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Le vin de demain
Des nouvelles énergies alternatives à l’électricité pour les machines viticoles

À plus ou moins long terme, d’autres énergies comme l’hydrogène ou le méthane pourraient alimenter les engins viticoles.

La société Jos Scholman propose d'injecter de l'hydrogène dans le moteur thermique en combinaison avec le GNR. © New Holland
La société Jos Scholman propose d'injecter de l'hydrogène dans le moteur thermique en combinaison avec le GNR.
© New Holland
Le T6 Methane Power est le premier tracteur commercialisé fonctionnant à 100 % avec du méthane. © New Holland

Si l’électricité permet d’atteindre des performances élevées, la question de l’autonomie des batteries reste entière lorsque l’on envisage de longues journées de travail, incluant des trajets importants et des travaux énergivores. Certains constructeurs ont donc réfléchi à d’autres sources d’énergie, notamment celles pouvant être produites sur l’exploitation. New Holland commercialise ainsi le T6 Methane Power, un tracteur de 180 chevaux doté d’un moteur six cylindres de 6,7 litres roulant au biométhane pouvant être produit sur l’exploitation ou au gaz naturel pour véhicule (GNV). Son coût d’utilisation est annoncé réduit jusqu’à 30 %. Par rapport à son équivalent diesel, les émissions de particules fines sont divisées par 100 et les émissions globales par cinq. Les réserves de gaz sont logées en lieu et place du réservoir classique, mais également sous la cabine, et au besoin dans une réserve additionnelle sur le relevage frontal.

Le dihydrogène ne rejette que de l’eau

Autre concept développé par New Holland, le NH2 a été dévoilé il y a onze ans par New Holland. Le carburant allie du dihydrogène stocké dans des bonbonnes à l’oxygène de l’air. Le tracteur intègre une pile à combustible qui fait réagir l’oxygène et l’hydrogène pour former de la vapeur d’eau en générant un courant électrique. Ce dernier anime deux moteurs électriques offrant une puissance de 100 kW (136 chevaux), l’un pour l’avancement, l’autre pour la prise de force et l’hydraulique. Confronté à plusieurs problèmes comme le coût et la durée de vie limitée de la pile à combustible, le projet est toujours à l’étude et n’aboutira pas à une réalité commerciale avant une décennie.

L'origine du dihydrogène pose problème

Autre souci, l’approvisionnement en dihydrogène. Dans le concept de ferme énergétiquement autonome corrélée au NH2, le dihydrogène est créé par reformage du biométhane produit sur l’exploitation. L’utilisation directe de ce dernier paraît dans ce cas plus logique et moins complexe. Pour le reste, le dihydrogène aujourd’hui sur le marché est produit à 95 % à partir d’énergies fossiles. Le reste est produit par électrolyse de l’eau. Lorsque le dihydrogène est créé à partir d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques – dont la production n’est pas toujours en phase avec les pics de consommation – on parle d’hydrogène « vert ». Le gouvernement, sous l’égide du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Lemaire, a annoncé son intention de développer cette nouvelle filière énergétique sans faire appel à l’énergie nucléaire, le Conseil des ministres européens s’y opposant. Ainsi est née la « Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné en France » intégrant un budget de 7,2 milliards d’euros sur dix ans, Le gouvernement s’est fixé un objectif de 6,5 gigawatts d’électrolyseurs installés en 2030.

Lire aussi " Les machines viticoles en route vers le zéro diesel "

Un mix de dihydrogène et de gasoil

Ce nouveau souffle pourrait orienter les stratégies futures des constructeurs de machines agricoles et donner du crédit au tracteur modifié par la société Jos Scholman, aux Pays-Bas. En collaboration, avec New Holland, elle a construit le T5.140 H2 Dual Power. Avec son toit très imposant logeant cinq bonbonnes contenant chacune 11,5 kg de dihydrogène à 350 bars, ce tracteur doté d’un moteur stage V fonctionne soit avec un mélange GNR-hydrogène, soit uniquement avec du GNR. Au maximum, le mélange contient 65 % de gaz, ce qui permet de réduire les émissions de CO2 de 40 à 45 %. Les bonbonnes stockent suffisamment de gaz pour assurer une journée de 8 heures. Le gaz est produit à l’aide de l’électricité générée par des panneaux solaires de l’entreprise Jos Scholman. Compter tout de même 70 000 euros pour le kit.

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