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Bien identifier une coccidiose chez le poulet

Maladie dont la pression tend à augmenter, la coccidiose peut entraîner des lésions sévères en élevage de poulet. Mieux la connaître et la diagnostiquer est un préalable pour en limiter le développement.

Les coccidies sont des parasites omniprésents dans les élevages avicoles : elles sont présentes mais peuvent ne pas induire d’effets négatifs sur le lot de poulets. Le portage sera alors apathogène mais peut également, être subclinique et clinique chez l’oiseau. « La pathogénicité est variable et malheureusement, le plus souvent ce sera des formes subcliniques et vous n’en verrez que les conséquences lors du bilan du lot… », indique Jean-Michel Répérant, spécialiste du sujet à l’Anses de Ploufragan, dans les Côtes d’Armor, lors de la formation organisée par Elanco. Plusieurs facteurs entrent en considération : l’espèce de coccidie, la quantité ingérée par l’oiseau, son état général, son immunité acquise…

Le diagnostic en cas de suspicion repose donc sur l’observation des lésions selon un système de notation de 1 à 4, après autopsie sur un échantillon d’animaux prélevés en élevage. « C’est le seul élément sûr de diagnostic. » La maîtrise du diagnostic permet ainsi de mesurer l’impact des coccidies sur les animaux et de mieux adapter les actions contre la coccidiose.

Voici un condensé des points à retenir en six questions, présentées par le spécialiste de l’Anses en parasitologie, Jean-Michel Répérant, lors d’une formation organisée par le laboratoire Elanco et Avipôle Formation à Ploufragan.

Combien d’espèces de coccidies (Eimeria) existe-t-il chez le poulet ?

Il existe sept espèces différentes d’Eimeria localisées à différents endroits du tube digestif (voir ci-contre) qui induisent des lésions différentes. Ces lésions apparaissent à la fin du cycle et n’évoluent pas, excepté pour E. tenella et E. necatrix (lésions en milieu de cycle). Trois nouvelles espèces ont récemment été décrites dont on ne connaît pas la prévalence.

Un poulet atteint de coccidiose guérit-il spontanément ?

Oui, si l’intensité de l’infection ne le tue pas, il guérira spontanément sans aucun traitement car « le cycle parasitaire de la coccidie est court (six jours en moyenne), et la durée des signes cliniques encore plus courte (trois jours en moyenne) », précise Jean-Michel Répérant. Quand il y a nécrose des cellules, elles sont évacuées et remplacées par des cellules jeunes (régénération des muqueuses, des entérocytes (1)).

Quelles sont les conséquences de la forme subclinique ?

La forme subclinique est l’absence de signes cliniques, donc l’absence de frilosité et de diarrhée. « Cette forme est difficile, voire impossible à détecter au moment du passage de l’épisode », note Jean-Michel Répérant. Les conséquences entraînent la dégradation de la croissance et de l’indice de consommation avec une hétérogénéité du lot et des mauvais résultats techniques, et donc économiques.

Une coccidiose sévère à « Eimeria tenella » a-t-elle un fort impact sur l’indice de consommation ?

Non sauf cas très rares. « Car cette coccidie E. tenella réalise son cycle parasitaire dans les caeca, qui ont un rôle négligeable dans l’absorption des nutriments », rappelle le spécialiste. Les signes cliniques seront alors une baisse d’ingéré avec un ralentissement de la croissance. L’IC lui ne sera pas touché, excepté en cas d’impact maximal avec un amaigrissement de l’animal.

Doit-on envoyer des oiseaux morts dans l’échantillon au laboratoire d’analyse ?

Non pas forcément, il faut prendre un échantillon représentatif de l’état général du lot. « Le but est de comprendre ce qui se passe sur la globalité du lot. Avec un échantillon de cinq sujets, un sujet correspond à 20 % de l’effectif. Au-delà de 20 % de mortalité, on prendra les morts. » Sinon, les animaux morts peuvent être examinés pour évaluer la cause de la mort mais les résultats ne peuvent être généralisés à l’ensemble du lot.

Faut-il traiter en présence d’« Emeria tenella » ?

Non, cette information est insuffisante. Il faut savoir si sa présence a un effet négatif sur les animaux. « Le seul moyen est d’identifier les signes cliniques (frilosité, fientes hémorragiques, retard de croissance) et de confirmer cette piste par l’examen des tubes digestifs et la mise en évidence des lésions caractéristiques d’intensité élevée (supérieure à 2) comme des lésions hémorragiques avec absence de contenu caecal normal », insiste Jean-Michel Répérant. Dans ce cas, le traitement doit être mis en place rapidement. En présence d’un caillot de fibrine (résultat de l’évolution d’une lésion hémorragique ancienne), il est trop tard pour traiter.

(1) Cellules épithéliales de l’intestin.

« Les coccidies sont omniprésentes. Ce n’est pas parce qu’on les trouve qu’elles auront un impact sur l’état de santé ou les performances des animaux. La pathogénicité est variable. »

 

Mise en garde

Coccidiose clinique : les lésions et des parasites sont observés. Mais les oocystes peuvent ne pas être présents (exemple, E. tenella est pathogène avant la production des oocystes).

La présence du parasite n’est pas un critère de diagnostic de coccidiose. Les lésions sont les seuls éléments pertinents pour mesurer l’impact des coccidies sur les animaux.

Portage non pathogène et coccidiose subclinique : le moment de l’infection ne peut pas être déterminé, avec peu de chance de trouver des parasites.

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