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SIA 2023 : Les Banques Alimentaires soulignent une forte progression de la précarité alimentaire

En deux ans, plus de 400 000 personnes se sont présentées pour bénéficier de l’aide alimentaire. Les fruits et légumes sont les plus demandés, souvent parce que l’inflation a renchérit leur prix.  

Le Salon de l’Agriculture est aussi synonyme de solidarité : les fruits et légumes de la fameuse Tour FL sur l’espace d’Interfel ont été donnés aux Banques Alimentaires pour redistribution
© Juliette Dumoulin-Tamboise/Twitter

Pendant le Salon International de l’Agriculture 2023, le réseau des Banques Alimentaires a présenté la nouvelle édition de son étude Profils. Elle permet d’établir le profil sociodémographique des personnes accompagnées. Cette étude est réalisée depuis 2012 et menée tous les deux ans auprès des Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) et d’autres associations partenaires du réseau. Cette édition a été réalisée avec l’institut CSA.

Les fruits et légumes très demandés

A la fin de l’année 2022, le réseau constatait une hausse de 9% de la demande d’aide alimentaire. En moins de deux ans, 400 000 nouvelles personnes se sont présentées dans les associations partenaires du réseau. Pour deux tiers des personnes interrogées, l’aide alimentaire est jugée «essentielle, dont on ne peut pas se passer ». Ce critère accuse une progression de + 15 points par rapport à 2020.

Désormais, près de 6 personnes sur dix se présentent à une association d’aide alimentaire deux fois par semaine (+6 % vs 2020). de nouvelles catégories de personnes en état de précarité alimentaire émergent : les « travailleurs pauvres » et les retraités. 17% des personnes accueillies sont à la retraite  et 17% d’entre elles ont un emploi (dont  60% à temps partiel). Les personnes souhaitent en priorité avoir accès aux produits qui pèsent sur leur budget : les fruits et légumes et produits protéinés (viande, poisson, œufs). Ces attentes renvoient aussi à un enjeu d’équilibre nutritionnel majeur (71% des personnes déclarent au moins un problème de santé)

Outremer : un constat encore plus qu’alarmant  

Par ailleurs, une « étude flash » a été mené sur l’impact de l’inflation sur les bénéficiaires des Banques alimentaires dans le domaine outremer, spécifiquement en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. La situation de ces départements est différente de celle de la métropole car ils sont fortement dépendant de l’importation de denrées alimentaires, qui renchérit les couts.

Le budget alimentaire journalier des personnes accompagnées par les Banques Alimentaires accuse aussi des différences. Il est en moyenne de 3,70 euros en Martinique, 3,40 euros en Guadeloupe et 3,10 euros à La Réunion. Pour mémoire, il est de 4,80 euros en métropole. Parallèlement. Selon l’étude flash, les prix de l’alimentaire, deuxième poste de dépenses, auraient progressé de 14% en un an.

La plupart des personnes interrogées n’ont pas été en mesure de renforcer leur budget alimentaires. Du coup, elles se sont reportées sur les produits les moins onéreux (90% des interrogés). Dans ce contexte, les achats de légumes ont très fortement chuté, suivis par les produits carnés.

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