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Dernière phase de tests pour la pulvérisation différenciée

Initié en 2017, le projet Oiseau pour "optimisation de l’épandage automatisé" entre actuellement dans une phase de tests sur le terrain centré sur la fiabilité de la carte électronique. Une phase décisive dans la perspective d’une mise à disposition de ce système intégré d’épandage espéré pour 2021.

© P. Cronenberger

L’objectif affiché du projet Oiseau est de proposer aux viticulteurs un système intégré et clé en main pour un épandage géolocalisé, modulable et automatique mais toujours débrayable. Il vise à pouvoir adapter automatiquement les doses de fertilisant et de pesticides à l’échelle intraparcellaire. Ce projet de recherche appliquée regroupe 6 partenaires (1) dont la cave des Vignerons de Buzet.

"Cette année nous allons effectivement démarrer les tests avec un pulvérisateur en poste fixe à l’IFV, explique Carine Magot, responsable vignoble à la cave des Vignerons de Buzet. Il s’agira par exemple de vérifier si la carte électronique installée dans un boitier fixé au pulvérisateur exécute bien les consignes de modulation des doses. On vérifiera aussi si la carte électronique parvient à restituer correctement à la tablette toutes les informations liées aux traitements qui auront été effectués pour que l’applicateur puisse ensuite en disposer facilement, notamment pour assurer la traçabilité de ces épandages." Ces différentes vérifications passeront par la mesure des quantités de produits appliqués, ou encore, par le constat d’ouverture et de fermeture des vannes conformément aux consignes demandées via la tablette.

Arriver à cette phase cruciale de test de fiabilité de la carte électronique a d’abord nécessité de franchir l’étape d’intégration des données agronomiques. Cette première étape a été effectuée lors de la première année du projet. Elle a commencé par l’acquisition de données par photos satellites mais aussi par différentes mesures de biomasse, de surfaces foliaires et d’indicateurs végétatifs effectuées à l’échelle intraparcellaire sur une vigne de 11 hectares. Ces mesures ont été réalisées à différents stades physiologiques de la vigne, soit à l’aide de capteurs embarqués, soit par comptages manuels. Ces différentes informations ont ensuite été croisées pour dresser un zonage cartographique, support de base de la modulation des préconisations de doses à épandre.

Des préconisations modulées intégrées par une tablette

La seconde étape du projet visait à établir les préconisations modulées. "Sur mildiou et sur oïdium, poursuit Carine Magot, ces préconisations de doses variables ont été obtenues en croisant les éléments cartographiques obtenus grâce aux travaux de la première étape avec les recommandations issues de l’outil aide à la décision Optidose. Pour la modulation des doses de fertilisation, les donnés cartographiques ont été croisés avec des objectifs de rendement." Ces préconisations modulées ont ensuite été intégrées sur une interface "tablette" pour tester la capacité de cette dernière à recevoir ces informations puis à les transformer en différents ordres de travail destinés à la carte électronique. Une troisième étape de phase de tests a pu alors être envisagée. Elle se déroulera cette année.

La carte électronique sera disponible au printemps 2019. Les tests qui lui sont rattachés consistent donc à vérifier le bon "dialogue" entre la carte électronique et le pulvérisateur ou l’épandeur, mais aussi, entre la carte et la tablette."Elle a plusieurs rôles, précise Carole Magot. Elle sert au repérage du tracteur par GPS et reçoit les informations en provenance de la tablette. Avec ces différentes données, elle envoie des informations au débitmètre ou à l’épandeur d’engrais pour ouvrir plus ou moins les buses, ou pour faire tourner plus ou moins rapidement la vis d’épandage."

En 2019, la coopérative lancera un premier test à la vigne sur une parcelle du Château de Gueyze, son domaine viticole. Un essai plus large sur la totalité d’un programme de traitement est programmé pour 2020. Suivra une étude économique pour que le coût engendré par l’adoption de cette nouvelle technologie ne soit pas supérieur aux économies engendrées sur les consommations d’intrants. L’objectif final étant de mettre à disposition des viticulteurs un service simple, fiable et pertinent début 2021.

(1) Les partenaires sont l’IFV, Telespazio, Les Vignerons de Buzet, Banton et Lauret, Black Swan Technology et Ertus group. Ils sont regroupés en consortium lequel a été créé au départ avec le soutien d’Innovin. Le projet est financé par la région Nouvelle Aquitaine.
 

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