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Deux nouveaux bâtiments de reproducteurs, une vitrine pour l’accouveur BD France

Sur l’une de ses fermes de production d’œufs à couver, BD France a investi dans deux bâtiments de nouvelle génération, en termes de technicité, de bien-être animal et de confort de travail.

Début juillet, BD France a mis en route deux nouveaux bâtiments de production d’œufs à couver de poussins de chair. Larges de 28 mètres, ils préfigurent l’élevage de reproducteurs de demain.

« Nous investissons aujourd’hui pour les trente prochaines années, explique Gérard Munsch, directeur technique BD France. Il s’agit de la première ferme de cette taille au sein de l’entreprise d’accouvage, intégrant de nouvelles normes en termes de technicité, de confort de travail et de prise en compte du bien-être animal. Notre objectif est d’en faire un site vitrine des nouveaux élevages et de mettre en avant la qualité de nos poussins. »

 

 
Alan Davalo et Fabienne Josset, salariés et Bertrand Dubois, technicien en charge du site de l'élevage. Le confort de travail a été largement pris en compte dans l'aménagement des salles. © BD France
Les deux bâtiments sont situés à Augan, dans le Morbihan, sur la ferme de ponte, proche du couvoir Josset basé à Caro et propriété de BD France depuis 2018. Ils ont été construits en lieu et place de trois anciens bâtiments. « Plutôt que de rester sur deux bâtiments de 14 mètres, nous avons opté pour une structure large, permettant d’avoir 12 500 poules Ross 308 dans une même salle d’élevage. Au-delà de l’intérêt économique, c’est un gain de temps pour les salariés (moins de douches nécessaires) », poursuit Loïc Hérisson, directeur de production. Construits à l’identique et en parallèle avec un centre d’emballage commun, les deux bâtiments sont polyvalents, adaptés pour plusieurs types de souches (Ross, JA…).

Un éclairage naturel pour le bien-être animal

Le fil conducteur dans le choix des équipements a été la prise en compte du bien-être des volailles comme des salariés. La salle d’élevage comprend deux lignes de pondoirs bilatéraux (Janssen) et trois zones de gisoirs. « Pour faciliter l’accès des poules au nid, la marche d’accès aux caillebotis est abaissée à 15 centimètres, ce qui réduit le risque de ponte au sol et la charge de travail », illustre-t-il. 

De même, le nombre de pipettes est doublé, soit une pour cinq à six sujets (Lubing). Multidirectionnelles et à débit élevé (120 ml/min), elles sont réparties en deux lignes sur les zones de caillebotis, soit 8 en tout. Elles disposent d’une purge automatique.

 

 
Gérard Munsch, BD France aux côtés de Jean-Yves Mathurin et Sébastien Robineau, de MatElevage, et de Yannick Le Corre, de Tuffigo-Rapidex © A. Puybasset

 

La particularité du bâtiment est d’être équipé d’un éclairage naturel, grâce à des baies lumineuses situées au-dessus des trappes d’entrée d’air et obturables par un volet roulant extérieur. Représentant 3 % de la surface au sol, elles ont entraîné un surcoût de 30 eurospar mètre carré. « Si une réglementation sur le bien-être animal ou un cahier des charges privés l’impose à l’avenir, nous serons prêts. » Le bâtiment compte quatre lignes de tubes à leds, tous positionnés à environ cinq mètres de hauteur pour une bonne homogénéité d’éclairage.

Réduire la compétition alimentaire

Là encore pour améliorer le bien-être animal et la qualité des poussins, la densité est limitée à sept poules par mètre carré de surface utile (un peu plus en souche label). S’y ajoutent 8 % de coqs, un taux plus élevé qu’habituellement visant à limiter les recharges en cours de lot.

 

La distribution de l’aliment (système VDL pour les poules et les coqs) se fait uniquement sur les zones au sol et est entièrement relevable, libérant davantage de place pour circuler et favoriser le cochage. L’aliment des poules est distribué par sept circuits de chaînes plates « plus performantes pour nous que des assiettes », à raison de 15 centimètres linéaires par poule.

Les coqs sont alimentés par trois chaînes Matrix, avec un godet par mâle pour plus de précision et répartition des rations. « Par rapport à des assiettes, la chaîne offre davantage d’accès à l’aliment et limite la compétition alimentaire.» Les lignes des coqs sont réglées plus en hauteur que celles des poules. « Une fois le repas terminé, les chaînes sont relevées et préremplies pour le lendemain », précise Jean-Yves Mathurin, de l’installateur MatElevage. « Lorsqu’elles s’abaissent, toutes les volailles accèdent ainsi simultanément à l’aliment. » Il est stocké dans cinq silos (2 silos poule par bâtiment, 1 silo pour les coqs), tous regroupés en un même lieu pour respecter la marche en avant.

L’aliment est préalablement pesé par une trémie sur jauge de contrainte, avec une précision de moins de 1 % (Précibox de Tuffigo-Rapidex), puis envoyé jusqu’aux trémies de chaque ligne d’alimentation (soit 28 au total pour les 2 bâtiments).

Une extraction haute progressive

De conception Sérupa, le bâtiment a une pente de toiture de 20 %, aplatie au niveau du faîtage. « Ce pan cassé, unique en son genre, est un bon compromis entre un bâtiment à plafond plat, dur à refroidir lors des coups de chaleur, et une « cathédrale », difficile à nettoyer », précise Gérard Munsch. « Il va par ailleurs favoriser l’arrivée de la veine d’air jusqu’au faîtage », ajoute Yannick Le Corre, de Tuffigo-Rapidex, fournisseur de la ventilation comprenant une entrée d’air bilatérale (trappes Kan’air avec déflecteur) et une extraction haute puis pignon.

Un objectif de 155 poussins par poule

Plusieurs aménagements vont faciliter le nettoyage lors du vide sanitaire : la hauteur des parois latérales relevée à 2,8 mètres et les quatre portails (un en face de chaque fosse) pour faciliter le curage, la pente sous les caillebotis pour améliorer l’écoulement des eaux de lavage…

« Avec le niveau technique de ces bâtiments, nous visons une production de 155 poussins par poule Ross 308. » En ajoutant les deux bâtiments de 1 000 mètres carrés rénovés ces deux dernières années, le site a une capacité de 50 000 poules reproductrices, soit un objectif de production de 7,7 millions de poussins Ross 308 (sur 40 semaines de ponte). Il est géré par quatre salariés.

Un investissement pensé pour la performance

 

BD France veut se différencier sur la qualité du poussin

Acteur de l’accouvage depuis 50 ans à travers Goasduff et Josset, BD France investit pour les 30 prochaines années.

 

 
Loïc Hérisson et Gérard Munsch, de BD France : « Notre objectif est de faire de cet élevage un site vitrine des nouveaux élevages du groupe et de mettre en avant la qualité de nos poussins. » © BD France
Fondée en 2017 par les groupes belge Belgabroed et danois DanHatch, BD France a acquis les sociétés familiales d’accouvage Goasduff et Josset/Aviloire ainsi que le couvoir d’Amilly.

 

« Environ 30 % des poussins de poulet de chair français proviennent de l’un de nos cinq couvoirs », avance Gérard Munsch. « Entreprise indépendante non détenue par un abattoir ou un sélectionneur, nous ne sommes jugés que sur la qualité de nos poussins. »

À l’image du site d’Augan, le groupe BD France a engagé une remise à neuf de son parc de bâtiments reproducteurs. « Huit bâtiments de ce modèle sont déjà en projet chez des producteurs sous contrat. L’objectif est de maintenir notre capacité de production et d’anticiper les surfaces à renouveler. » Pour soutenir ces projets, BD France verse une aide à l’investissement sur une durée de 10 à 12 ans, adossée au contrat de l’éleveur.

 

 

Une capacité de ventilation élevée

 

 
Les cinq cheminées progressives avec cache lumière sont complétées par 8 turbines en pignon. Quatre brasseurs homogénéisent la température. © A. Puybasset

Large de 28 mètres, chaque bâtiment est équipé d’une ventilation à extraction haute sous concept Tuffigo-Rapidex. Les cinq cheminées progressives (11 000 m3/h à 25 Pa, avec cache lumière) sont complétées par huit turbines de 29 000 m3/h en pignon.

Le débit maximal du poulailler est de 287 000 m3/h, soit plus de 5 m3/h/kg de poids vif. « La capacité d’extraction a été revue à la hausse en anticipation des coups de chaleur et pour garantir le bien-être animal », souligne Bertrand Dubois, technicien en charge du suivi technique. De plus, quatre brasseurs d’air contribueront à déstratifier les couches d’air et à homogénéiser la température.

S’y ajoutent deux rampes de brumisation (capacité de 4 g d’eau/m2), « un équipement devenu systématique même en Bretagne. »

 

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