Pinces arrache-ceps - Une offre diversifiée
L’offre en pinces arrache-ceps se partage entre les modèles manuels et les versions hydrauliques.
Les vignerons souhaitant arracher les ceps morts ou malades pour complanter ont le choix entre plusieurs solutions. Le godet, potentiellement ajouré comme les Fleco, permet d’éliminer cep et racines tout en préparant le sol pour le complant. Il nécessite une minipelle et un minimum de dextérité pour ne pas abîmer le palissage en place. La tarière prépare elle aussi la mise en place du complant, mais désagrège le bois mort potentiellement atteint par la maladie, avec le risque de contaminer le futur plant. Elle n’élimine les racines que dans son rayon d’action. La pince arrache-ceps constitue la troisième option et permet généralement d’enlever un maximum de racines, à condition d’intervenir rapidement (idéalement dans l’année qui suit la mort du pied), à défaut de quoi les racines risquent de s’écourter et de contaminer les nouveaux plants. Mais plusieurs familles de pinces arrache-ceps cohabitent.
Les pinces manuelles sont les plus économiques
Dans cette famille de pinces arrache-ceps, il faut distinguer deux types : les pinces manuelles et les modèles hydrauliques. Les premières sont certainement les plus économiques ; elles sont annoncées autour de 500 euros. Elles se composent de deux mâchoires et de deux poignées reliées entre elles par des petites bielles et d’une chaîne à l’articulation de ces deux bielles. Elles peuvent être utilisées par un opérateur marchant : le fait de tirer sur les poignées resserre automatiquement les mâchoires qui restent bien agrippées au cep. C’est une tâche fastidieuse et pénible qui peut être mécanisée. La chaîne peut en effet être accrochée sur un mât ou tout autre type de levage. Collard relie sa pince manuelle au relevage de la rogneuse frontale sur les enjambeurs. Même en mécanisant le levage, ces solutions manuelles nécessitent généralement deux opérateurs, l’un pour tenir les pinces, l’autre pour piloter le levage. Avec cette technologie simple, il faut parfois s’y reprendre à deux fois. En effet, lorsque le cep cède brutalement, la pince peut lâcher sa prise. Une reprise peut être nécessaire.
Les pinces hydrauliques plus confortables
L’autre famille de pinces arrache-ceps intègre un vérin hydraulique pour pincer le cep. Cette solution mécanisée se présente sous différentes formes, notamment selon l’engin sur lequel il est attelé : minipelle, tracteur, enjambeur, chenillard, voire le porte-outil.
Lorsque l’exploitation viticole en est équipée, la minipelle est la solution offrant la plus grande amplitude de mouvements. La rotation à 360 degrés de l’engin de manutention et la portée du bras permettent de regrouper les ceps arrachés sur plusieurs rangs sur un même interrang ou dans la remorque attelée derrière la minipelle. En secouant le bras, on débarrasse le cep de la terre résiduelle. La pince peut être utilisée pour remuer le sol en amont de l’arrachage, pour faciliter l’enlèvement complet du pied et de ses racines, ou en aval, pour préparer le sol à la complantation. Compter autour de 2 000 euros HT pour les modèles PH2 et PH3 de NR Inov’Concept ou l’Extract PAMP d’Hubertrack, qui peuvent se monter sur de multiples marques de minipelle. JMeka affiche un tarif de moins de 500 euros pour sa pince qui ne se monte que sur ses minipelles.
Autoalignante, la PH3 de NR Inov’Concept dispose de deux mâchoires assez libres : « lorsqu’une d’entre elles vient en butée contre le cep, le vérin mobilise l’autre pour achever le pincement », explique Nicolas Rogier, son concepteur. Autre différence entre la PH2 et la PH3, la PH2 est évolutive et propose deux options : un coupe-fil (400 euros), pour sectionner le fil porteur depuis la cabine, et un système antiécrasement se boulonnant sur la pince pour arracher les piquets sans les abîmer, en vue de les réutiliser. Sa platine à quatre boulons lui permet de la fixer selon plusieurs positions.
Un peu plus chère (2 900 euros HT), la Vitipince d’AMB Rousset se distingue par sa pince large et creuse, qui peut assurer la complantation. Une ouverture à l’arrière du godet permet d’insérer un complant et de le mettre en place en enfonçant la pince à l’endroit souhaité et en ouvrant les mâchoires pour libérer le plant.
Pinces sur le relevage, attention à la stabilité
Ces constructeurs conseillent l’utilisation d’un troisième point hydraulique (ce qui nécessite un troisième distributeur) pour donner plus d’amplitude lors de l’arrachage, en s’ajoutant à la course du relevage avant. Ils proposent en option une tarière fixée sur le bras de l’arrache-ceps : un vérin hydraulique permet de placer cette tarière dans le prolongement de la pince pour préparer le trou à la complantation à l’issue de l’enlèvement du cep mort. Cette option nécessite deux jeux de connexion hydraulique, l’un pour le vérin servant à abaisser la tarière, l’autre pour entraîner sa rotation.
Au tarif, compter autour de 2 000 à 3 000 euros pour la pince arrache-ceps seule, auxquels il faut ajouter environ 2 000 euros pour la tarière.
Viti’Wald propose également de monter cette pince sur un chenillard, pour intervenir dans les vignes les plus pentues. Dans cette déclinaison, deux pieds viennent prendre appui sur le sol avant d’engager l’arrachage du cep, afin de gagner en stabilité.
Le Charentais Hubertrack propose plusieurs modèles de pince arrache-ceps à monter sur le relevage ou sur une platine. Les modèles Extract PASD et PASG sont des appareils à arrachage unilatéral, respectivement à droite et à gauche, tandis que l’Extract PADL dispose d’un pivot et d’une pince double pour ôter les pieds morts, aussi bien à gauche qu’à droite. Toutes ces pinces sont montées sur un mât qui soulève le pied à la verticale. Selon les modèles et les options (notamment un pied d’appui qui donne de la stabilité), le tarif peut monter jusqu’à 10 000 euros, voire 12 000 euros quand le même joystick peut piloter la pince et la complanteuse parfois montée en ventral sur le même tracteur.
Hubertrack propose aussi une version pour vignes étroites, l’Extract Pade, s’installant à l’avant des enjambeurs.
Les pinces pour outils multifonctions optimisent les équipements
Le dernier type de pinces hydrauliques concerne les modèles s’adaptant sur les outils multifonctions. Boisselet propose ainsi une pince double pouvant s’atteler, via six boulons sur le même châssis que les tarières, enfonce-pieux, etc. Le châssis avec mât vertical offre un débattement vertical de 90 cm et latéral de 65 cm. Seul l’outil au bout change. Cela permet de bien valoriser le porte-outil et de minimiser l’investissement (2 800 euros pour l’arrache-ceps) à chaque outil qu’on ajoute.
Dagnaud propose une pince arrache-ceps s’attelant rapidement sur son porte-outil qui peut également recevoir un enfonce-pieux et une tarière. Cette pince se distingue par ses mâchoires mobiles qui se tendent pour se resserrer à mesure que l’on tire sur le cep. En option, ce porte-outil bénéficie d’une télécommande qui permet de gérer la rotation du bâti, le déport, l’inclinaison ou encore la montée et la descente de l’outil sur le mât coulissant. Dagnaud propose un deuxième jeu de mâchoires pour les piquets, ou encore une chaîne pour extraire les piquets métalliques.