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Un fongicide ambi-mobile à l’étude contre les maladies du bois

Un fongicide mobile dans la plante, c'est une des pistes de recherche suivies pour trouver de nouveaux moyens de lutte contre les maladies du bois de la vigne. Présentation en trois points.

A gauche, effet inhibiteur du profongicide sur la croissance d'un champignon (N. parvum), comparée à un témoin, à droite.
A gauche, effet inhibiteur du profongicide sur la croissance d'un champignon (N. parvum), comparée à un témoin, à droite.
© A. Spagnolo

Qu’est-ce qu’un fongicide ambi-mobile ?

Il s’agit d’un fongicide rendu mobile dans la plante en réalisant, par une réaction chimique, une combinaison avec un sucre ou un acide aminé. Cette association est alors transportée dans la plante via la sève élaborée. Dans le cadre des essais menés par les universités de Reims et de Poitiers, les chercheurs ont testé un dérivé de phénylpyrrole, associé à un acide aminé, la lysine en l’occurrence.

Quel est le mode d’action ?

Ce fongicide est appliqué par voie foliaire sur une bouture âgée de treize semaines. Il pénètre alors dans la plante et est véhiculé par la sève phloémienne jusqu’à la partie lignifiée, où se trouvent les champignons des maladies du bois. À leur contact, la molécule peut être scindée libérant ainsi le fongicide utilisé initialement. Ce dernier peut alors inhiber ou tuer les champignons visés ; ici, deux Botryosphaeriaceae responsables des maladies du bois : Diplodia seriata et Neofusiococcum parvum. Pour une meilleure efficacité, les chercheurs ont envisagé de coupler cette lutte chimique à une lutte biologique. Pour ce faire, ils inoculent, via une solution liquide, une bactérie, Burkholderia phytofirmans au niveau des racines de la bouture, en deux fois, cinq puis trois semaines avant le traitement phytosanitaire, afin de stimuler ses défenses immunitaires et donc sa réponse contre les pathogènes.

À quel stade en est le projet ?

Le projet a été initié fin 2013, pour une durée de trois ans (1). Un fongicide, associé à un acide aminé, et couplé à la bactérie, a été testé sur chardonnay et a donné « des résultats encourageants, avec une bonne synergie entre les deux modes de lutte », estime Florence Fontaine, porteuse du projet avec Jean-François Chollet. La taille des nécroses provoquées par les champignons a diminué, tout comme la fréquence de leur présence. Néanmoins, il s’agit de résultats préliminaires, à confirmer avec des répétitions et des essais sur sauvignon. Une seconde molécule devrait elle aussi être testée. Le but est d’obtenir, à l’issue des trois ans, des pistes vers des stratégies de lutte utilisant un ou plusieurs fongicides efficaces. Si une firme phytosanitaire décide ensuite de le/les produire et commercialiser, il faudra attendre une dizaine d’années avant une arrivée sur le marché. « Mais pour qu’une firme s’y intéresse, il faudra que la molécule ait des applications autres que les seules maladies du bois de la vigne », prévient Jean-François Chollet.

(1) Ces travaux sont financés par FranceAgriMer, InterLoire, le CPER Pays de Loire et la société JAS Hennessy & Co.

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