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Panneaux récupérateurs Bien s’équiper

Les pulvérisateurs à panneaux récupérateurs fleurissent sur les salons depuis plusieurs années. Mais à quelles configurations de vignes sont-ils adaptés ? Quels sont les modèles les plus efficaces ? Quelle est leur fiabilité dans le temps ? Le point avec les experts hexagonaux travaillant sur le sujet.

DIDIER CHIARAMI, directeur d’exploitation du château Meyre, à Avensan en Gironde, traite une partie du domaine avec ce Koléos de Dhugues, dont il apprécie l'efficacité.
© C. de Nadaillac

« Une meilleure efficacité de traitement, une dérive plus faible avec de moindres pertes de cuivre au sol et un meilleur respect des riverains. » Tels sont les arguments qui ont convaincu Didier Chiarami, directeur d’exploitation du château Meyre, à Avensan en Gironde, d’acquérir un pulvérisateur à panneaux récupérateurs. C’était en 2009, lors de sa conversion au bio. Il s’est tout d’abord dirigé vers un appareil à jet porté, afin de diminuer les consommations spécifiques en fioul. « Le passage à la viticulture biologique implique davantage de traitements, indique-t-il. Pour maintenir le poste fioul, j’ai donc troqué tous les pulvérisateurs pneumatiques pour des jets portés. » Il a opté pour un modèle qui n’était alors qu’un prototype, le Koléos de Dhugues ; le constructeur et le concessionnaire étant géographiquement proches de l’exploitation. Ce pulvérisateur est un trois rangs porté, d’une capacité de 600 litres, fonctionnant au régime moteur de 1 900 tours/minutes. La récupération se fait par pompes péristaltiques. La cuve et les filtres restent à demeure sur l’enjambeur mécanique Bobard CC 70-77. En revanche, les panneaux peuvent être dételés ou attelés en une demi-heure. Après plusieurs adaptations et une année de calage, le pulvérisateur s’est avéré fonctionnel. « Nous avons notamment décalé les jets qui étaient à l’origine en face, travaillé sur la filtration et l’an dernier, nous avons panaché les buses », poursuit le directeur d’exploitation. Et ce, afin d’avoir davantage d’impacts sur la zone des grappes. En début de saison, il n’ouvre que les deux buses du bas de chaque panneau. Ce sont alors des buses Albuz à fente anti-dérive, projetant de grosses gouttes, qui traitent. Dès le mois de juin, Didier Chiarami remet ces buses sur les deux porte-buses du haut et installe en bas des Teejet XR, qui pulvérisent des gouttes plus fines sur la zone fructifère.

Après cinq saisons de traitement, Didier Chiarami est satisfait de ce matériel. « La qualité de traitement est très bonne et je récupère en moyenne 40 % de bouillie sur la saison », précise-t-il. En effet, en début de saison, le taux de récupération est de 70 % environ. En fin de saison, il chute à 5 à 10 % sur le petit verdot, ou 30 % sur cabernet sauvignon. Il estime que ce matériel n’est pas plus fragile qu’un pulvérisateur face par face classique. « Nous avons toujours les panneaux et descentes d’origine, souligne-t-il. Nous avons juste eu des casses de tuyaux ou des fentes sur les tuyaux d’air, mais ni plus ni moins que sur les autres pulvérisateurs. » De même, l’exploitant assure que l’encombrement du matériel n’est pas un problème pour eux, même sur les parcelles les plus compliquées. Mais il faut dire que l’enjambeur utilisé braque bien, que la majeure partie du domaine dispose de tournières de sept mètres, et que les panneaux se replient. Le débit de chantier est grosso modo similaire : « la vitesse de travail est la même que celle des autres pulvérisateurs, à savoir 4,5 ou 5 km/h, pointe le directeur. Mais avec les panneaux, nous ne travaillons que trois rangs à la fois contre quatre habituellement. En revanche, grâce à la récupération de bouillie, nous avons moins de pleins à faire. Au final, cela s’équilibre. »

Un nettoyage plus long et davantage d’effluents

Mais s’il est globalement convaincu par son matériel, Didier Chiarami pointe néanmoins quelques points noirs. Le nettoyage nécessite deux heures, quand un appareil classique n’en prend qu’une. « La bouillie vient se coller sur les panneaux, explique-t-il. Le pulvérisateur est deux fois plus sale qu’un conventionnel. Son nettoyage est plus lent et génère davantage d’effluents. » Et ce d’autant plus que la gestion des fonds de cuve est plus ardue. « Il est nécessaire de disposer d’un chauffeur en qui on a une confiance totale, insiste Didier Chiarami, car le volume de bouillie récupéré n’est jamais le même d’un stade à l’autre. Il est compliqué de calculer le bon volume de bouillie à préparer. Au final, c’est l’expérience qui parle. »

Et l’organisation : l’exploitation dispose de deux autres pulvérisateurs. Le but est de finir les zones à traiter aux panneaux en premier, pour ajuster le reste des vignes à traiter avec un appareil à jets portés classique. L’entretien est un autre inconvénient. Il faut porter une grande attention aux filtres. De même, le chauffeur doit être vigilant, les buses se bouchant très facilement, sans que cela ne se voie. « Il faut régulièrement s’arrêter pour vérifier que tout va bien », prévient-il.

Avec les panneaux, nous ne travaillons que trois rangs à la fois contre quatre habituellement. En revanche, grâce à la récupération de bouillie, nous avons moins de pleins à faire. Au final, cela s’équilibre.
repères

Le château Meyre

AOP haut-médoc et margaux

Superficie 20 hectares

Viticulture biologique depuis 2011

Densité 6 600 pieds/ha en haut-médoc et 8 000 à 10 000 pieds/ha en margaux

Sols sablonneux argilo-calcaires ou graveleux-sablonneux

Encépagement 45 % de merlot, 38 % cabernet sauvignon, 12 % petit verdot et 5 % cabernet franc

Production de 100 000 cols/an

Commercialisation par le personnel du château : export, magasins spécialisés, grande distribution et CHR

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