Pyrénées-Orientales : un été de feu dans les caves coopératives de vinification
Le retournement du marché du vin aura signé la fin d’une époque pour les Pyrénées-Orientales, qui voient disparaître du paysage deux caves coopératives majeures du vignoble.
Le retournement du marché du vin aura signé la fin d’une époque pour les Pyrénées-Orientales, qui voient disparaître du paysage deux caves coopératives majeures du vignoble.
La première, c’est Arnaud de Villeneuve (AdV), qui fut un temps la plus importante du département. Placée en redressement judiciaire en début d’année, elle aura finalement été poussée à la liquidation avec une dette de 10 M€, règlement des coopérateurs compris. Au tribunal, c’est la cave audoise voisine de Cap Leucate qui s’est portée candidate à la reprise d’une partie des actifs de la cave de Rivesaltes. Et ce alors qu’elle-même discute en parallèle en vue d’un rapprochement avec la cave de Névian dans l’Aude. La liquidation d’AdV, conjointe au plan d’arrachage en cours, verra la disparition de 300 ha de vignes sur les 1 200 apportés jusqu’ici aux chais de Rivesaltes. Délibéré le 9 juillet.
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L’autre coup de tonnerre est pour le vignoble de Banyuls avec la liquidation annoncée du Groupement interproducteurs Collioure Banyuls (GICB) qui réalise à lui seul, avec ses 350 adhérents, la moitié des volumes du cru. Étouffée par une dette de 20 M€, la cave coopérative a été placée en redressement en mars dernier et est aussi dans l’attente d’une décision du tribunal. Selon nos informations, une entreprise est en lice pour le rachat d’une partie des actifs : le Domaine Lafage à Perpignan. Un temps candidat, Gérard Bertrand n’aurait finalement pas donné suite. Délibéré le 31 août.
Développer des synergies notamment commerciales
D’autres mouvements sont en cours. La cave de Baixas, Dom Brial, devenue la plus importante des Pyrénées-Orientales, vient de finir d’absorber la cave de Cases-de-Pène et opère aujourd’hui le même processus avec celle de Rasiguères. Tout en discutant, techniquement, avec l’autre poids lourd du secteur, la cave de Pollestres (Laure de Nyls), pour « développer des synergies », notamment sur la partie commerciale, « sans qu’il soit pour l’heure question d’autre chose », précise François Capdelayre, président de Dom Brial. La cave d’Estagel, en difficulté depuis plusieurs années, discuterait pour sa part avec Les Celliers du Soleil dans l’Aude, qui ont déjà absorbé la cave de Passa voici quatre ans.
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Quant à VICA (ex-Vignerons catalans, regroupement de huit caves coops), l’entreprise est aussi en sérieuse difficulté. Elle est depuis le printemps sous le coup d’une procédure d’alerte de niveau II. « L’entreprise a perdu cinq millions d’euros en deux exercices, c’est l’équivalent de son capital social », reconnaît François Capdelayre, qui préside l’entreprise depuis l’éviction de Fabienne Bonet. « Nous n’avons pas de marge de manœuvre pour faire évoluer la stratégie à court terme », regrette-t-il, « mais nous espérons pouvoir être à l’équilibre cette année ». Une défaillance de VICA, qui achète des vins à ses membres, scellerait rapidement le sort de la poignée de coops qui subsistent dans les Pyrénées-Orientales. Elles étaient encore 15 lors des dernières vendanges et ne seront déjà plus que 12 cette année.