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« J’ai installé des chenilles sur le porteur multifonction »

L’entreprise de travaux viticoles girondine STVE a équipé un porteur multifonction Pellenc de chenilles sur le train arrière.

Même en sols saturés d'eau, l'enherbement en place est préservé.  © F. Renaux

Basée à Saint-Émilion (Gironde), l’entreprise de travaux viticoles STVE (Société des travaux viticoles Émilionnais), dirigée par Frédéric Mérias, a équipé un porteur multifonction Pellenc Optimum 550 de chenilles de marque Eider en lieu et place des roues arrière. « L’objectif est double, explique Florent Renaux, responsable du parc matériel de la STVE. D’une part, nous voulons augmenter notre plage d’utilisation, par exemple en épandant la fumure organique lorsque les conditions de portance ne le permettent pas avec des roues. D’autre part, nous voulons apporter un plus dans nos prestations par un meilleur respect des sols et de l’enherbement en place. » Ces dernières années, nombre de clients ont boudé les porteurs multifonctions, leur préférant les tracteurs interlignes, plus légers, malgré les roues étroites sur ces derniers. « Avec les chenilles de 400 mm de large, pour une longueur de 1,20 m, la pression au sol est quatre fois moindre qu’un pneu de même largeur, explique Florent Renaux. Les premiers tests en conditions de sol saturé en eau montrent que les chenilles s’enfoncent moins que les baskets d’un opérateur debout à côté. À ma grande surprise, la longue bande de roulement des chenilles rend le porteur super confortable, car elle gomme les cahots en pleine terre. » En revanche, ce n’est pas le cas dès que l’on revient sur une surface dure.

Davantage de stabilité et de sécurité

L’entreprise constate également un gain en termes de stabilité et de sécurité. En augmentant la surface de contact, les chenilles limitent les pertes de traction, notamment dans les montées, où le porteur pourrait se mettre en crabe dans certaines conditions délicates. D’un poids de 500 kg chacune, les chenilles abaissent le centre de gravité de la machine, la rendant plus stable. « Lorsque le porteur est dépourvu de tête de récolte et d’autres outils, la majorité du poids est sur l’avant, explique Florent Renaux. Il faut alors éviter de rouler trop vite et de freiner trop brusquement. Avec les chenilles, on apporte du poids vers l’arrière et on sécurise le porteur nu. »

Une utilisation principalement hivernale

D'un poids de 500 kg, chaque chenille se positionne en lieu et place des pneus, sans aucune modification. © F. Renaux

Composée d’une grosse roue motrice centrale et de deux galets, chaque chenille est démontable et ne nécessite aucune modification sur le porteur. Elle est dotée d’un système de tension de la bande de roulement oléopneumatique. Pour limiter l’usure sur surfaces dures, les galets sont légèrement surélevés à l’avant et à l’arrière. « De toute façon, le ou les porteurs qui seront équipés de chenilles ne sont pas destinés à aller sur la route, explique Florent Renaux. Nous avons les camions avec porte-char prévus à cet effet. Dès le mois de mars, les chenilles seront enlevées et on remettra les roues habituelles. » À moins que le printemps soit humide, comme en mai 2020. « Les périodes sèches entre les pluies étaient trop courtes pour laisser le temps au sol de se ressuyer, se remémore Florent Renaux. Pour ne pas matraquer les sols, bon nombre de viticulteurs ont préféré attendre et se sont fait dépasser par les maladies. Si un printemps de ce type se présente, on ressortira les chenilles pour aller traiter dès la moindre accalmie. »

La pression au sol avec les chenilles est divisée par quatre par rapport au pneus habituels de même largeur. © F. Renaux

Quant au prix de ces montes, Claude Gauthier, dirigeant de la société Eider, annonce un tarif de 25 000 à 30 000 euros. Pour Florent Renaux, ce coût se rentabilise relativement rapidement car il est possible d’augmenter la plage d’utilisation du porteur. « Par ailleurs, quand on mobilise à deux reprises dans une journée du personnel et du matériel de travaux publics pour dégager un porteur qui s’est enlisé, les coûts montent vite également, fait remarquer le responsable du parc. Sans compter la casse éventuelle sur les vignes et le palissage. »

Les chenilles font des émules

Depuis la diffusion des premières images et vidéos sur les réseaux sociaux, Florent Renaux est très régulièrement questionné sur les chenilles. Ce qui montre un intérêt fort pour la réduction du tassement. A la tête de la société Ag France Plantation, basée à Sainte-Terre en Gironde, Axel Fonmarty a investi dans un train de chenilles sur son tracteur pour la plantation de vigne : les sols finement préparés pour la plantation sont en effet très sensibles au tassement.

Florent Renaux remercie le dirigeant de la STVE, Frédéric Mérias, pour avoir cru en son projet et Claude Gauthier, de la société Eider, pour avoir répondu à ses besoins techniques.

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