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Le Modef appelle à une régulation des prix du vin par l’État

La section viticole du syndicat minoritaire a fait sa conférence de rentrée. Elle demande notamment à l’État d’aller plus loin dans la gestion de crise.

Didier Gagea, Olivier Chateauneuf et Jacques Thomas ont exposé à la presse les revendications du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) lors d'une ...
Didier Gagea, Olivier Chateauneuf et Jacques Thomas ont exposé à la presse les revendications du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) lors d'une conférence le 29 septembre.
© Modef

Encadrement des marges, retour des droits de plantation, aides aux variétés résistantes… les revendications du Modef sont nombreuses. Il faut dire que les maux de la filière le sont tout autant. « Les viticulteurs sont littéralement au fond du trou, le moral est au plus bas, alerte Didier Gadea, président de la Commission viticole nationale du Modef et viticulteur à Montagnac, dans l’Hérault. Et ce n’est pas près de s’arranger, car la distillation et les mesures de limitation des rendements ne feront pas monter les prix. » Pour le syndicat, la réponse à la crise est ailleurs. Lors d’une conférence de presse à Lattes, fin septembre, ses représentants ont appelé de leurs vœux un prix plancher par segment, fixé et garanti par l’État, afin que les viticulteurs puissent vivre de leur travail.

Là où certains demandent un coefficient multiplicateur pour le CHR pour éviter les prix excessifs, Didier Gadea estime que ça ne suffit pas. « Faire passer le verre de 5 à 3 euros ne changera pas notre rémunération, assène-t-il. Il faut que l’État cadre les marges, sinon on court à la catastrophe. Les USA l’ont fait en 1938, cela veut dire que c’est possible. » Le viticulteur accuse par ailleurs le système des autorisations de plantation d’avoir déstabilisé le marché, avec sa politique d’accroissement du vignoble de 1 % par an. C’est pourquoi le Modef milite pour revenir au système des droits de plantations, plutôt que de recourir à l’arrachage.

La vigne ne doit pas monopoliser l’eau des futures retenues collinaires

Au-delà de la gestion de crise viticole, le syndicat a porté d’autres revendications comme une aide à l’hectare pour l’agriculture biologique, ou encore des aides à la restructuration doublée dans le cas de la plantation de variétés résistantes. De même, Didier Gadea a dénoncé le coût du Conseil stratégique phytosanitaire supporté par les viticulteurs. « Contrairement à la HVE, les coops ne veulent pas mutualiser. Sans compter que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, dans certaines régions le coût est pris en charge par le Conseil régional, ce qui crée des déséquilibres au sein du territoire », glisse-t-il. Dernier sujet abordé en cette rentrée, celui des retenues collinaires. Si le syndicat se montre favorable, il veillera toutefois à ce que les projets engagés, notamment dans l’Hérault, ne cachent pas de pompage dans les nappes et ne profite pas qu’aux seuls viticulteurs mais à toutes les professions agricoles.

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