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Tendres sont les bistrots

Pierrick Bourgault observe inlassablement les cafés, bars et bistrots, ces lieux fragilisés par la désertification des campagnes et les modes de vie urbains. Il vient de leur consacrer deux nouveaux livres.

La pile de livres consacrés aux bars et bistrots par Pierrick Bourgault est haute de 15 ouvrages. Le bistrot est le sujet favori de cet écrivain, journaliste indépendant, photographe et enseignant. « C’est un sujet inépuisable ». En guide, étude ethnologique, reportage, récit, exposition, site internet monbar.net… il en explore toutes les facettes. Le virus de la bistrophilie l’a atteint dès l’enfance, dans le bistrot d’un petit village de Mayenne tenu par son grand-père où il aimait passer du temps. Chaque bar a donc pour lui un attachant petit côté madeleine de Proust.

« Les bistrots sont des lieux de relations humaines », plaide Pierrick Bourgault, contrarié qu’on puisse les réduire à des seuls débits de boissons. « Un bistrot ne fabrique rien mais débite des conversations ». Avec Bistroscope, l’histoire de France racontée de cafés en bistrots, (éd. Chronique/La Martinière) paru en 2019, il montre leur rôle dans la « grande » histoire au fil des siècles. Évidemment, ce n’est pas le bistrot standardisé par la dernière déco à la mode qui l’intéresse mais le café de campagne ou de quartier, accessible à tous.

Tout un monde de convivialité à sauvegarder

C’est donc avec un plaisir certain qu’il a publié cette année La Mère Lapipe dans son bistrot (éd. Ateliers Henry Dougier), le portrait du Café du coin, un bar improbable du Mans, et de sa patronne Jeannine Lapipe. Dans ce lieu théâtral grâce à la personnalité de sa tenancière de 78 ans, la flûte de pet-pet (mousseux) se vend à 2,50 € tandis que les générations et milieux se mélangent. On y croise même un ex-ministre de l’Agriculture. La soirée finit à 3 h du matin ou à 21 h, selon l’humeur de Jeannine. Ce bar est en survie dans un quartier désertifié par la fuite des urbains. Un brin nostalgique, le livre peut se lire aussi comme un cri d’alarme face à un monde en voie de disparition.

Plus les années passent et plus Pierrick Bourgault passe du rôle d’observateur à celui de défenseur. Il fait ainsi partie du conseil scientifique de l’Association pour la reconnaissance de l’art de vivre dans les bistrots et cafés de France en tant que patrimoine culturel immatériel. Il s’investit dans la survie des bars-concerts, maillon précieux et oublié de la création musicale.

Et voilà que le coronavirus et sa distanciation sociale assènent un coup de plus. « Le monde des bistrots a basculé dans un cauchemar ». En hommage à ces lieux, chaque jour de confinement, il publie sur Facebook les photos d’un bar qu’il a immortalisé au gré de ses reportages en France ou dans le monde. « Les bistrots nous sauvent du monde virtuel qui produit des détresses solitaires. c’est important qu’ils existent ». Comme le Covid-19, les bars ont leurs statistiques mortifères. Il reste à espérer que ces lieux fragiles comptent beaucoup de guérisons.

« Un bistrot ne fabrique rien mais débite des conversations »

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