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Neurobiologie végétale
Les surprenants pouvoirs de la vigne

Neurobiologie végétale. L’expression est forte, et un brin provocatrice. Bien sûr, les plantes sont exemptes de neurones et ne disposent pas de cerveau à proprement parler. Pourtant, les végétaux sont dotés d’une certaine forme de mémoire, disposent de nombreux sens et sont même capables de générer des potentiels d’actions, semblables aux signaux électriques qui parcourent les nerfs chez les animaux. Ce qui fait dire à certains scientifiques, l’italien Stefano Mancuso en tête, qu’il existe une forme de « neurobiologie » végétale. Cela ouvre par la même occasion de nouvelles perspectives dans notre façon de travailler avec les plantes. De jeunes entreprises, comme Vegetal Signals en France ou Vivent en Suisse, l’ont bien compris, et s’efforcent de décrypter le langage des vignes. En apprenant à déchiffrer leurs signaux, les intelligences artificielles de ces jeunes sociétés nous permettent de savoir si la vigne a soif, par exemple. Et demain peut-être, d’autres nous permettront d’appréhender les plantes complètement différemment et de changer notre façon de voir l’agronomie.

Vers une agronomie plus subtile, avec une approche systémique

« Les plantes ne sont pas des petites machines qui répondent univoquement à leur génétique et aux conditions du milieu, estime Quentin Hiernaux, chercheur à l'EHESS, au FNRS à l’université libre de Bruxelles et auteur de l’ouvrage " Du comportement végétal à l’intelligence des plantes ? ". On ne peut plus perpétuer cette vision naïve, où l’on regarde la physiologie uniquement à travers le prisme du rendement. » Reste que le front des sciences évolue lentement, même si de plus en plus de scientifiques reconnaissent que les végétaux sont capables de petites prouesses, à l’instar de leurs facultés d’apprentissage. « Il faut dire qu’il y a encore des sujets controversés et que l’on rentre rapidement dans des considérations qui deviennent philosophiques », ajoute l’expert. Si les plantes sont dotées d’une forme d’intelligence, cela signifie-t-il qu’elles possèdent aussi une certaine forme de conscience ? Dès lors, doit-on considérer les végétaux à l’égal des animaux ? Où mettre la limite entre un être sensible et insensible ? Autant de questions sur lesquelles vous pourrez vous forger votre propre opinion, en parcourant notre dossier.

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