Tuberculose bovine : les foyers se multiplient, la ministre annonce un « plan »
Lors de l’assemblée générale de la FNPL, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé l’ouverture de discussions pour mettre en place de nouvelles mesures contre la tuberculose bovine. Les résultats partiels de la campagne de prophylaxie inquiètent.
Lors de l’assemblée générale de la FNPL, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé l’ouverture de discussions pour mettre en place de nouvelles mesures contre la tuberculose bovine. Les résultats partiels de la campagne de prophylaxie inquiètent.
« La maladie progresse », témoigne la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors de l’Assemblée générale de la FNPL le 25 mars à propos de la tuberculose bovine. A date, 51 foyers ont été recensés. « Principalement en Nouvelle-Aquitaine ». Mais les cas se multiplient également en Normandie avec 11 foyers identifiés depuis le début de la campagne de prophylaxie (sept cheptels confirmés dans l'Orne et quatre dans le Calvados, rapportent nos confrères de l’Agriculteur normand).
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Dans ce contexte, Annie Genevard a évoqué un « plan pour mieux indemniser et plus vite » jugeant le cadre actuel obsolète. En cas d’abattage sélectif, l’État doit, selon elle, « accompagner les pertes de lait ». Elle a également insisté sur le rôle de la faune sauvage dans la diffusion de la maladie et sur la nécessité de reconnaître davantage l’action des piégeurs, les blaireaux étant l’un des vecteurs identifiés.
Risque de perdre le statut indemne pour l’export
Si la France dépasse un taux d’incidence de 0,1 %, elle pourrait perdre son statut indemne, indispensable pour exporter les produits laitiers et les viandes. « Nous ne pourrions plus exporter la production que l’on collecte, et pas uniquement le lait cru », s’alarme François-Xavier Huard, président-directeur de la Fnil (industriels laitiers).
Le bilan national du ministère de l’Agriculture fait état de 93 cas en 2025, soit une incidence de 0,07 %. Après une baisse marquée jusqu’en 2004 (sous les 0,04 %), le taux stagne autour de 0,07 % depuis une dizaine d’années. Le seuil de 0,1 % correspondrait à environ 135 élevages.
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« Nous sommes à 0,03% du seuil, c’est une véritable épée de Damoclès », illustre François-Xavier Huard qui regrette le manque de progrès dans la lutte contre la maladie.
Un constat partagé par Ludovic Blin, vice‑président de la FNPL, lors du Salon de l’Agriculture : « Nous pourrions perdre le statut indemne. Il faut se donner les moyens d’éradiquer la tuberculose bovine. »
« Nous ne sommes pas loin de perdre le statut indemne. Il y a encore de la marge mais elle n’est pas énorme, estime également Pascal Le Brun en tant que président de la coopération laitière. Aujourd’hui, la vaccination contre la tuberculose bovine, nous fait perdre le statut indemne, est-ce que la réglementation pourrait changer ? »