Caves coopératives de vinification : suite au rapport du CGAAER, des audits régionaux devraient être lancés
La ministre de l’Agriculture a remis le rapport du CGAAER sur les caves coopératives, aux Vignerons coopérateurs. Voilà ce qu’il faut en retenir.
« Le rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux va dans le même sens que nos constats », résume Joël Boueilh, président des Vignerons coopérateurs. Il confirme en effet que les caves coopératives sont dans la tourmente et ont un fort besoin de restructuration et mutualisation. Elles sont entrées dans la crise un peu plus tard que les vignerons mais sont à présent dans l’œil du cyclone. « C’est dommage que le rapport n’arrive que maintenant, regrette le président, car cela fait deux ans que nous tirons la sonnette d’alarme. »
Hormis ce constat partagé, quelle sera la suite donnée au rapport ? « Le CGAAER propose une série de mesures fortes pour l’accompagnement de la restructuration des caves coopératives : audits, prêts structurels, fonds de soutien à la restructuration des caves coopératives, bonification des dispositifs d’aides existants », énumère le communiqué de presse des Vignerons coopérateurs.
Vers des audits régionaux pilotés par les Dreets
Dans la pratique, « la ministre de l’Agriculture a évoqué le fait que les Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), avec l’appui des conseils régionaux, puissent réaliser des audits dans les caves coopératives de leur région, à l’instar de ce qui a été fait en Nouvelle-Aquitaine », poursuit Joël Boueilh. « J’y crois beaucoup, appuie Anne Haller, directrice des Vignerons coopérateurs. Ces audits sont une nécessité et il faut quelqu’un d’extérieur, qui ne puisse pas être taxé de favoritisme, pour accompagner les caves et les obliger à travailler ensemble. » Reste à savoir quand ils seront réellement lancés.
L’ouverture des prêts garantis par la BPI aux caves coopératives à compter du 20 février 2026, date de la promulgation de la loi de finances, va également dans le bon sens. « Je connais plusieurs caves qui les attendent », glisse Anne Haller. Les critères ont été calés et les seuils précisés : les prêts jusqu’à 3 millions d’euros pourront être accordés pour des périodes de 8 à 12 ans ; ceux jusqu’à 5 millions d’euros seront pour des périodes de 5 à 8 ans maximum. Le remboursement sera garanti à 100 % par la BPI jusqu’au montant maximum de 1 million d’euros. Au-dessus, le taux garanti sera de 70 %.
En revanche, l’enveloppe de 10 millions d’euros d’aide, destinée à la restructuration des caves coopératives, budgétée en 2025 et non délivrée, n’a pas été renouvelée. « La ministre a fait en sorte d’étouffer chaque proposition de député allant dans ce sens lors de l’étude de la loi de finance », fustige Joël Boueilh, déçu.