Aller au contenu principal

fiche biodiversité
Armillaria mellea, responsable du pourridié de la vigne

Armillaria mellea est le principal champignon à l’origine du pourridié, une maladie qui conduit à la mort des ceps. Faute de solution curative, la prophylaxie est indispensable pour éviter la propagation de ce champignon.

Armillaria mellea est un champignon du sol impliqué dans 90 % des cas de pourridié, maladie qui s’étend dans les vignobles de la basse vallée du Rhône, de la Provence, du Languedoc ainsi que d’une partie du Bordelais. « Les parcelles touchées sont en général des parcelles qui ont été plantées sur des friches de garrigue ou des parcelles de vergers, la proximité de bois est également un facteur favorable », observe Pierre Sauris, de l’Inrae de Bordeaux. Après une période d’affaiblissement du cep, Armillaria mellea conduit à la mort de ce dernier. En l’absence de traitement, seul l’arrachage des ceps et le repos du sol peuvent être envisagés pour stopper la dissémination du champignon, qui se fait sous forme de mycélium via les racines. Des précautions sont à prendre également au moment de la création ou de l’extension d’un vignoble.

 

Caractéristiques

Description

Armillaria mellea est un champignon basidiomycète lignicole de la famille des Physalacriacées. Il vit dans le sol et se développe sur les racines de ses plantes hôtes. L’extériorisation de la maladie apparaît plusieurs années après la contamination et se traduit notamment par un changement de couleur des feuilles (avec une évolution en tâches concentriques dans les parcelles), un affaiblissement progressif des ceps (débourrement difficile, croissance ralentie, raccourcissement des entre-nœuds, feuilles atrophiées) ou encore un feutrage blanc sous l’écorce des racines et du collet, qui dégage une odeur de champignon. Quand, à l’automne, le champignon s’extériorise avec des touffes de champignon de couleur ocre miel, cela signifie que l’attaque est avancée et que la mort du cep est proche.

Lutte

Pour combattre le pourridié, dans la mesure où il n’existe plus aucun produit de désinfection des sols autorisé, la seule solution en cas de symptômes est d’arracher les pieds malades et les voisins en espérant délimiter ainsi une zone où Armillaria mellea ne sera plus présent dans le sol et sur les racines. « Pour délimiter la zone, un système de bâches peut être mis en place pour éviter la dissémination du champignon. Toutes les racines doivent être extirpées », explique Philippe Larignon de l’IFV, « la zone malade doit alors fait l’objet d’un repos pendant 3 à 4 ans ».

Prophylaxie

Face à ce fléau qui gagne et menace certaines parcelles de vigne, la prévention s’impose au moment de l’installation ou de l’extension du vignoble. « Il faut être très prudent vis-à-vis de parcelles qui ont été défrichées ou qui sont à proximité de bois, souligne Pierre Sauris, car souvent elles sont infectées par Armillaria mellea et les racines encore présentes pourront à leur tour infecter les jeunes plants. » Il est donc fortement recommandé pour des parcelles à risque de s’imposer quatre à cinq ans de repos cultural, période pendant laquelle il faudra extirper un maximum de racines, réaliser des labours croisés et/ou éventuellement semer un couvert végétal. Un temps long mais nécessaire pour préserver la future vigne du pourridié.

Plantes hôtes arbres fruitiers (pommier, pêcher, poirier, abricotier, cerisier, olivier, noyer, vigne…), arbustes ornementaux et plantes grimpantes (rhododendron, buis, glycine, lilas, rosier, troène…), arbres d’ornement (chêne, marronnier, bouleau, peuplier, érable) mais aussi vivaces ligneuses (jasmin, lavande).

Nom usuel armillaire couleur de miel, car le chapeau du champignon (3 à 20 cm) présente une couleur miel.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Vigne

Les plus lus

L'utilisation du traitement à l'eau chaude est renforcée. © J. Grosman
La lutte contre la flavescence dorée redéfinie par un nouvel arrêté
Un arrêté publié au Journal Officiel le 27 avril 2021 définit les méthodes de surveillance et de protection de la vigne contre la…
Un semoir à engrais verts pour chenillette fait maison
Teddy Martin, viticulteur à Janvry dans la Marne, a confectionné un semoir à engrais verts pour sa chenillette, sur la base d’un…
L'entreprise Alatache rend possible le travail du sol sur des parcelles inaccessibles aux machines grâce au treuil. © X. Delbecque
Des solutions pour mécaniser les vignes en fortes pentes
La chambre d’agriculture de l’Ardèche a organisé en avril dernier une journée consacrée aux solutions pour les fortes pentes.…
7 chiffres à retenir sur la viticulture bio en 2020
L’Agence bio a dévoilé son rapport sur le marché du bio à la production et à la consommation en 2020. Le vin fait toujours partie…
Éric Moëc, ingénieur œnologue chez Badet Clément, réserve la bioprotection aux raisins vendangés à la main. Il s'agit des raisins issus d'un domaine que la Maison de négoce possède en propre.  © J. Gravé
La bioprotection, indissociable des itinéraires de vinification sans sulfites ?
Les levures non-Saccharomyces, ou bioprotection, sont presque systématiquement prescrites dans les itinéraires sans sulfites.…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole