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Deux enquêtes sur le bien-être des éleveurs de volailles 

Deux enquêtes récentes auprès d’éleveurs de volailles ont aidé à définir différentes dimensions de la qualité de vie au travail et de la charge mentale, afin d’identifier les leviers d’amélioration.

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Les éleveurs ont le sentiment que leur bien-être passe après celui des animaux. Le projet Gagnant-Gagnant vise à mettre en avant des solutions pour améliorer la qualité de vie au travail tout en répondant aux attentes de bien-être animal.
© A. Puybasset

Les jeunes générations sont plus soucieuses de la qualité de vie au travail et c’est tant mieux ! Elle est perçue par les filières comme un enjeu majeur du défi de renouvellement des agriculteurs. 

Lire aussi : "Nous avons engagé un salarié pour concilier élevage de volailles et vie privée"

La qualité de vie au travail revêt en réalité de multiples aspects. « Pour les éleveurs de volailles, elle est avant tout associée aux conditions de travail (confort, environnement agréable, niveau d’équipement, automatisation, rémunération) ainsi qu’à son organisation (flexibilité des horaires, main-d’œuvre qualifiée, équilibre de vie professionnelle et personnelle) », explique Nathalie Rousset, de l’Itavi. « D’autres notions rentrent aussi en jeu telles qu’avoir un métier qui ait du sens (fierté de sa production, considération de la société), de bonnes relations sociales avec son entourage professionnel (technicien, vétérinaire) et le voisinage, mais aussi avoir des animaux qui vont bien et être soi-même en bonne santé. »

Faire face aux difficultés de remplacement

C’est ce qui ressort d’entretiens réalisés auprès de 16 éleveurs de poulets et de canard gras du Sud-Ouest dans le cadre du projet Gagnant-Gagnant, porté par l’Itavi. « Les éleveurs ont le sentiment que leur bien-être passe après celui des animaux. Ce projet vise à mettre en avant des solutions pour améliorer la qualité de vie au travail tout en répondant aux attentes de bien-être animal. » Des premiers axes de travail pour la filière ont été identifiés à partir de ces travaux préliminaires. « Il s’agit notamment de la nécessité de développer des solutions de remplacement adaptées à la volaille (personnel qualifié, coût, disponibilité), de valoriser le métier d’éleveur (sens du métier) et de consolider les compétences techniques et managériales afin de réduire les sources de stress liées au travail avec du 'vivant'. »

Une charge mentale jugée élevée par les éleveurs

Dans le cadre du réseau RMT Travail en agriculture, la chambre d’Agriculture de Bretagne et l’institut agro de Rennes ont par ailleurs réalisé une enquête auprès de seize éleveurs bovins et de volailles afin de caractériser les composantes de la charge mentale en élevage. Seuls quatre d’entre eux la jugent équilibrée, les autres ressentant une surcharge mentale moyenne à très élevée. Cette enquête qualitative a souligné le fait que la perception varie selon les éleveurs et leur production. « En élevage de volailles, les facteurs externes pèsent davantage sur la charge mentale des éleveurs qu’en bovin », a souligné Marion Ruch, de la chambre d’agriculture de Bretagne. « En volailles, les points saillants qui ressortent sont le poids sociétal (regard extérieur sur la production) subi par sept éleveurs sur huit ainsi que les aléas sanitaires (influenza aviaire, salmonelle). L’aspect économique lié au marché ou à la gestion financière de l’exploitation pèse beaucoup sur les éleveurs de poules pondeuses tandis que les éleveurs de volailles de chair sont davantage préoccupés par la fin de lot (gestion de la main-d’œuvre, chantiers engendrant un stress psychique et physique). »

Les leviers identifiés par les éleveurs pour mieux équilibrer la charge mentale portent sur l’organisation du travail, l’optimisation technique de l’outil de travail, les nouvelles technologies, mais également les échanges avec leurs techniciens et vétérinaires, soulignant l’importance du rôle d’écoute de ces acteurs de proximité.

Un projet gagnant pour l’éleveur et l’animal

Ces premiers résultats du projet Gagnant-Gagnant vont être consolidés par une enquête à plus grande échelle (100 élevages) afin de développer un outil d’évaluation de la qualité de vie au travail en volaille. Les évolutions de pratiques pour améliorer la qualité de vie au travail tout en préservant le bien-être animal seront testées en fermes pilotes.

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