Aller au contenu principal

Transmission en volailles : « Nous n’avons pas attendu le dernier moment pour chercher un repreneur »

En Vendée, Anita et Philippe Clautour devraient céder leur élevage Label rouge fin 2024, quatre ans avant la date effective de leur départ en retraite.

Philippe Clautour n'est pas inquiet pour l'après-transmission. Avec son épouse Anita, ils trouveront du travail pour finir d'acquérir leurs droits à la retraite.
Philippe Clautour n'est pas inquiet pour l'après-transmission. Avec son épouse Anita, ils trouveront du travail pour finir d'acquérir leurs droits à la retraite.
© P. Le Douarin

« Dans les années 1980, dix à quinze jeunes s’installaient chaque année sur notre commune d’Aizenay », se remémore Philippe Clautour, qui produit des volailles Label rouge depuis quarante ans. C’est son épouse Anita, qui créa l’élevage la première. Le couple exploite quatre poulaillers en Label rouge de Challans et 60 hectares de SAU, y compris les parcours.

Lire aussi : Comment améliorer l'attractivité de son exploitation à reprendre

Aujourd’hui, la donne a changé dans cette commune comptant 10 000 habitants, mais encore rurale avec sa superficie de 8 200 hectares, dont les deux tiers sont encore à vocation agricole et tournés à 95 % vers l’élevage. Il reste environ soixante-dix sièges d’exploitations, précise Philippe Clautour. Il le sait bien, lui qui est l’adjoint délégué à l’agriculture et à l’espace rural. Constatant depuis longtemps le recul de la population agricole et les difficultés de transmission des exploitations, l’élu se mobilise pour perpétuer l’agriculture communale et installer des jeunes.

Lire aussi : Transmission en volailles : « Notre salarié est devenu notre associé »

Aussi, à titre personnel, « je n’ai pas voulu attendre le dernier moment pour commencer à chercher un repreneur ». Âgés tous deux de 58 ans au début de l’année 2022, Anita et Philippe ont démarré les démarches, quitte à céder leur ferme et leur maison bien avant la retraite. « Nous ne sommes pas inquiets pour l’après transmission. Nous arriverons à trouver du travail pour achever d’acquérir tous nos droits. »

L’accord de la banque est décisif

En deux ans, le couple a reçu trois propositions sérieuses. « Le premier candidat n’a pas eu l’accord bancaire. Nous avons alors changé de tactique, en coupant la ferme en deux lots : d’un côté la maison et de l’autre l’exploitation, même si nous sommes persuadés que l’idéal est d’avoir les deux à proximité. D’autant qu’il devient difficile de trouver un logement dans notre secteur. » Un second repreneur ne voulait que les terres. « Pas question de démembrer l’exploitation : le foncier avec l’élevage ou rien. »

Philippe est en négociation avec un troisième repreneur, un couple non issu du milieu agricole. « Il est aussi extra-régional, mais avec une formation agricole et une petite expérience. Notre élevage entouré des terres pour l’épandage les intéresse. » Les pourparlers ont bien démarré ; les repreneurs ont rencontré les partenaires de Philippe et Anita Clautour (notamment la coopérative et la Safer(1)). En revanche, « ils doivent encore présenter le dossier à leur banque », avance Philippe qui sait bien que cette rencontre sera décisive. Si ce projet va à son terme, Philippe et Anita Clautour accompagneront les repreneurs via un parrainage, ou quelque chose qui y ressemble. « On veut bien leur donner un coup de main, mais sans excès. Si tout se passe bien, on sera partis fin 2024. »

(1) Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural

Les plus lus

<em class="placeholder">Olivier Le Gal, installé à Moustoir-Ac dans le Morbihan : « En traitant les œufs des lots plus compliqués, la casserie nous aide à mieux maîtriser le risque de ...</em>
« La durée de ponte de mes poules pondeuses progresse d’une semaine chaque année »

Olivier Le Gal dans le Morbihan améliore d’une semaine par an la durée de ponte de ses lots de poules brunes. Ses atouts …

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de la Béharie, Valentin Durand, Pauline Neel et Valentin Neel, entourés d’Alain Salmon (à gauche) et Nicolas Leduc (à droite) des ...</em>
« Nous voulons plus de bien-être dans notre bâtiment de volailles de chair »

Le Gaec de la Béharie dans l’Orne a investi dans un bâtiment Terre-Neuve avec jardin d’hiver afin d’améliorer les conditions d…

<em class="placeholder">Si les souches blanches et rustiques sont les plus adaptées pour l’allongement de la durée de vie des poules, des leviers existent aussi pour les poules rousses et brunes.</em>
Lever les freins à l’allongement de la vie des poules

Lancé en 2024 pour quatre ans, le projet Interreg Omelette vise à identifier et lever les freins à l’allongement de la durée…

Le groupe DanHatch prend la main sur l'entreprise d'accouvage BD France dans le Finistère

Le 25 mars, l'entreprise d'accouvage et de multiplication BD France a annoncé un changement substantiel au sein de son…

<em class="placeholder">carte foyers IAHP</em>
Grippe aviaire : une situation toujours évolutive en France et en Europe

Même si l’épizootie d’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) se situe aujourd’hui à une échelle différente de l’hiver…

<em class="placeholder">Un lot qui reste rentable jusqu’à une réforme tardive devra avoir un taux de perte et d’œufs déclassés suffisamment maîtrisé, au risque de perdre l’intérêt de ...</em>
« L’intérêt économique de prolonger la carrière des poules pondeuses doit être évalué lot par lot et ramené à l’année »

Pour Nicolas Destombes, de Lohmann France, l’intérêt de prolonger la carrière de la poule doit être raisonné pour chaque lot…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)