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« Pythium oligandrum », pour lutter contre les maladies du bois de la vigne

L’entreprise Greencell, qui développe, produit et commercialise des micro-organismes et des dérivés microbiens, prévoit de lancer un produit à base de « Pythium oligandrum » d’ici trois ou quatre ans pour lutter contre les maladies du bois, et l’esca en particulier.

Pythium oligandrum est un oomycète capable de stimuler les défenses de la vigne.
Pythium oligandrum est un oomycète capable de stimuler les défenses de la vigne.
© Greencell

Jusqu’à présent, deux produits à base de Trichoderma se partageaient le marché de la bioprotection contre les maladies du bois, Esquive WP et Vintec. Les cartes pourraient bientôt être rebattues avec l’arrivée du produit de Greencell à base de Pythium oligandrum.

Cet oomycète a fait l’objet de nombreuses expérimentations depuis une dizaine d’années. Un programme de recherche de trois ans, mené en collaboration avec l’Inrae, Mercier et l’IFV, vient de se terminer. Avec des résultats « comparables à ceux des produits du marché », indique Ahmed Taibi, ingénieur de recherche agroécologie chez Greencell. Les modes d’action de l’oomycète différent néanmoins. Si les Trichoderma synthétisent des molécules actives contre les champignons des maladies du bois, Pythium, qui sécrète de l’oligandrine, joue aussi sur la stimulation des défenses naturelles de la vigne. « Nous ne savons pas exactement quels sont les mécanismes activés, mais Pythium provoque une réaction de défense de la plante, qui bloque l’action des pathogènes », poursuit le chercheur.

L’oomycète pourrait moduler indirectement le niveau d’expression des gènes liés à la pathogénicité de P. chlamydospora, mais aussi induire la libération d’acides jasmonique et éthylénique à l’intérieur du cep de vigne. Ce dernier résiste alors mieux que ses congénères aux attaques des champignons des maladies du bois.

Une diminution de la taille des nécroses jusqu’à 78 %

Sous serre, les résultats font apparaître une baisse de la taille des nécroses allant jusqu’à 78 %. À la parcelle, « nous avons observé une baisse significative des symptômes par rapport aux pieds traités avec Esquive », rapporte Ahmed Taibi. L’efficacité de la solution dépend néanmoins de nombreuses variables telles que l’âge de la vigne, le stade d’atteinte par les maladies du bois ou encore l’état du sol de la parcelle (présence ou non de polluants tels que du cuivre ou de l’arsénite).

Un produit disponible sous forme liquide ou poudre

Si le produit attend encore son AMM, il devrait être disponible d’ici trois ou quatre ans, en fonction de l’avancée de l’homologation, sous deux formes : liquide et poudre mouillable, cette dernière formulation ayant a priori une meilleure conservation dans le temps. Le produit serait à pulvériser au sol à la dose de 2x105 spores par gramme de poudre, vers le mois de mai. Un mode d’application plus simple que les Trichoderma, ce qui devrait lui donner un avantage compétitif sur le terrain.

En revanche, l’entreprise travaille encore sur la durée d’efficacité du produit et donc sur la fréquence de traitement nécessaire. Son positionnement prix devrait être similaire à ses concurrents.

Des campagnes de tests devraient également être menées pour mesurer l’efficacité du produit contre le mildiou de la vigne.

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