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Pyrénées-Orientales : deux importantes caves coopératives de vinification en redressement judiciaire

À court de trésorerie, la cave Arnaud de Villeneuve et le GICB, qui représentent 20 % des volumes de la coopération départementale, entrent en procédure de redressement judiciaire.

Cave Arnaud de Villeneuve dans les Pyrénées-Orientales
Malgré la restructuration, la cave Arnaud de Villeneuve ne peut plus assumer ses coûts fixes par manque de volumes
© Y. Kerveno

L’année 2026 aura un goût amer pour la viticulture des Pyrénées-Orientales, avec ces deux nouvelles tombées juste après les fêtes. La mise en redressement judiciaire de deux caves coopératives parmi les plus importantes du département. Il s’agit de la Cave Arnaud de Villeneuve à Rivesaltes et du GICB (Terres de Templiers) à Banyuls-sur-Mer. 

Lire aussi : Pyrénées-Orientales : des assises pour sauver la viticulture catalane

À Rivesaltes, Brice Cassagne, président de la cave, confirme avoir déposé un dossier au tribunal de commerce de Perpignan le 8 janvier. Ce denier a mis sa décision en délibéré au 22 janvier prochain. Les raisons des difficultés sont connues et sont essentiellement liées à la chute vertigineuse de la production pour cause d’aléas climatiques et de sécheresse.

Lire aussi : Sécheresse : la dernière crise viticole pour les Pyrénées-Orientales et le sud de l’Aude ?

 « En 2020 nous avons produit 60 000 hl, se souvient Brice Cassagne. Depuis la chute a été constante jusqu’à 18 000 hl l’an dernier. » Difficile dans ses conditions de maintenir le cap malgré les restructurations engagées. Pour tenter de sortir de l’ornière, Arnaud de Villeneuve s’était rapproché des Celliers du Soleil dans l’Aude, mais là encore, le sort, c’est-à-dire une petite récolte (130 000 hl en 2025 contre 330 000 habituellement) a largement ralenti les discussions. « Les contacts existent toujours et nous discutons aussi avec la cave voisine de Cap Leucate pour essayer de trouver une solution, rapporte-t-il. La procédure de redressement doit pouvoir nous permettre d’avancer rapidement, il faut que des décisions soient prises rapidement, que nous puissions avoir des certitudes avant d’engager nos coopérateurs vers la vendange 2026. » 

20 M€ de dettes accumulées depuis 2002

Pour autant, si la situation de la cave est compliquée à cause de l’absence de trésorerie, le niveau d’endettement est largement couvert par les stocks. Ce qui n’est pas le cas du GICB. Le principal opérateur de l’appellation est plombé par une dette de 20 millions d’euros accumulée depuis 2002 et avait été déjà sauvée, une première fois en 2019 grâce à une conséquente avance de trésorerie de la Région. 

La cave banyulenc qui produit peu ou prou la moitié des volumes du cru, entre 7 000 et 10 000 hl, doit déposer son dossier au tribunal dans les jours qui viennent et espère trouver les partenaires qui permettront de la sauver. Son éventuelle disparition accélérerait sans doute la mutation du cru avec l’abandon rapide de plusieurs centaines d’hectares. Si ces deux caves se trouvent face au mur, d’autres sont aussi en très grande difficulté et le département bruisse de rumeurs.

Lire aussi : Trésorerie : comment passer le cap de la crise viticole ?

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