Du biocontrôle efficace et abordable pour protéger les vignes, une utopie ?
En ces temps de crise, comment continuer à intégrer les solutions de biocontrôle sans prendre de risque ni exploser le budget protection du vignoble ? Nous vous aidons à cibler les produits pour concilier au mieux santé et environnement, sécurité du programme et coûts maîtrisés.
Peut-être faites-vous partie de ceux qui considèrent que « le biocontrôle, c’est cher et ça ne marche pas ». Il faut dire que l’attente que nous avions sur ces produits était grande, et pour certains la désillusion l’est tout autant. Car, en étant honnête, on ne peut pas nier que l’efficacité de certaines spécialités laisse à désirer, et que le positionnement tarifaire reste, en moyenne, supérieur à celui des phytos traditionnels.
Mais faut-il pour autant jeter bébé avec l’eau du bain ? Ne peut-on pas trouver des produits amenant un réel gain de protection à un tarif comparable aux références, que l’on puisse intégrer dans nos programmes de façon efficiente ? C’est ce que nous avons cherché à savoir dans ce dossier. Et il en ressort en effet des solutions intéressantes. À condition de ne pas vouloir simplement remplacer une molécule traditionnelle par une autre plus verte.
La question du type de pulvérisation doit aussi se poser
« Dans la pratique, il n’y a pas de solution qui soit véritablement adaptée à un usage solo, pose Éric Chantelot, référent phytosanitaire à l’IFV. Ce sont plutôt des produits que l’on va utiliser en association, pour réduire la dose des piliers, dans les périodes où la pression sanitaire est un peu plus modérée. » Baisser les doses de cuivre des deux premiers traitements, par exemple, pour économiser le produit devenu précieux.
Pour l’expert, raisonner par spécialité devient même obsolète. « On parle de plus en plus de solutions combinatoires, d’approches globales intégrant le matériel végétal, l’inoculum primaire, les OAD, observe-t-il. Les produits de biocontrôle prennent leur sens dans une vision plus large. » Allant également jusqu’à remettre en question les technologies de pulvérisation. Car traiter à 120 litres par hectare avec un pulvérisateur pneumatique fonctionne bien lorsque l’on utilise des produits pénétrants à forte efficacité. Mais cela laisse beaucoup moins de chances aux produits de biocontrôle d’exprimer leur potentiel, déjà plus faible. « Et cela ne devrait pas changer avec la nouvelle vague de produits qui arrivent, prévient Éric Chantelot. Il y a beaucoup de mouvement en ce moment et c’est très positif, mais nous ne voyons toujours pas arriver LA solution idéale dans le pipeline. »