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Le prix de l’hectare de vigne est toujours en hausse

Malgré un léger tassement des surfaces cédées en 2016, le prix moyen à l’hectare est en hausse. Voici le point par région.

© Jean Charles Gutner

« En 2016, le prix des terres viticoles a été en légère hausse », a annoncé Robert Levesque, directeur de Terres d'Europe-Scafr, lors de la conférence de presse annuelle de la Safer. Néanmoins, les surfaces échangées ont reculé de 4,4 %, à 15 600 hectares, ce qui fait que la valeur totale a cédé 2,6 % à 780 millions d’euros. Au sein de ce marché, la fédération note de fortes disparités, puisque la Champagne perd en moyenne 2,6 % en valeur, tandis que le reste des AOP françaises progresse de 3,8 % (pour une moyenne de 66 500 euros/ha), les eaux-de-vie AOP de 1,7 % (43 400 euros/ha) et les vignes hors AOP de 2,2 % (13 400 euros/ha). « Ce segment a progressé de 18 % entre 2009 et 2016 », a souligné Robert Levesque. Selon la fédération, le retrait champenois est imputable à la perte de vitesse commerciale du champagne, tant en France qu’au Royaume-Uni.

Non loin de là, l’Alsace souffre également, et le Bas-Rhin (- 4 %) davantage que le Haut-Rhin (- 2 %). Et ce, du fait des petites récoltes alsaciennes successives. De son côté, le marché de la Savoie est stable. Quant au Jura, il se porte bien. Le montant des transactions progresse de 3 % par rapport à 2015, tiré notamment par la hausse du prix de l’hectare en côtes du Jura (+ 8 %).

Comme de coutume, la Bourgogne détient la palme de l’hectare viticole le plus onéreux de France, avec 12 650 000 euros/hectare enregistré au maximum en bourgogne grand cru. L’ensemble de la Côte-d’Or progresse de 9 % en valeur, « du fait de sa rareté et de son classement à l’Unesco », analyse la Safer. Dans le reste du bassin Bourgogne-Beaujolais, la Saône-et-Loire enregistre + 6 % tirée par le saint-véran (+ 13 %) et le mâcon rouge (+ 12 %), l’Yonne + 1 %, tandis que le Rhône stagne. Certaines appellations du Beaujolais marquent plus particulièrement le pas, comme chiroubles (- 5 %) et régnié (-20 %), alors que les côtes de brouilly progressent de 10 %.

L’essor du rosé booste les marchés en Provence

En descendant sur le bassin vallée du Rhône-Provence, la Drôme ressort du lot avec une évolution positive du prix des terres de 14 %, tant sur IGP que sur sans IG, et de + 6 % sur les AOP. « Une tendance à confirmer », indique la Safer.

Les AOP du Vaucluse, ne sont pas en reste, avec une hausse de 5 % du prix des terres, tirées par gigondas (+ 13 %), suite à sa « renommée grandissante et à son dynamisme économique ». Dans le Var (+ 2 %), bandol et les coteaux varois gagnent du terrain, tirés par l’essor du rosé ; de même que dans les Bouches-du-Rhône, qui enregistrent + 3 % en AOP, +4 % hors. Le reste du bassin et la Corse sont globalement stables.

Dans le Languedoc-Roussillon, si le marché des AOP est à peu près stationnaire dans les quatre départements, celui des hors AOP augmente légèrement, sauf dans les PO.

Sur la côte ouest, Gironde et Lot-et-Garonne tirent leur épingle du jeu, avec respectivement + 3 et + 4 %. Dans le Bordelais, « la valeur progresse du fait notamment d’une augmentation des prix des AOP génériques, qui représentent l’essentiel des surfaces échangées », précise la Safer. Dans le Lot-et-Garonne, les côtes du marmandais sont à l’honneur avec + 11 % : « le marché semble repartir à la hausse mais reste encore limité », nuance la FNSafer. En Dordogne, le marché a accusé une baisse de 31 % en surface. Le monbazillac est à + 13 %, contre - 11 % pour le bergerac rouge. Dans le reste du Sud-Ouest, marcillac recule de 10 %, tandis que madiran et pacherenc du vic-bilh sont en hausse de 13 %.
Un peu plus haut, le prix des vignes en Charente-Maritime est en hausse, du fait de la croissance en cognac borderies et cognac fins bois, tandis que la Charente est stationnaire.

Le muscadet enregistre la plus forte hausse 2016

Dans le Val de Loire, les tendances sont très contrastées. Le muscadet connaît la plus grosse progression de l’année, suite aux achats d’hectares par des vignerons cognaçais souhaitant contourner le nouveau régime des autorisations de plantation. Le prix de l’hectare a ainsi bondi de 43 % pour se retrouver 12 000 euros l’hectare au maximum. Le département de Loire-Atlantique progresse ainsi de 27 %. La seconde plus grosse variation revient au Loir-et-Cher (+ 24 % en AOP, + 22 % hors). Ce marché est porté "par la transmission de plusieurs domaines et le maintien de la forte demande des coopératives et négoces, soucieux de sécuriser leurs approvisionnements sur ce segment en développement", estime la Safer. De son côté, le Cher varie de + 5 %, l’Indre-et-Loire de + 4 %, la Nièvre de + 3 % et le Maine-et-Loire de + 2 %. Enfin, les côtes d’Auvergne reculent de 8 %.

 

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