Aller au contenu principal

Incendie dans l’Aude : une enveloppe d’urgence de 8 millions d’euros pour les viticulteurs et agriculteurs touchés

En déplacement dans l’Aude, la ministre de l’Agriculture a annoncé ce 14 août de premières mesures d’urgence pour les agriculteurs, principalement des viticulteurs, touchés directement ou indirectement par l’incendie de la semaine dernière.

Vue du ciel, via un canadair, de l'incendie ravageant les Corbières, dans l'Aude, le 6 août 2025.
Selon les premières estimations, l’incendie qui a parcouru plus de 16 000 hectares sur 16 communes de l’Aude aurait affecté directement entre 1000 et 1500 hectares de terres agricoles (essentiellement des vignes) et indirectement 800 hectares via le cône de fumée.
© @SDIS11OFFICIEL – Préfecture de l’Aude

[Mis à jour le 18 août à 10h30]

En déplacement dans le village viticole de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (dans l'Aude) en partie brûlé par l’incendie de la semaine dernière, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé ce jeudi 14 août un fonds d’urgence complété de mesures pour un total de huit millions d’euros pour les agriculteurs sinistrés, en majorité des viticulteurs.

Lire aussi : Feux de forêt : dans l’Aude, l'incendie historique ravage 2 000 hectares de terres agricoles

Incendie dans l’Aude : à quoi va servir ce le fonds d’urgence de 7 millions d’euros ?

« Ce fonds servira à indemniser les pertes de récoltes, les pertes de fonds (une vigne détruite par exemple) et la destruction de bâtiments et de matériel agricole », a précisé la ministre « venue la exprimer solidarité nationale » envers le territoire des Corbières « balafré par le feu ».

Lire aussi | Sécheresse : la dernière crise viticole pour les Pyrénées-Orientales et le sud de l’Aude ?

Une avance de 10 000 euros promise dans les quinze jours pour les viticulteurs touchés

La distribution de ce fonds de 7 millions d’euros sera à la main du préfet, les règles de répartition devant faire l'objet d'une circulaire. Et suivant la volonté exprimée par François Bayou, « une avance jusqu’à 10 000 euros sera délivrée dans les 15 jours qui viennent pour faire face aux premières obligations sachant que certains viticulteurs n’auront pas de récolte », a promis Annie Genevard.

Mise à jour | Incendie dans l’Aude : le fonds d’urgence pour les agriculteurs et viticulteurs touchés est ouvert

L’incendie, qualifié par la ministre « de plus gros incendie de la région sud depuis 50 ans » qui a parcouru plus de 16 000 hectares sur 16 communes, aurait affecté directement entre 1000 et 1500 hectares de terres agricoles (en grande majorité des vignes) et indirectement 800 hectares via le cône de fumée, selon le cabinet de la ministre. Environ 200 exploitations agricoles seraient touchées.

Le fonds d’urgence « servira à indemniser les productions affectées par les feux, les fumées ou les mousses retardantes », a affirmé la ministre.

Lire aussi : Manifestations agricoles : « La situation est très critique, nous sommes en train de perdre le vignoble »

1 million d'euros d'exonération de cotisations sociales

Au fonds d'urgence de 7 millions d'euros, s'ajoute une enveloppe de 1 million d'euros destinée à la prise en charge ciblée de cotisations sociales par la MSA pour les agriculteurs en difficultés.

Exonération de taxes foncières et plan à moyen terme 

Annie Genevard a également annoncé la mise en place d’un dispositif d’exonération des taxes foncières pour les agriculteurs et viticulteurs sinistrés.

Par ailleurs la ministre a évoqué la possibilité de modification temporaire des cahiers des charges, en lien étroit avec l'INAO, pour faciliter la commercialisation des raisins touchés par les fumées.

A plus long terme, alors que l’oenotourisme risque aussi d’être impacté par des paysages altérés, « il y aura le temps de la reconstruction », a poursuivi Annie Genevard promettant de revenir dans les Corbières d’ici la fin de l’année. « Je veux faire de l’Aude un laboratoire du réchauffement climatique », a-t-elle lancé.

Là où il y a déprise agricole il peut y avoir du feu, on doit tirer tous les enseignements de ce feu

« Là où il y a déprise agricole il peut y avoir du feu, on doit tirer tous les enseignements de ce feu de façon à restaurer une agriculture protectrice autour des villages. Là où il y a de la vigne il y a encore de la végétation. Ailleurs le feu a prospéré à une vitesse faramineuse. Il faut aussi restaurer de l’élevage, les troupeaux entretiennent les paysages. On doit faire ce travail avec les professionnels », a-t-elle déclaré devant les producteurs, affirmant aussi vouloir travailler sur la question de l’eau et de l’irrigation.

Lire aussi : Incendie dans les Pyrénées-Orientales : la déprise agricole en cause

Quelle réaction des professionnels agricoles ?

« Le premier objectif est atteint après cette annonce. Ces 8 millions d’euros sont vitaux pour notre profession et on attend la suite », a réagi Ludovic Roux, président de la chambre d’agriculture de l’Aude à l’issue de la table ronde avec la ministre, à la cave coopérative de Saint-Laurent, rapporte l’AFP.

« La Ministre de l’Agriculture a apporté des réponses claires aux attentes des professionnels […] Ces annonces sont à la hauteur de la gravité de la situation et témoignent d’une volonté d’agir rapidement pour soutenir nos agriculteurs et viticulteurs » a pour sa part réagi Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault et premier vice-président de la FNSEA, à l’issue des annonces de la ministre.

« Mais cette crise nous rappelle aussi l’urgence de préparer l’avenir. L’accès à l’eau est une condition essentielle à la résilience de notre agriculture. Il est indispensable de faciliter le stockage de l’eau et de débloquer les freins administratifs qui entravent encore trop de projets », a-t-il poursuivi.

Lire aussi : Dans l’Aude, les brebis trouvent leur place dans les vignes

Les plus lus

<em class="placeholder">Thomas Berger-Leslavergne, viticulteur à Troissy, dans la Marne</em>
En Champagne : « J’ai imaginé une fraise de curetage pour lutter contre les maladies du bois de la vigne »
Le vigneron champenois Thomas Berger-Leslavergne a cocréé une fraise de curetage, l’OB 20, plus maniable et précise que les…
<em class="placeholder">barriques de vinaigre dans une serre à Cadillac en Gironde</em>
En Gironde : « J’ai installé mes barriques à vinaigre dans une serre et non dans mon chai »

Vigneron multi-actif, Vincent Lataste, du Château Mamin à Cadillac en Gironde, vient d’ajouter la production de vinaigre à son…

Vidéo - En Gironde : une remorque faite maison pour lutter contre le gel de la vigne

Un vigneron bordelais, Frédéric Lahaye, a conçu une remorque antigel. La voici en action.

<em class="placeholder">Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire</em>
En Indre-et-Loire : « Notre programme de traitement de la vigne à environ 400 euros/ha/an intègre des biocontrôles »

Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire, intègre du biocontrôle dans ses…

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne…

<em class="placeholder">Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine &amp; Spirits Business.</em>
Inde : « Il faut que la filière viticole française ait bougé d’ici un ou deux ans maximum car tout le monde lorgne sur ce marché »

Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine & Spirits Business, analyse le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole