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Quatre bonnes raisons pour stocker jusqu’à un jour de consommation d’eau dans son élevage de porc

Un stockage intermédiaire de l’eau dans son élevage de porc s’avère utile pour bien maîtriser la qualité et les quantités distribuées, mais aussi pour mieux préserver les ressources.

Tous les professionnels de l’eau s’accordent à dire qu’un stockage intermédiaire en élevage équivalent à un jour de consommation moyenne est nécessaire pour assurer une fourniture en eau régulière et de qualité.

Lire aussi : De l’eau en permanence pour tous les porcs

En élevage de porcs, les besoins en eau varient considérablement selon les moments de la journée. Les pics de consommation (lavage des salles, machine à soupe) peuvent parfois être supérieurs au débit de la pompe qui récupère l’eau du puits. Ils réduisent également le temps nécessaire pour les différents traitements physico-chimiques ou biologiques nécessaires avant son utilisation. Enfin, un stockage intermédiaire permet de ne pas faire appel à l’eau du réseau à la moindre panne, voire empêche les ruptures d’approvisionnement si le puits constitue la seule source d’eau.

1-Assurer un débit régulier à tout moment

« La première responsabilité de l’éleveur est de subvenir aux besoins de ses animaux, et notamment à leurs besoins en eau », rappelle Fabien Vautrin, animateur technique d’Eau Sure, marque de Calipro. Malheureusement, il arrive souvent que la pompe qui prélève l’eau du puits soit sous dimensionnée. « Dans le contexte actuel d’augmentation permanente de la taille des élevages, le forage, souvent créé par la génération précédente, n’est plus suffisant pour subvenir aux besoins instantanés d’un nombre plus important d’animaux et d’appareils de lavage et d’alimentation liquide surdimensionnés ». Il constate que sans stockage intermédiaire, il n’est pas rare de voir les débits des points d’abreuvement diminuer fortement pendant un lavage de salle ou bien un remplissage de la machine à soupe. Fabien Vautrin cite notamment des élevages où les porcelets récemment sevrés ne pouvaient pas boire, et donc manger, durant tout le temps que fonctionnait la pompe de lavage des maternités. « Quand le lavage se terminait, les porcelets assoiffés se précipitaient sur l’eau, puis sur l’aliment, ce qui provoquait des diarrhées. Beaucoup de techniciens se sont cassé les dents avant de trouver la solution au problème ! »

2-Eviter un surdimensionnement des installations

Sans stockage intermédiaire, le dimensionnement des pompes doit être calculé sur les besoins instantanés les plus élevés. « Pour un élevage moyen de 300 truies naisseur-engraisseur, une machine à soupe peut demander jusqu’à huit mètres cubes d’eau par heure au moment des repas. Le lavage d’une salle avec une double pompe haute pression à 60 litres par minute nécessite un débit moyen de 3,6 mètres cubes à l’heure ». Si l’éleveur ne veut pas être limité par le débit, il faudrait que la pompe du captage assure un débit d’au moins 12 m3/heure, « soit un débit nominal de 24 m3/heure si on veut éviter une usure prématurée du matériel ». En investissant dans une ou plusieurs cuves permettant de stocker l’équivalent d’une journée de consommation d’eau, (30 m3 pour un élevage de 300 truies), le débit nominal de la pompe du puits peut être réduit à 4-6 m3/heure sans risque de rupture d’approvisionnement. Par ailleurs, un fonctionnement régulier de la pompe réduit les consommations énergétiques. « Nous proposons désormais des pompes à variation dont le principe est de ne jamais s’arrêter. Elles assurent un débit compris entre 10-15 % et 100 % de son débit nominal pour maintenir une pression permanente dans les circuits d’eau ».

3-Assurer un temps suffisant de décontamination

Sans cuve intermédiaire permettant le stockage de l’eau pendant plusieurs heures, les produits de désinfection ne disposent que de la longueur des circuits d’eau dans l’élevage pour agir. « Autant dire que bien souvent, la durée de contact minimum nécessaire pour potabiliser l’eau n’est pas respectée », estime Fabien Vautrin. Par ailleurs, la cuve de stockage située en aval de la potabilisation permet une dilution optimale du principe actif dans l’ensemble du volume d’eau traité. Même constat pour la déferrisation et la démanganisation de l’eau. « Un passage ralenti dans les cuves de filtration améliore le rendement des procédés et permet donc de réduire leur dimensionnement ».

4-Une interface idéale entre les ressources et les utilisations

Les cuves de stockage intermédiaires permettent d'envisager une diversification des ressources en eau notamment en cas d'épuisement du forage ou si une panne survient. Dans ce cas, l'eau de réseau peut directement être raccordée à la cuve par principe de surverse sans risque de contaminer le réseau public avec l'eau de forage. L'utilisation de l'eau de pluie collectée en toiture peut également être envisagée pour réduire les prélèvements de la ressource naturelle. Cette eau peut être utlisée pour le lavage, le trempage, la brumisation  ou le cooling. Elle doit être stockée dans une cuve spécifique, avec la possibilité de recourir à l'eau du forage lors de périodes sans pluie. En sortie de cuve, Eau Sure conseille d’installer un réseau pour chaque utilisation.

 

lire aussi : « En Côtes d'Armor, mes deux cuves stockent un jour de consommation d’eau de mon élevage porc  »

 

Repères

Besoins quotidiens en eau : 10 m3 par jour pour 100 truies et sa suite
Débit d’une double pompe de lavage 2 x 30 litres/mn : 3,6 m3/h
Besoin instantané d’une machine à soupe pour un repas (300 truies NE) : 8 m3/h
Temps de contact minimum pour assurer une bonne potabilisation de l’eau : 30 minutes

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