Aller au contenu principal

Pesanteur estivale
5ème directive nitrates : la CNAOC attend toujours

Une nouvelle version de la directive nitrates doit être proposée par la France, qui vient d'être condamnée par Bruxelles pour sa mauvaise application de l'actuelle directive (91/676/CEE). Rédigée sans concertation avec le vignoble, elle limite les conditions d'épandage d'engrais à un point tel que même la viticulture bio pourrait poser problème dans certaines zones.

La nouvelle directive pourrait interdire jusqu'à l'épandage d'écorces, pourtant utiles dans la lutte contre l'érosion.
La nouvelle directive pourrait interdire jusqu'à l'épandage d'écorces, pourtant utiles dans la lutte contre l'érosion.
© P. Jacquinot

Le lièvre avait été levé par le SGV de la Champagne dès le début de l'année, la CNAOC s'est saisie du dossier début juin en envoyant une lettre à Stéphane Le Foll, et depuis…rien, ou si peu.

Petit rappel : le 31 janvier 2013, le Ministère de l'Ecologie proposait un projet d'arrêté "relatif au programme d'action national à mettre en oeuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole". Pour les zones sensibles, ce texte prévoit, entre autres :

- L'interdiction de l'épandage d'engrais de type II (organo-minéraux et organiques dont le C/N est inférieur à 8 ) sur les parcelles dont la pente dépasse 10%, 15% si la parcelle est équipée de dispositifs du type bande enherbée pérenne, talus…

- L'interdiction de l'épandage d'engrais de type I (amendements organiques, amendements de masse et organiques dont le C/N dépasse 8) et de type III (minéraux) sur des parcelles dont la pente dépasse 15%, 20% si la parcelle est aménagée contre le ruissellement.

- L'interdiction de l'épandage d'engrais de type I et II (organiques) à moins de 2m d'un cours d'eau, et à moins de 35m pour les engrais de type III (minéraux).

- L'interdiction de tout apport d'engrais sur sol gelé.

 

Ces mesures ont fait bondir les professionnels, qui ont opposé des arguments techniques aux autorités, sans grand succès jusqu'ici. Le cabinet du Ministre a simplement répondu qu' "une exclusion de la vigne de ces mesures n'est pas envisageable", mais qu'une expertise était en cours afin "d'approfondir les enjeux et solutions adaptées". Les conclusions de cette expertise seront connues à l'issue d'une consultation publique.

La CNAOC, dans sa lettre au Ministre datée du 10 juin, rappelle que ces mesures, aberrantes sur un plan agronomique et peu efficaces sur le plan environnemental, menacent la pérennité d'entre 40 et 65% de l'appellation champagne, des 2/3 des appellations autour de Sancerre, 1/3 du vignoble alsacien, le beaujolais, la vallée du Rhône, les côtes de Provence… Depuis, c'est le silence radio

Une consultation publique doit se tenir dans les semaines à venir. Le moment venu, la CNAOC invitera le plus largement possible les vignerons à y participer.

 


Mise à jour le 30/07/2013 à 17h00

La consultation publique est lancée depuis peu (voir ce lien)

Le projet d'arrêté est consultable ici.

La CNAOC a annoncé "avoir transmis l'information à ses fédérations régionales, qui réagiront librement à ce projet de texte".


Le SGV quant à lui propose une lettre-type disponible ici, dont le texte est à copier-coller dans la zone prévue sur le site du ministère de l'environnement.

La clôture de la consultation est prévue le 10 septembre.

Les plus lus

<em class="placeholder">Bruno Laffitte, chef de culture des Vignobles Jaubert, 150 hectares à Ladaux, en Gironde</em>
En Gironde : « L’autopalissage des vignes nous fait économiser 75 000 euros de prestation de levage »

Bruno Laffitte, chef de culture des Vignobles Jaubert, 150 hectares à Ladaux (Gironde), expérimente depuis trois ans l’…

<em class="placeholder">Oscar Wohleber, prestataire de services à cheval, vigneron et salarié viticole à Andlau dans le Bas-Rhin, avec John, son cheval comtois</em>
Diversification viticole en Alsace : « Je m’assure un revenu entre ma vigne, mon cheval et mon patron »

Fils de vigneron alsacien, Oscar Wohleber est passé par la mécanique moto avant de revenir vers la viticulture, malgré la…

<em class="placeholder">Charles Lebecq, viticulteur en Charente</em>
En Charente : « J’économise 1 000 euros par hectare de vigne avec la taille rase de précision »

Charles Lebecq, viticulteur sur 60 hectares à Criteuil-la-Magdeleine, en Charente, a converti 20 hectares en taille mécanique…

<em class="placeholder">Panorama du vignoble de Sancerre </em>
Prix des vignes 2025 : quelles évolutions par région ?

Le prix des vignes fait le grand écart en 2025, entre les bassins qui souffrent de la crise et ceux qui ont encore le vent en…

<em class="placeholder">Davy Chodjaï, consultant viticole en Gironde chez Cambium</em>
En Gironde : « Il est possible de mettre la vigne en pause le temps de sortir de la crise »

Davy Chodjaï, consultant viticole chez Cambium, en Gironde, estime qu’une solution pour faire le dos rond quelques années peut…

<em class="placeholder">Scarabée Popillia japonica</em>
Ravageurs : Popillia japonica identifié dans le Doubs, la Côte-d'Or et sur la Côte d’Azur

La menace que fait planer Popillia japonica sur nos cultures se fait chaque jour plus prégnante. Après les deux individus…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole