a été signée par plus d’une quarantaine de personnes, dont des proches. Cela a été terrible à vivre », se remémore-t-il. Déterminé et confiant dans son projet de vie, Michaël a toutefois réussi à faire face aux oppositions locales en multipliant les occasions d’échanges et de dialogue avec les riverains et les élus, lors du premier projet de poulailler puis de l’enquête publique pour les deux suivants. Il est aujourd’hui à la tête d’un site de 4 300 m2 de poulaillers de chair. Ce projet de longue haleine, démarré d’une parcelle nue, s’est achevé il y a quelques mois avec la construction d’une station de compostage, après huit ans de démarches et de travaux… et de beaucoup de communication.

 

 
<em class="placeholder">L’éleveur, qui a pris goût à la communication, reçoit régulièrement des classes d’élèves afin de leur faire découvrir la réalité de l’élevage de volailles.</em>
L’éleveur, qui a pris goût à la communication, reçoit régulièrement des classes d’élèves afin de leur faire découvrir la réalité de l’élevage de volailles. © M. Loirat

Une réunion publique en mairie

Mickaël Loirat a d’abord exploité, durant deux ans, un poulailler en location en complément de son activité de salarié agricole, avant de décider de s’installer. Il a acheté une parcelle agricole, tout proche de la maison de ses grands-parents qu’il venait d’acquérir, pour y construire son élevage, à quelques kilomètres de l’abattoir. « Natif et bien intégré dans ma commune, je me sentais légitime pour m’y installer et n’imaginais pas que cela puisse poser un problème. » Informée de la pétition, la maire a décidé d’organiser une réunion extraordinaire, conviant même la presse.

« Cela a été un moment désagréable. J’avais l’impression d’être l’accusé. Les questions ont surtout porté sur les craintes de nuisances (odeurs, bruits, circulation des véhicules). J’étais bien calé sur les questions environnementales. » En fin de réunion, l’éleveur a invité les participants à visiter son poulailler en location. Une proposition qui a surpris et que seuls la maire et ses adjoints ont acceptée. « Cela leur a permis de découvrir la réalité d’un élevage de volailles et contribué à donner un avis favorable au projet. »

Une visite du poulailler neuf

Le bâtiment de 1 321 m2 a été achevé en 2016. Une fois les premiers lots sortis, l’éleveur a invité les habitants de sa commune à visiter le poulailler à l’occasion d’une porte ouverte, suivie d’une dégustation de volailles dans la salle des fêtes. « J’ai distribué des prospectus dans toutes les boîtes aux lettres. Une cinquantaine de personnes sont venues, aucun opposant. Je n’ai eu que de bons retours. La visite s’est faite par petits groupes, en présence des pintades, en respectant les consignes de biosécurité. »

 

 
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© M. Loirat

Lancé l’année suivante, le projet de deuxième bâtiment, nécessitant le passage par une enquête publique, a été plus compliqué à gérer. « Les mêmes opposants se sont plaints auprès du préfet. Avant de démarrer la phase d’enquête, ce dernier a fait venir une commissaire de police pour enregistrer mes réponses et bien comprendre le projet et la nature des contestations. Elle m’a mis à l’aise. Je n’avais rien à cacher. » L’éleveur est allé voir un à un les opposants pour communiquer les réponses transmises au préfet. « Ils étaient étonnés de cette démarche. Cela a permis d’entamer un dialogue, en toute transparence. » L’éleveur a par ailleurs veillé à ce que son dossier d’autorisation ne soit pas attaquable au niveau administratif. « J’ai fait constater beaucoup de choses par un huissier de justice, notamment l’affichage du permis de construire. »

S’appuyer sur son réseau lors de l’enquête

Une fois l’enquête publique démarrée, Mickaël a pris le temps de rencontrer les élus des neuf communes concernées par son plan d’épandage afin d’expliquer son projet et répondre aux éventuelles questions. Il a aussi contacté tous ses partenaires (fournisseurs, groupement) ainsi que les agriculteurs prêteurs de terre pour qu’ils puissent également s’exprimer sur le recueil. « Pour finir, les avis recueillis lors de l’enquête étaient autant positifs que négatifs. Présenté en commission Coderst, le projet a reçu un avis favorable à quelques voix près. »

Le deuxième poulailler a été construit en 2019 puis le dernier en 2023. L’éleveur a depuis bâti une station de compostage à aération forcée. Il reste vigilant et veille à maintenir un dialogue avec les riverains dès la moindre inquiétude. « Je les ai rassurés sur le risque d’odeurs, en argumentant calmement. Ils ont besoin d’être écoutés et considérés. »

Un soin donné à l’intégration paysagère

 

 
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Les abords fleuris (ici sur le portail d'entrée au site) contribuent à véhiculer une image positive de l'élevage. © M. Loirat

Le site d’élevage de Mickaël Loirat comprend trois poulaillers polyvalents (poulet, dinde, pintade) construits en parallèle de 1 320, 1 490 et 1 510 m2. Équipés d’une ventilation dynamique latérale, leur bardage de couleur marron favorise l’intégration paysagère. Le site est entouré de haies bocagères et fruitières. En façade des poulaillers, ont été installées une soixantaine de jardinières regroupant quelque 200 rosiers. Même si l’éleveur le fait par passion pour les fleurs, cela contribue à embellir le site et à donner une image positive de l’élevage. Il comprend également une station de compostage ainsi que quatre hangars de 250 m2 en toiture photovoltaïque, pour le stockage de la paille, du matériel et des copeaux de bois alimentant la chaudière à air pulsé.

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