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Pododermatites : Agir sur tous les fronts dès le préchauffage

Florent Duffros est passé au-dessus de la barre des 80 % de pattes conformes en agissant sur la qualité de l’eau, le préchauffage et la gestion de la litière.

En l’espace de cinq lots, le taux de conformité des poulets lourds de Florent Duffros a grimpé de 3 % à 85-95 %. Installé à Caulnes dans les Côtes-d’Armor, il exploite depuis 2016 un bâtiment neuf à ventilation bilatérale en pignon avec sol bétonné de 2000 m2. Parmi les mesures mises en place pour limiter les pododermatites, c’est le changement de système de désinfection de l’eau qui, selon lui, a été le plus déterminant. « Depuis que je suis équipé d’un appareil d’électrolyse en ligne de Windwest, je constate beaucoup moins de fientes liquides et de problèmes d’entérites. » Le traitement précédent (chloration et acide minéral) ne suffisait pas à maintenir une bonne qualité bactériologique jusqu’en bout de ligne. En parallèle, l’éleveur a testé plusieurs types de litière dont la cosse de riz, la farine de paille et les bouchons de miettes de paille mais c’est le copeau qui permet le meilleur compromis technico-économique. « Avec la miette de paille, je n’ai pas eu à repailler mais son coût est trop élevé (260 euros/tonne). »

Éviter le risque de condensation

L’éleveur stocke le copeau pendant deux à quatre mois pour qu’il soit suffisamment sec. Il rentre la litière dans le poulailler deux jours avant de l’épandre. « Elle atteint la même température que celle de la dalle, ce qui limite le risque de condensation surtout sur les lots d’hiver. » Florent épand 1 à 1,5 kg de copeau puis fait un rajout de litière une fois par lot à l’aide d’une pailleuse Dussau, qu’il a achetée avec deux voisins. L’éleveur a également revu sa technique de préchauffage. Il démarre huit jours avant l’arrivée des poussins (quatre jours pour un lot d’été) avec une consigne à 23 °C, puis une montée progressive pour atteindre 34 °C deux jours avant.

Ventiler et chauffer davantage

Il est également vigilant à la pression des lignes d’eau. Il s’est équipé de pipettes bas débit (60 à 80 ml) avec godet récupérateur, à raison d’un pointeau pour sept poulets pour assurer des points d’eau suffisants en fin de lot. Pour sécher la litière, il n’hésite pas à ventiler davantage, même si cela oblige à chauffer plus. Dans son bâtiment très isolé, la consommation de gaz est de 9 kg/m2/an (pour six lots). Pour réduire sa facture, l’éleveur vient d’investir dans une cuve centrale de propane enterrée qui desservira 6 800 m2 de poulaillers (dont un en construction ainsi que les deux de son père). Il a prévu une économie de 8 000 à 10 000 euros par an. Son prochain bâtiment sera par ailleurs équipé de générateurs à combustion indirecte, évitant ainsi les émissions d’eau (et de CO2).

« Même si l’on ne maîtrise pas tous les facteurs qui jouent sur la qualité des pattes, maintenir une litière sèche apporte du confort aux animaux. Ils bougent davantage et vont plus facilement à la mangeoire », a-t-il observé.

Une mise en chauffe optimale sur sol béton

Sur sol bétonné, la phase de préchauffage doit être adaptée pour éviter tout risque de condensation entre la dalle et la litière. Huttepain Bretagne conseille de démarrer le préchauffage 24 h minimum avant de mettre la litière (en cas de stockage du substrat dans le bâtiment). Démarrer la consigne à 23 °C puis monter progressivement pour atteindre la température objectif la veille de la mise en place. « Elle doit être 1 °C supérieure à la température souhaitée à l’arrivée des poussins », précise Jean-Lou Le Guellec. L’objectif est d’atteindre une température de 25 °C du sol avant la mise en place de la litière et une température de litière de 30 à 32 °C à la réception des poussins.

Mettre la pression d’eau sous surveillance

Olivier Brault est installé à La Bazouge-du-Désert (Ille-et-Vilaine) où il exploite un bâtiment neuf sur dalle bétonnée de 1 800 m2 et deux bâtiments rénovés en dynamique de 1 000 m2 sur terre battue. Sur les cinq derniers lots, le taux de conformité des pattes est passé de 25 % à 95 % dans le bâtiment neuf. Une progression également constatée dans les autres bâtiments, même si moins flagrante, qu’il attribue essentiellement au changement de pratiques sur la gestion de la pression d’eau aux pipettes. « Il faut éviter le gaspillage et les fuites d’eau qui dégradent très vite la litière. » L’éleveur est équipé de pipettes à faible débit (80 ml/min) avec godet récupérateur. « Désormais, je démarre avec un minimum de pression (la boule se lève tout juste les premiers jours) et j’essaie d’y rester le plus longtemps possible, tout en veillant à ce que les poulets aient suffisamment à boire. Pour cela, je surveille au quotidien la quantité d’eau consommée par sujet et la compare aux références transmises par mon groupement. » Cela évite que les animaux jouent avec la pipette ou surconsomment de l’eau, que l’on retrouve au final dans la litière. Ce que confirme Jean-Lou Le Guellec, d’Huttepain Bretagne : « On fait souvent le constat de consommations d’eau 30 à 40 % supérieures à la norme entre J8 et J20. Il est également important que les lignes d’eau soient bien fonctionnelles, horizontales et à bonne hauteur. Elles sont souvent trop basses. Sur les sols en terre battue, la ligne d’eau doit être ajustée par rapport au plafond et non au sol », précise-t-il.

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