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Vin : le label bio s’exporte

À l’export, le label bio européen est reconnu dans la plupart des pays importateurs de vin, avec toutefois quelques subtilités.

Exportation de vins. Dégustation acheteuse de vin.
L'essor de la demande mondiale de vin bio favorise les exportations. Treize pays tiers ont signé avec l'UE des accords d'équivalence pour la réglementation bio.
© P. CRONENBERGER

Selon l’étude prospective Sudvinbio/IWSR 2018, la consommation mondiale de vin bio devrait connaître un taux annuel moyen de croissance de 9,2 % sur la période 2017-2022. Le système d’équivalence qui reconnaît la réglementation sur l’agriculture biologique d’un pays tiers comparable à celui en vigueur dans l’Union européenne facilite la conquête des marchés.

« La procédure est réalisée soit par les experts de la Commission européenne, soit par ceux d’une commission nationale. Ils étudient point par point les cahiers des charges de ces pays ainsi que la façon dont ils sont contrôlés. Puis, ils émettent un avis favorable, ou non, sur la conformité de leur réglementation avec la nôtre et la Commission européenne promulgue l’accord d’équivalence », explique Fiona Marty, chargée des affaires européennes à la Fnab, la fédération nationale d’agriculture biologique. En clair, la certification délivrée par un organisme certificateur agréé autorise automatiquement à exporter les vins bio dans ces pays. En revanche, cela ne dispense pas de se plier aux réglementations nationales liées à l’étiquetage. Pour l’heure, ces accords concernent l’Argentine, l’Australie, le Canada, le Costa Rica, l’Inde, Israël, le Japon, la Tunisie, la Corée du sud, la Nouvelle-Zélande et le Chili.

Des accords d’équivalence partiels avec certains pays

Les États-Unis et la Suisse ont signé avec l’Union européenne des accords d’équivalence dits partiels. Aux États-Unis, l’équivalence ne concerne que la viticulture et non la vinification. La réglementation en vigueur sur le bio est le National Organic Program (NOP). Elle autorise ainsi les vins bio européens uniquement sous la mention Made with organic grapes (fait à partir de raisins bio). Pour bénéficier des mentions Organic et 100 % organic, il faudra respecter le NOP qui diffère sur la liste d’intrants autorisés en vinification. On peut citer à titre d’exemple le DAP, le SO2 ou encore la colle de poisson, interdits Outre-Atlantique. Un contrôle supplémentaire appelé « contrôle équivalence USA », devra être réalisé par l’organisme certificateur, et des contrôles aléatoires sur le territoire américain pourront être effectués.

Avec la Suisse, c’est à un tout autre niveau que se joue la spécificité de l’équivalence. L’ordonnance suisse, le règlement bio national, bénéficie de l’équivalence à l’inverse du cahier des charges privé Biosuisse, plus restrictif que l’ordonnance. Or, c’est ce dernier qui est connu et majoritairement soutenu par le consommateur suisse. Pour bénéficier de sa reconnaissance, il faudra donc obtenir une attestation Biosuisse, qui demande davantage de garanties de traçabilité.*

Vers un système de conformités à partir de 2021

« Après 2021, le système d’équivalence devrait évoluer vers un système de conformités, dévoile Fiona Marty. En attendant, les démarches sont à engager individuellement auprès des organismes certificateurs du pays tiers. » Des organismes internationaux sont là pour faciliter ces procédures, à l’image de l’International Federation of Organic Agriculture Movements (Ifoam). La démarche peut s’avérer parfois fastidieuse, et coûteuse… Ainsi, pour être conforme au China National Organic Product Standard, un contrôleur chinois devra venir en France, aux frais du vigneron ! À cela s’ajoutent les frais de certification (de 2000 à 5 000 €), ceux d’analyses des sols et de la totalité des cuvées. De quoi en décourager plus d’un !

Consultez l'ensemble de nos articles du dossier " Être ou ne pas être en bio  " ici :

 

voir plus loin

Une demande mondiale encore concentrée

L’Allemagne est le premier marché de consommation de vin bio en volume devant la France puis le Royaume-Uni. Cette hiérarchie devrait être conservée d’ici 2022 selon l’étude Sudvinbio/IWSR 2018, même si les États-Unis connaîtront aussi une forte progression en volume.

Aujourd’hui, le vin bio est un des produits phares des exportations françaises de produits bio avec une part de 59 % du chiffre d’affaires en 2018. Mais compte tenu de la forte pression de la demande intérieure, les volumes exportés sont stables ces dernières années. La situation est différente en Espagne. Si le pays est leader en surface devant l’Italie et la France, le vin bio y est peu consommé, donc surtout exporté.

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