Vers de la grappe : comment lutter contre ces ravageurs de la vigne ?
Les vers de la grappe figurent parmi les principaux ravageurs de la vigne. Eudémis, cochylis, eulia et Cryptoblabes gnidiella peuvent provoquer des dégâts sur les raisins et favoriser le développement de pourritures. Identification des espèces, seuils d'intervention, traitements insecticides, solutions de biocontrôle et confusion sexuelle : découvrez les moyens les plus efficaces pour protéger votre vignoble.
Les vers de la grappe figurent parmi les principaux ravageurs de la vigne. Eudémis, cochylis, eulia et Cryptoblabes gnidiella peuvent provoquer des dégâts sur les raisins et favoriser le développement de pourritures. Identification des espèces, seuils d'intervention, traitements insecticides, solutions de biocontrôle et confusion sexuelle : découvrez les moyens les plus efficaces pour protéger votre vignoble.
Quels sont les vers de la grappe nuisibles présents dans le vignoble français ?
Il existe trois espèces de tordeuses dans les vignes françaises : eudémis (Lobesia botrana), cochylis (Eupoecilia ambiguella) et eulia (Argyrotaenia pulchellana).
Ces ravageurs de la vigne sont des insectes lépidoptères (papillons) de la famille des tortricidae.
Les vers de la grappe eudémis, cochylis et eulia
Cochylis évolue plutôt dans les vignobles septentrionaux, les œufs et les jeunes larves de cochylis supportant très mal les hygrométries inférieures à 60-70 %.
Eudémis préfère les zones méridionales. Pourtant, avec le réchauffement climatique, le ravageur étend son aire de répartition jusqu’en Champagne et en Alsace.
Lire aussi : L’eudémis, future plaie des vignobles septentrionaux
Cochylis est un ravageur décrit dans le vignoble français depuis des siècles. Eudémis, quant à elle, a colonisé l’Hexagone au tout début du 20e siècle. L’arrivée d’eulia est encore plus récente, dans les années 1950. Cochylis et eulia font généralement deux générations durant l’été. Il est courant d’observer trois générations chez eudémis, voire quatre.
L’autre vers de la grappe que l’on peut retrouver en France
En parallèle de ces trois tordeuses, on trouve en France un nouveau vers de grappe à la nuisibilité significative : Cryptoblabes gnidiella. Ce lépidoptère appartient à la famille des pyrales. Détecté il y a une vingtaine d'années, ses dégâts sont notables depuis 10 ans. Présente sur le littoral méditerranéen, Cryptoblabes gnidiella, également appelée pyrale du Daphné, progresse à l’intérieur des terres dans le Languedoc-Roussillon, la Provence et la vallée du Rhône.
D’après une étude menée par l‘IFV, “les premiers dégâts significatifs ont été observés dans des vignes à moins de 5 km de la mer en 2010. La seconde observation a été faite sur des vignes à 27 km du littoral en 2014, puis 41 km en 2019, 67 km en 2020, 80 km en 2022, 96 km en 2024.” Sa présence a par ailleurs été confirmée dans le bordelais en 2025.
Quels dégâts provoquent les vers de la grappe sur la vigne ?
Tous les vers de la grappe sont nuisibles au stade larvaire, lorsque l’insecte est une chenille phytophage.
Cas des tordeuses
Pour les tordeuses, les chenilles de première génération dévorent les boutons floraux qu'elles assemblent par des fils de soie en « glomérules ». Les dégâts de cette attaque sont généralement négligeables.
Les générations suivantes de chenilles perforent les grains en cours de maturation. Les blessures favorisent l’installation de pourriture grise (Botrytis cinerea) et d’autres pourritures secondaires responsables de goûts moisis terreux (GMT) ou de la production d’OTA (ochratoxine A).
Des insectes ravageurs secondaires peuvent aussi profiter des blessures de la baie. C'est le cas des drosophiles qui y pondent et initient l'installation de la pourriture acide. (https://ephytia.inra.fr/fr/C/7022/Vigne-Degats-et-nuisibilite).
Selon le niveau d’infestation, la présence de chenilles des tordeuses entraîne des pertes de rendement plutôt faibles et surtout affecte la qualité du vin.
Cas de la pyrale cryptoblabes
Contrairement aux tordeuses qui s’attaquent aux baies encore vertes, Cryptoblabes gnidiella s’attaque aux baies à partir de la véraison. Les parcelles à la vendange altérée par la présence d’eudémis ou d’oïdium sont une cible de prédilection pour ce ravageur. Attiré par le sucre, la présence de cochenille favorise le développement de ce ravageur.
Les blessures provoquées par les larves favorisent le développement de pourritures. Une forte attaque peut conduire à la momification des grappes.
Selon le niveau d’infestation, la présence de chenilles de pyrale entraîne des pertes de rendement et affecte la qualité du vin.
Eudemis, cochylis, eulia, cryptoblabes : Comment différencier les vers de grappe ?
| Œuf | Larve | Papillon | ||||||
| Forme | Taille | Couleur | Taille | Couleur | Remarque | Taille | Couleur | |
| EUDEMIS | lentille | environ 0,65 mm | translucide puis jaunâtre | max. 9 mm | corps longiligne jaune verdâtre avec une tête beige | larve vive | 5 à 8 mm de long / 10 à 13 mm d'envergure | ailes antérieures claires marbrées de taches brunes / ailes postérieures grisâtres |
| COCHYLIS | lentille | 0,6 à 0,9 mm | Gris-jaune puis avec des taches orange | max. 12 mm | corps orange avec une tête noire | larve à mouvement lent | 6 à 7 mm de long / 12 à 15 mm d’envergure | corps couleur jaune ocre / ailes antérieures barrées d’une bande marron très foncé |
| EULIA | jaune-citron virant au brun-clair | max.15 à 18 mm | corps et tête vert clair parfois légèrement brunâtre | 12 à 17 mm d’envergure | ailes antérieures présentant une alternance de bandes brunes et de bandes claires / ailes postérieures gris argenté à franges blanchâtres. | |||
| CRYPTOBLABES | ovale | 0,7 x 0,45 mm | couleur blanche puis jaune | 10 à 12 mm au dernier stade
| Corps jaunâtre à gris foncé, avec des bandes longitudinales | Larve vive | 15 à 20 mm env | Ailes antérieurs grisâtres avec de petites mouchetures plus foncées, postérieures blanchâtre. Longueur de l’aile 5 à 6,5 mm. |
Le cycle de développement des différents vers de la grappe
Quel est le cycle de développement du vers de la grappe eudémis ?
Le cycle de développement d’eudémis comprend quatre stades : œuf, larve (chenille), chrysalide et adulte. Il hiverne au stade de chrysalide sous l’écorce des ceps ou dans les débris végétaux. Au printemps, les adultes émergent, s’accouplent et pondent sur les inflorescences. Les larves de la 1ʳᵉ génération se nourrissent des fleurs. En été, une 2ᵉ génération apparaît : les chenilles attaquent les baies de raisin. Une 3ᵉ génération peut se développer en fin d’été et provoquer d’importants dégâts sur les grappes mûres, favorisant des maladies comme le Botrytis cinerea (pourriture grise). En France, l’espèce réalise généralement deux à trois générations par an, selon les conditions climatiques.
Quel est le cycle de développement du vers de la grappe cochylis ?
Le cycle de cochylis comporte lui aussi quatre stades : œuf, larve (chenille), chrysalide et adulte. L’espèce hiverne au stade de chrysalide dans un cocon caché sous l’écorce des ceps ou dans les débris végétaux. Au printemps, les papillons émergent et pondent leurs œufs sur les inflorescences. Les larves de la première génération se nourrissent des fleurs. Une seconde génération apparaît en été : les chenilles attaquent les baies de raisin et peuvent favoriser l’apparition de maladies comme le Botrytis cinerea (pourriture grise). En général, cochylis réalise deux générations par an, parfois une troisième dans les régions plus chaudes.
Quel est le cycle de développement du vers de la grappe cryptoblabes ?
Il comprend quatre stades : œuf, larve, chrysalide et adulte. L’insecte hiverne le plus souvent au stade larvaire ou chrysalide dans les débris végétaux, sous l’écorce ou dans des grappes sèches. Au printemps, les papillons émergent, s’accouplent et pondent leurs œufs sur les grappes ou sur des zones riches en sucres. Les œufs éclosent après quelques jours et donnent des larves qui se nourrissent des baies abîmées ou en maturation. Après leur développement, elles se transforment en chrysalides puis en adultes. Selon les conditions climatiques, l’espèce peut réaliser environ 3 à 4 générations par an et ses attaques peuvent favoriser l’installation de Botrytis cinerea.
Quels sont les insecticides conventionnels autorisés contre les vers de grappe ?
Cas des tordeuses
La lutte conventionnelle contre les tordeuses de la vigne (eudémis, cochylis, eulia) nécessite généralement de 1 à 3 traitements insecticides.
Les substances homologuées, en 2026, avec ZNT aquatique de 20 mètres sont :
- Emamectine (Affirm)
- Chlorantraniliprole (Coragen)
Et dans la famille des pyréthrinoïdes, avec une ZNT aquatique de 50 mètres, on retrouve :
- Lambda-cyhalothrine (Lambdastar, Karaté Zéon, Karis 10 cs, Karakas ...)
- Deltaméthrine (Decis Protech, Deltastar)
- Cyperméthrine (Cythrine Max et L, Sherpa 100 EW)
- Etofenprox (Trebon 30 EC, Uppercut)
L’émamectine et le chlorantraniliprole sont à positionner dès le début de la ponte jusqu’au stade tête noire, c’est-à-dire environ à 24 h avant l’éclosion de l’œuf.
Toutes les autres solutions s’appliquent plus tardivement, au début des premières éclosions.
| Action de choc (en jour) | Persistance d'action (en jour) | |
| Emamectine | 14 | 21 |
| Chlorantraniliprole | 14 | 21 |
| Lambda-cyhalothrine | 7 | 14 |
| Deltaméthrine | 7 | 14 |
| Cyperméthrine | 3 | 12 |
| Etofenprox | - | 21 |
Source : Pierre Bousquet. Action de choc : âge maximum des insectes pouvant être éliminé par l'insecticide. Persistance d’action : durée en jours pendant laquelle le produit est efficace à partir du jour J: première éclosion ou ponte. “-” L’étofenprox n’a pas d’action de choc.
Attention : des substances encore récemment homologuées, comme le tébufénozide (Confirm) et le spinétoram (Radiant), ne sont plus autorisées contre les tordeuses de la vigne.
Cas de la pyrale Cryptoblabes gnidiella
Pour lutter contre la pyrale du Daphné, un ou deux traitements sont nécessaires avec des insecticides de synthèse.
La matière active homologuée la plus utilisée est l’émamectine, d’après l’enquête terrain menée par l’IFV en 2024. Le coût du produit est estimé à 48 € HT /ha pour 21 jours de protection.
La lambda-cyhalothrine et la deltaméthrine sont employées de manière secondaire, souvent en alternance avec l’émamectine. D’autres matières actives ont une homologation sur Cryptoblabes gnidiella : chlorantraniliprole, étofenprox.
Lire aussi : Cryptoblabes gnidiella : comment lutter contre ce ravageur de la vigne ?
Le papillon de la pyrale du Daphné pond des œufs le long de la rafle et des pédicelles. Pour réussir son traitement insecticide contre Cryptoblabes, il est conseillé de viser les grappes, de passer tous les rangs face par face avec assistance d’air et de bien mouiller pour pénétrer le cœur des grappes (volume de bouillie supérieur à 200 l/ha).
Quelles sont les meilleures conditions d’application des insecticides contre les vers de grappe ?
Les papillons d’eudémis et de cochylis déposent leurs œufs sur les boutons floraux puis sur les baies de raisin. L'application doit donc être localisée sur la zone fructifère. “ Si le traitement est effectué sur l'ensemble de la végétation, cela revient à n'appliquer qu'un tiers de la dose du produit sur la zone à protéger. Les traitements contre ces tordeuses ne doivent donc pas être appliqués simultanément avec un traitement de couverture générale (mildiou, oïdium, acariens)”, prévient l’IFV.
L'insecticide n'a aucune utilité s'il est déposé en dehors de la zone fructifère, sauf pour eulia dont les chenilles sont présentes sur l'ensemble du feuillage. Pour cette tordeuse, l’ensemble du plan de palissage est à traiter.
Pour améliorer l’efficacité des insecticides de contact, il est conseillé d’utiliser un volume d’eau suffisant (minimum 150 l/ha). Aussi, pour assurer une répartition homogène de la pulvérisation sur les grappes, chaque face du rang doit être directement traitée.
Pour les traitements insecticides contre les vers de grappe, l’IFV conseille d’utiliser des pulvérisateurs face par face et d’obturer les buses ou diffuseurs situés en dehors de la zone fructifère. D’autres conseils de pulvérisation sur ce lien.
Quels sont les moyens de lutte bio homologués contre les vers de grappe ?
Les insecticides AB contre les vers de la grappe
Les deux insecticides autorisés contre les vers de grappe sont :
- Bacillus thuringiensis (Bt) kurstaki (Dipel DF, Delfin, Bactura DF…) avec une ZNT aquatique de 5 mètres.
- Spinosad (Fycilia, Success 4), avec une ZNT aquatique de 20 mètres.
Pour le spinosad, deux traitements sont autorisés par campagne. Pour précision, la présence de Cryptoblabes gnidiella dans une parcelle de vigne ne concurrence pas les autres tordeuses. Cryptoblabes et eudémis peuvent cohabiter et se succéder. Et les périodes de traitement ne se superposent pas nécessairement.
Dans ces parcelles, deux voire trois applications insecticides AB contre la pyrale sont couramment réalisées par les viticulteurs bio d’après l’enquête CG IFV 2024. Cyril Cassarini, conseiller viticole à la chambre d’agriculture du Gard conseille donc : “de réserver l’insecticide à base de spinosad pour le contrôle de cryptoblabes avec un premier traitement à la véraison et de gérer eudémis par la confusion sexuelle. À l’approche des vendanges, si la pression cryptoblabes est encore forte, une application de Bacillus thuringiensis peut prendre la suite du spinosad”.
Les lâchers de trichogrammes contre les vers de la grappe
Les trichogrammes sont des micro-hyménoptères parasitoïdes. La larve de cet insecte auxiliaire colonise l’œuf des vers de grappe pour s’en nourrir et s’y développer.
En pratique, des diffuseurs contenant des œufs de trichogrammes sont à poser dans les parcelles.
Lire aussi : Utilisation du biocontrôle contre les tordeuses de la grappe
Incompatible avec l’utilisation de soufre et d’insecticides (naturels et de synthèse), la lutte biologique par trichogrammes n’est pas utilisée contre les tordeuses de la vigne.
L’émergence de Cryptoblabes gnidiella, ravageur plus tardif, relance cette solution de biocontrôle à l'IFT nul. Comptez 85€ HT par lâcher. Deux lâchers voire trois sont nécessaires pour bien contenir la présence des cryptoblabes, soit un coût de 170€ HT à 255 € HT par hectare, selon la chambre d’agriculture de l’Aude.
| Action de choc (en jour) | Persistance d’action (en jour) | |
| Spinosad | 3 | 7 |
| Bacillus thuringiensis (Bt) kurstaki | 1 | 10 |
| Trichogramme | - | 14 |
Source : Pierre Bousquet. Évaluation de l’efficacité des moyens de lutte biologiques contre Eudémis (Lobesia botrana Den. et Schiff.) au sein de la Société Coopérative Agricole Les Vignerons du Madiran.
Action de choc : âge maximum des insectes pouvant être éliminé par l'insecticide
Persistance d’action : durée en jours pendant laquelle le produit est efficace à partir du jour J: “1ière tête noir” pour les tordeuses,
“-” Trichgramme n’a pas d’action de choc
La confusion sexuelle contre les vers de la grappe
La confusion sexuelle est une méthode de lutte biologique. Elle repose sur la perturbation de la reproduction des insectes cibles grâce à la saturation de l’air en phéromones. Désorientés, les papillons mâles ont du mal à localiser les femelles. Résultat : moins d’accouplements, moins d’œufs, et donc moins de chenilles.
Depuis 1995, la confusion sexuelle a fait ses preuves contre eudémis, cochylis et eulia.
En 2025, près de 94 000 hectares de vigne étaient protégés par confusion sexuelle.
Les phéromones peuvent être employées de différentes manière : diffuseurs, spray, pulvérisation, agrafe, gel...
La pose des diffuseurs passifs se fait au printemps, sur les fils de palissage, avant le début du premier vol, à raison de 250 à 500 diffuseurs par hectares. Pour être efficace, cette méthode doit se faire sur une superficie minimale de 5 hectares d’un seul bloc. Certaines solutions sont biodégradables (gamme Biootwin de CBC Biogard), d’autres non. En fin de campagne, les diffuseurs sont alors à retirer des parcelles. Les produits disponibles sont Isonet LA plus (cochylis + eudémis + eulia), Biootwin L (eudémis), Biootwin LE et Biotwin L+ (eudémis + cochylis), Rak 2 New (eudémis), Rak 1+2 Mix (cochylis + eudémis)
Les diffuseurs aérosols de phéromones se posent sur les piquets à raison de 2,5 à 4 cabines par hectare. Les produits disponibles sont Mister L (eudémis), Mister LE (eudémis + cochylis), Checkmate Puffer LB (eudémis) et Checkmate Puffer LB/EA (eudémis + cochylis).
D’autres modes de diffusions innovants apparaissent ces dernières années : les gels, qui évitent la dépose (Vynyty); les solutions pulvérisables, qui facilitent l’application (Exployo vit) et les agrafes, qui permettent d’attacher le palissage de la vigne par la même occasion (Lobesia pro clip).
La confusion sexuelle contre Cryptoblabes gnidiella est arrivée récemment sur le marché, et doit encore faire ses preuves d’efficacité cela certains conseillers de chambre d’agriculture.
Il existe deux produits sur le marché : les capsules Cryptotec de SEDQ, à poser en avril sur une grande surface (plusieurs hectares), pour un coût qui avoisine 150 €/ha. Bayer a lancé en 2026 sa version en gel Vynyty avec une phéromone pour Cryptoblabes.
Quand faut-il traiter contre les vers de la grappe ?
Le traitement contre les vers de grappe doit être réalisé au moment où les jeunes chenilles éclosent et commencent à pénétrer dans les inflorescences ou les grappes, car elles deviennent ensuite beaucoup plus difficiles à atteindre. La décision d'intervention repose généralement sur le suivi des vols de papillons à l'aide de pièges à phéromones, complété par des observations de terrain permettant de repérer les pontes et les premières éclosions. En viticulture raisonnée ou biologique, il est recommandé d'intervenir uniquement lorsque les seuils de risque sont atteints afin de préserver les auxiliaires naturels du vignoble.
Quels sont les seuils d’intervention pour eudemis et cochylis ?
Pour la première génération, le traitement pour être envisagé s’il y a eu des dégâts significatifs sur la récolte précédente et que les résultats de saumurage donnent au moins 80 larves pour 100 inflorescences. Pour la deuxième génération, l’intervention est nécessaire si le bilan de la première génération est supérieur à 10% de glomérules ou si les pontes de deuxième génération sont supérieurs à 5 à 10%. Idem pour la troisième génération
Quels sont les seuils d’intervention pour cryptoblabes ?
Sur les parcelles peu sensibles : l’intervention est à envisager à partir du seuil de 15-20 papillons par piège et par semaine dès véraison (juillet)
Sur parcelle très sensible, c’est à dire où il y a eu des dégâts les années précédentes ou si les pièges révèlent de fortes populations, le premier traitement est à positionner avant la fermeture de la grappe. La protection doit être maintenue de la véraison jusqu’aux vendanges.
Quels sont les ennemis naturels des tordeuses de la vigne ?
Les tordeuses sont aussi la proie d’un grand nombre de prédateurs. Là encore différents stades d’eudémis sont ciblés par des punaises, des fourmis, des araignées, des larves de syrphes et de chrysopes, des coccinelles, ou des forficules (Thiery, 2008). D’autres espèces comme des oiseaux ou des chauves-souris chassent les différents stades de tordeuses. On retient particulièrement la pipistrelle commune et le petit rhinolophe (BSV Nouvelle-Aquitaine Vigne, 2020).
Préserver les infrastructures écologiques (haies diversifiées ; bosquets ; arbres isolés ; murets de pierre ; talus végétalisés...) permet de garder les habitats servant de zones d'hivernage et de reproduction pour les auxiliaires.
Il est possible également d’installer des nichoirs pour les mésanges ou les les chauves-souris.