Traitements et irrigation des vignes 3.0 en provenance d’Israël
Quatre start-up israéliennes étaient venues présenter leurs innovations lors d’un webinaire organisé par TradeIL, la mission économique d’Israël. Irrigation et pulvérisation de précision étaient à l’honneur.
Quatre start-up israéliennes étaient venues présenter leurs innovations lors d’un webinaire organisé par TradeIL, la mission économique d’Israël. Irrigation et pulvérisation de précision étaient à l’honneur.
Sur les quatre innovations présentées fin mai lors d’un webinaire organisé par TradeIL, la mission économique d’Israël, la plus originale était sans conteste celle de Driftsense. Cette entreprise a en effet mis au point un logiciel permettant d’identifier le moment idoine pour traiter, et ce, quelle que soit la culture. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le choix de l’heure permettrait, selon le gérant de l’entreprise Jorge Winiar, une amélioration de la pulvérisation (meilleures répartition et homogénéité de la bouillie) de 28 à 35 % !
Un croisement de différentes bases de données
Le logiciel fonctionne en croisant plusieurs bases de données. La première a trait à la météo. Le logiciel peut compiler des informations provenant des données météo de l’entreprise, mais aussi des données disponibles en open data ou encore celles du domaine lorsqu’il est équipé d’une station météo. La seconde base concerne les différentes matières actives. La firme a importé toutes les fiches des différentes matières actives du marché. Puis une troisième porte sur le matériel, qu’il s’agisse d’un pulvérisateur porté, traîné, d’un drone, d’un avion, etc. Il est possible de descendre finement jusqu’au type de buse, à la pression, à la vitesse de travail. Et enfin un dernier module porte sur la « régulation », c’est-à-dire sur le géoréférencement de chaque parcelle.
Avant de démarrer son traitement, le viticulteur sélectionne donc sa parcelle, son outil et le ou les produit(s) qu’il souhaite employer. Il obtient un graphique lui indiquant les meilleures tranches horaires pour traiter dans les 10 prochains jours. Il est possible de faire varier un paramètre, type de buse par exemple, pour voir l’impact sur les préconisations. Le logiciel est réactualisé toutes les 12 heures, en même temps que les données météo.
Optimiser l’irrigation via le monitoring de l’irradiation
Deux autres start-up présentaient des logiciels permettant d’affiner l’irrigation. C’était le cas d’Innovitis et de Phytech. La première propose d’optimiser les performances de la vigne en temps réel, via une irrigation de précision. Pour ce faire, l’entreprise a mis au point une plateforme se basant sur une IA interprétant les images satellitaires de l’irradiation de la surface foliaire, les données météo et l’historique d’irrigation de la parcelle. Elle fournit des recommandations d’irrigation et envoie des alertes en cas d’irrigation insuffisante ou trop élevée. « Nous améliorons ainsi le rendement de 16 à 24 %, indique Yishai Netzer, cofondateur de la firme, et de 22 à 31 % la qualité du vin en catégorie milieu de gamme. » La start-up propose également des conseils de fertirrigation en se basant sur des analyses de pétioles, ainsi que des cartes d’échantillonnage, permettant de prélever les échantillons dans les zones les plus représentatives de la parcelle.
Analyser l’intérieur des fruits de manière non destructive
Phytech dispose également d’un service de surveillance des cultures par IA, visant à apporter la juste dose d’eau en vue d’augmenter le rendement mais aussi de diminuer l’utilisation d’eau, d’énergie (pompage de l’eau), de fertilisants, etc. Pour ce faire, elle installe des dendromètres sur les ceps ou les plantes, sur les grappes ou les fruits, des capteurs d’hygrométrie, des capteurs d’humidité du sol. Puis une IA traduit les données ainsi récoltées en besoins d’irrigation. « On obtient également une courbe quotidienne de croissance des grappes ou des fruits », souligne Leonardo Contreras, directeur commercial de la start-up.
La dernière start-up présentait un système de contrôle de la qualité des grappes ou des fruits via un scanner. « Nous avons un hardware et une IA prédictive, décrit Vedran Zubovic, de Neolithics. Lorsque le fruit est scanné, on voit aussi bien son extérieur que son intérieur. On peut ainsi déterminer le degré Brix, le taux de sucre, le pourcentage d’eau, etc., de manière non destructive. » Selon lui, l’appareil peut être installé dans une ligne de tri, que ce soit pour le tri des fruits ou la vinification. Trois différentes machines sont au catalogue, pour répondre à tous types de débits.