Aller au contenu principal

S-métolachlore : que demande Marc Fesneau à l’Anses ?

Suite aux critiques ayant suivi sa déclaration au congrès de la FNSEA, le ministre de l’Agriculture explique dans une tribune sa position et publie la lettre adressée à l’Anses à propos de l’herbicide.

Marc Fesneau le 30 mars 2023 au congrès de la FNSEA
Marc Fesneau le 30 mars 2023 au congrès de la FNSEA
© compte twitter Marc Fesneau

Le 30 mars, Marc Fesneau déclarait devant le congrès de la FNSEA : « L’Anses n’a pas vocation à décider de tout, tout le temps, en dehors du champ européen, sans jamais penser les conséquences pour nos filières ». Avant d’affirmer qu’à propos du  S-métolachlore qu’il avait demandé « une réévaluation de la décision » de l’Anses à son directeur.
 

Une déclaration critiquée

Une petite phrase qui a valu au ministre de l’Agriculture de vives critiques, notamment de la part de l’opposition. « C’est une déclaration extrêmement grave qui porte atteinte à l’indépendance de l’Anses », s’est ainsi scandalisé auprès de l’AFP le député socialiste Dominique Potier, affirmant que cette déclaration remettait en cause « une loi de 2014 qui fait consensus depuis dix ans et qui prévoit que les ministères abandonnent leurs prérogatives pour faire confiance à l’Anses ».

L'ONG Générations Futures a immédiatement dénoncé un « scandale en matière de protection de la santé publique et de l'environnement » alors que l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) a classé cet herbicide comme « substance cancérigène suspectée » en juin dernier. 

Face à ces critiques, Marc Fesneau a publié samedi sur les réseaux sociaux une tribune accompagnée de la lettre écrite le 29 mars à Benoît Vallet directeur général de l’Anses.


Le ministre tente de reposer le débat

Dans sa tribune, le ministre de l’Agriculture explique vouloir « poser correctement le débat » sur les produits phytosanitaires, regrettant d’être « exposé à la caricature ».

Rappelant que la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé au salon de l’agriculture un « plan d'action stratégique pour anticiper le retrait des substances actives potentiellement problématiques » devant concilier souveraineté alimentaire et transition écologique, Marc Fesneau estime que cette planification ne doit « pas introduire une distorsion de concurrence avec nos voisins européens ».

 

Décalage de calendrier entre la France et l’Union européenne

Dans sa lettre à l’Anses, Marc Fesneau souligne que « les travaux sont en cours au niveau européen pour statuer sur la demande de renouvellement de l’approbation du S-métolachlore et l’Autorité européenne de sécurité des aliments a rendu un premier avis le 28 février 2023 ». Ses conclusions sont similaires à celles de l’Anses en ce qui concerne les dépassements des limites paramétriques, et la Commission européenne devrait prochainement prendre une décision sur le renouvellement de l’approbation de la substance. Mais « si la Commission décidait de ne pas renouveler l’approbation, la fin d’utilisation au niveau européen pourrait ainsi intervenir jusqu’à deux ans après la fin d’utilisation au niveau français », poursuit-il.

La fin d’utilisation au niveau européen pourrait ainsi intervenir jusqu’à deux ans après la fin d’utilisation au niveau français

Et c’est sur ce point de calendrier que porte la demande de Marc Fesneau. « Un tel décalage serait peut compréhensible, dans un contexte d’harmonisation des conditions d’autorisation des produits phytopharmaceutiques au sein de l’Union européenne », écrit-il.


L’avis scientifique de l’Anses pas remis en cause

Dans sa tribune, le ministre de l’Agriculture affirme « que l’avis scientifique de l’Anses, tout comme son expertise ou son rôle, n’ont jamais été remis en cause ». « Il est en revanche de notre devoir d’interroger un calendrier qui désormais change au niveau européen ».

Pour rappel l'Anses avait annoncé le 15 février engager une procédure de retrait concernant cet herbicide agricole très utilisé en France sur le maïs, le soja et le tournesol, et dont les dérivés chimiques ont été détectés au-delà des limites autorisées dans des eaux souterraines.

Les plus lus

<em class="placeholder">Moisson des bles dans les plaines cerealieres de la Marne sous la menace de la pluie.</em>
Fonds d’urgence grandes cultures : qui peut en bénéficier et pour quel montant ?
L’État met en place un fonds d’aide d’urgence exceptionnel à destination de la filière grandes cultures. Doté de 35 millions…
<em class="placeholder">Apport d&#039;azote sur blé en sortie d&#039;hiver.</em>
Azote sur blé : quand réaliser le premier apport en 2026 ?

Le premier apport d’azote sur blé se raisonne en s’appuyant sur l’observation des parcelles et les analyses de reliquats…

<em class="placeholder">Agriculteur à la retraite avec son fils conduisant un valet de ferme.  </em>
Cumul emploi retraite agricole : des conditions plus restrictives pour les jeunes retraités

Les conditions de cumul emploi retraite évoluent à compter du 1er janvier 2027, limitant le cumul de la pension de retraite et…

<em class="placeholder">Grandes cultures. céréales. Moisson de l&#039;orge d&#039;hiver. rendement autour de 100 quintaux. moissonneuse batteuse dans la céréale à maturité. chantier de récolte. ...</em>
Bail rural : le recours excessif à un prestataire de travaux agricoles prive le fermier de son droit de préemption

La Cour d’appel de Reims vient de refuser le droit de préemption à un locataire qui avait recours à une entreprise pour des…

<em class="placeholder">Fabrice Duflo, agriculteur à Astaffort (Lot-et-Garonne)&quot;Le analyses de sève sont intéressantes, couplées avec des analyses de terres pour faire le distinguo de ce qu’il ...</em>
Analyse de sève : « J’ai amélioré mon rendement en blé de 7 quintaux par hectare dans un essai en corrigeant une carence en fer »
Producteur à Astaffort (Lot-et-Garonne), Fabrice Duflo a testé pour la première fois l'analyse de sève sur un blé, avec un…
<em class="placeholder">Alexandre Hatet, chambre d&#039;agriculture des Pays de la Loire et Bertrand Leroux-Coyau, agriculteur à Ballon-Saint-Mars (Sarthe),Le passage au semis direct doit permettre à ...</em>
Organisation du travail : « Je suis passé au semis direct d’abord dans un objectif de gain de temps sur mon exploitation dans la Sarthe »

Dans la Sarthe, Bertrand Leroux-Coyau a abandonné le labour pour s’engager dans le semis direct. La recherche de gain de temps…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures