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« Une installation de traite mal nettoyée, c’est vite un cercle vicieux »

La propreté de l’installation de traite influe non seulement sur la qualité du lait et la santé mammaire, mais aussi sur le bon fonctionnement de l’installation de traite et donc sur la qualité de la traite. Un dysfonctionnement au niveau du nettoyage, et tout peut vite déraper. Le point avec Jean-Louis Poulet, responsable de projet R & D Traite à l’Institut de l’élevage.

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"Une installation de traite mal nettoyée fonctionne moins bien, et se nettoie moins bien", explique Jean-Louis Poulet, responsable de projet "R&D Traite" à l’institut de l’élevage
© E. Bignon

Pourquoi est-il si important de bien nettoyer l’installation de traite ?

Jean-Louis Poulet : Une installation de traite bien nettoyée, c’est un lait de qualité et une traite confortable, pour l’éleveur et ses vaches. Si le nettoyage fait défaut, des souillures, organiques ou minérales, peuvent perdurer et deviennent des milieux propices au développement de flores d’altération ou pathogènes. Ces éléments se retrouveront dans le lait ou seront redéposés sur les trayons, avec de possibles répercussions sur la valorisation du lait.

De plus, les installations de traite sont de plus en plus complexes, avec de plus en plus d’électronique embarquée. Mal nettoyées, elles fonctionneront moins bien… Et une machine qui fonctionne mal, c’est une traite qui devient difficile. La dépose automatique des faisceaux trayeurs par exemple, peut être perturbée par un encrassement des capteurs de débit et engendrer des traites agressives et des problèmes de santé mammaire. Il peut aussi y avoir des problèmes de contaminations croisées, entre les vaches, si certains postes de traite sont mal nettoyés et de fait contaminants. De plus, une installation qui ne fonctionne pas bien, se nettoie moins bien. Et lorsqu’elle s’encrasse, un cercle vicieux s’installe, avec des impacts notables.

Lire aussi : Quatre conseils pour bien nettoyer son installation de traite

Quand les éleveurs doivent-ils s’inquiéter ?

J.-L. P. : À la moindre augmentation du niveau de germes totaux dans le lait ou lors de dysfonctionnement de certains éléments lors de la traite, il faut se poser des questions, vérifier l’installation et les paramètres de nettoyage. Comprendre d’où vient la dérive limite aussi les récidives. En règle générale, il vaut mieux ne pas faire une confiance aveugle aux automates, et assister donc au lavage au moins une fois par mois. Il s’agit de s’assurer que le niveau des bidons de produits de nettoyage baisse normalement, que l’eau arrive bien, à bonne température, que les faisceaux trayeurs voient tous passer la solution de lavage, que les consommables comme les tuyaux caoutchoucs sont en bon état… La dégradation des installations est souvent progressive, parfois insidieuse. Plus on corrige les choses tôt, mieux c’est.

Faut-il pour autant aseptiser les installations ?

J.-L. P. : Non, il est possible de n’utiliser les produits désinfectants que ponctuellement, en curatif, afin de conserver les flores utiles dans le lait. Toutefois, cela demande une bonne maîtrise de tous les autres paramètres. À la fois de nettoyage, notamment de détergence, et de gestion du troupeau, avec des animaux qui arrivent les plus propres possibles à la traite. Pour imager : « On ne nettoie pas tout à fait de la même façon une assiette de salade et un plat de cassoulet » ! Et bien sûr, à la moindre dérive, corriger au mieux et utiliser éventuellement un désinfectant, en curatif, pour assainir les circuits.

Vous mettez aussi en avant la nettoyabilité des installations…

J.-L. P. : Oui, la nettoyabilité est un point primordial à prendre en compte lors du dimensionnement et de la mise en place d’une installation de traite, pour des nettoyages efficaces et économes. Il faut aller au plus simple, au plus court, limiter les raccords, les coudes, les longueurs de lactoduc. Ainsi, on consomme moins, eau et produits a minima, et on prend moins de risques de dérives. Il peut être parfois intéressant de faire un trou dans un mur, plutôt que de le contourner, pour un circuit plus direct et donc plus facile à nettoyer. Évaluer et le cas échéant améliorer la qualité de l’eau, à l’aide d’un adoucisseur par exemple peut également être intéressant, pour limiter la complexité et les coûts des nettoyages ultérieurs.

Une légère dégradation du niveau de germes totaux

« Depuis environ un an, nous observons une légère dégradation des niveaux de germes totaux en France, explique Solenn Beaunieux, cheffe de projet qualité du lait au Cniel. Le niveau moyen reste tout à fait acceptable, autour de 25 000 à 30 000 UFC/mL, mais le nombre d’alertes, au-dessus de 100 000 UFC/mL, a augmenté, après des années de stabilité ». Si les raisons précises de cette hausse ne sont pas encore connues, les défauts de nettoyage des installations de traite sont une des hypothèses majeures dans la dégradation des niveaux de germes totaux, avec la gestion du froid à la ferme.

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