Des moutons dans les vignes tout au long de l’année
En Nouvelle-Zélande, un domaine a converti une parcelle de guyot en treille pour permettre la pâture de ses vignes en saison végétative. Avec succès.
Comment faire pour profiter des avantages liés à la pâture des moutons dans les vignes tout au long de l’année ? C’est la question que s’est posée le domaine Greystone, en Nouvelle-Zélande. Et la piste explorée est aussi simple qu’efficace : mettre la végétation hors de portée des bêtes. Sur trois ans, une parcelle d’un hectare a été convertie d’un système palissé en espalier à un mode de conduite en treille, courant dans le nouveau monde, en montant le guyot à la verticale et en ajoutant des poteaux avec fils porteurs à 1,80 mètre. Mathéo Boison, en stage à l’institut de recherche néozélandais Bragato, a suivi cette expérimentation dans le cadre de son mémoire de fin d’études à l’Institut Agro Montpellier.
Plus aucun passage de tonte en tracteur nécessaire
« Le domaine est satisfait du résultat, affirme-t-il. Nous avons constaté de nombreux avantages. Les tontes ont été gérées à 100 % par la trentaine de moutons, ce qui a engendré des économies de carburant. Mais aussi de fertilisant, les animaux apportant sept unités d’azote par hectare et par an. De même, les moutons adorent les jeunes pousses de vigne, donc il n’y a plus besoin d’épamprer. » Il a même noté une petite augmentation de rendement, à confirmer sur le long terme, et a calculé que la somme du bilan carbone est moitié moindre que si les deux activités étaient dissociées. Le jeune ingénieur n’a pas relevé de dégât sur les écorces ou les palissages. Le plus gros inconvénient vient de la difficulté à récolter la vendange mécaniquement avec ce type de conduite. « Quelques viticulteurs voisins vont tester également, et Greystone prévoit d’implanter de nouvelles parcelles sur ce modèle », relate Mathéo Boison, qui espère suivre le sujet pour éclaircir d’autres facteurs comme la vie du sol ou la question du cuivre.