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Deux poulaillers « haut de gamme » fonctionnels et performants

Le Gaec Renolleau a investi dans 3 000 m2 en chair pour diversifier son exploitation. Les choix d’équipements - murs et sol béton, ventilation progressive avec échangeur de chaleur, pesage d’aliment - ont été guidés par des objectifs de gain de temps et de technicité.

Initié en 2014 lors du départ à la retraite d’un des associés du Gaec Renolleau, le projet de réinvestir en volaille entrait dans une réflexion globale à l’échelle de l’exploitation. Il s’agissait à la fois de mieux répartir les risques entre les trois productions (bovine, grandes cultures et avicole), de remplacer l’élevage de canes reproductrices dont le ramassage manuel des œufs était trop contraignant et d’aboutir à une exploitation fonctionnelle et accueillante qui puisse attirer un jeune. Objectifs atteints avec la construction cette année de deux bâtiments de 1 500 m2 et la reconversion en 2015 du bâtiment repro en chair, le tout en partenariat avec le groupement Volinéo. Basé en Vendée à Saint-Denis-la-Chevasse, le Gaec comprend aujourd’hui trois associés : Jacqueline, Freddy et Nicolas Renolleau, ainsi qu’un salarié, Thomas Herbreteau qui s’installera l’an prochain comme associé. À quatre, ils gèrent un atelier allaitant Charolais (170 vêlages), un élevage de 385 places de taurillons, 235 hectares dont une centaine en cultures et désormais trois poulaillers de chair soit 4 200 m2, sur deux sites. Autant dire que leur organisation de travail doit être des plus rationnelles pour optimiser leur temps. C’est d’ailleurs ce qui a guidé les éleveurs dans leurs choix d’équipements ainsi que la recherche de performances et de technicité.

Des fenêtres au-dessus des panneaux en béton

Disposés en parallèle, les deux bâtiments à ventilation bilatérale progressive puis tunnel, de 18 mètres de large sur 84 de long, sont reliés par une large zone d’accueil de 55 m2 avec sas respectifs, sanitaire, bureau, espace d’accueil des équipes d’intervention… Pour une question de longévité, ils ont opté pour le concept Avidur avec murs isolés en béton de Maison bleue, coque Dugué et dalle isolée à 100 % SCBM. Les évolutions par rapport aux précédentes installations Avidur sont l’ajout de longrines de protection, l’allongement des panneaux (un pour deux travées) qui a permis un montage plus rapide (trois jours) et sa plus faible hauteur grâce à la disposition des fenêtres au-dessus plutôt qu’intégrée dans le mur de béton (plus économique). Pour Freddy Renolleau, « l’intérêt est d’éviter tout risque d’endommagement par des jets de pierres lors du paillage. » Réparties sur les deux longs pans, les fenêtres sont obturables par un volet électrique. Pour le reste, les bâtiments neufs disposent des mêmes équipements que celui rénové de 1 200 m2 (installateur Elvéo). « Les réglages sont identiques, facilitant le passage d’un bâtiment et d’une personne à l’autre », explique Nicolas Renolleau. Chacun est équipé d’un échangeur de chaleur Systel de 16 000 m3/h avec filtre à poussières et brasseurs, « choisi pour l’économie de gaz (30 %) mais surtout pour la qualité du démarrage, grâce à une meilleure oxygénation des poussins. » L’échangeur répond aux besoins de renouvellement d’air jusqu’à environ 15 jours. L’air est ensuite extrait par un ventilateur progressif de 34 000 m3/h situé en face de l’échangeur. Au-delà, la ventilation passe en mode pignon avec un second ventilateur identique en pignon suivi de 8 turbines. En mode longitudinal, les entrées d’air se font à 80 % par les trappes bilatérales et à 20 % par les quatre grandes trappes au pignon opposé (avec cache d’isolation). « Cela permet d’accélérer les vitesses d’air », précise Nicolas Fontaine, de Sodalec.

Un pesage d’aliment pour mieux piloter la croissance

Les bâtiments polyvalents sont équipés pour du poulet et du démarrage en dinde. Ils disposent de quatre lignes d’alimentation (Le Roy) et de cinq d’abreuvement (Lubing) sur relevage motorisé, de deux canons intérieurs KT130 de Systel, d’un éclairage led Avilight (avec lumière bleue), de brumisation sur les deux longs pans et sur un pignon, d’une régulation Mégavi connect (avec capteur CO2, sonde de température du sol, luxmètre…) et de trois silos Plastipin (36 m3).

Une autre particularité est le système de pesage d’aliment Précibox de Tuffigo pour mieux piloter la croissance et maîtriser l’indice de consommation. « Cela permet aussi une transition plus progressive entre deux aliments », soulignent les éleveurs.

Le coût des bâtiments, au prix des matériaux actuels, s’élève à 300 euros/m2 soit 900 000 euros. Ils sont financés pour un tiers sur 10 ans, et pour deux tiers sur 17 ans. En plus des aides PCAEA (88 200 euros), le Gaec bénéficie d’un accompagnement de Volinéo : plus-value sur le vif pendant 10 ans correspondant à 20-25 % du montant investi, garantie de marge et prise en charge du dossier administratif-environnement. Volinéo a réalisé un calcul de rentabilité. En tenant compte d’une MPA de 8,50 euros/lot (moyenne de 66 % des lots de Volinéo) sur 7,5 lots et des aides Volinéo, la marge nette sur les dix premières années serait de 45 000 euros.

Volinéo prône la polyvalence des bâtiments

Le parc de volailles sur litière de Volinéo représente 140 000 m2. « Nous avons un besoin de renouvellement de 20 000 m2 d’ici 2020 », ont annoncé Carine Bocquier et Fabrice Rocheteau, de la Cavac, à l’occasion de la porte ouverte. « Notre objectif est aussi d’augmenter la polyvalence qui concerne déjà 40 % des bâtiments (en poulet et dinde mais également avec les productions de pintades, de cailles et de chapons). Elle permet d’améliorer la productivité de nos élevages. La rotation atteint en moyenne 7,5 lots de poulets/an. » Volinéo compte développer sa production de dindes. Il a mis en place un schéma de démarrage-engraissement original, coordonné par le groupement.

Le parc canard atteint pour sa part 76 000 m2, avec là aussi un fort besoin de renouvellement (25 000 m2 d’ici 2020).

Volinéo comprend également une activité volailles traditionnelles (28 000 m2), de reproducteurs (20 700 m2) et d’œufs plein air et bio (42 000 m2). Elle a démarré l’an dernier une production de poulets bio (4800 m2).

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