Aller au contenu principal

Protection des cultures : favoriser les cécidomyies prédatrices de pucerons et d'acariens

Quelques espèces de cécidomyies sont des prédateurs de pucerons et d’acariens. Les favoriser ou les installer, en verger comme en cultures maraîchères sous abri, permet de limiter ces ravageurs.

Les cécidomyies sont de minuscules mouches de 2 à 3 mm de long, reconnaissables aux longues antennes des mâles recourbées vers l’arrière, recouvertes de soies et à leurs longues pattes fines. Si une partie des espèces peut être source de dégâts sur les cultures, quelques espèces sont des auxiliaires. Ainsi, les larves de cinq espèces de cécidomyies sont prédatrices de pucerons. La plus commune, Aphidoletes aphidimyza, se nourrit de tous les pucerons de la famille des Aphididés, soit une soixantaine d’espèces. Une larve d’A. Aphidimyza a besoin d’au moins cinq pucerons par jour pour se développer, mais en tue plus que nécessaire en cas d’abondance, parfois jusqu’à 100 pucerons par jour. Les larves de toutes les cécidomyies du genre Feltiella se nourrissent, elles, exclusivement d’acariens. La plus connue est Feltiella acarisuga. Ses larves consomment jusqu’à 30 acariens ou 80 œufs par jour. Dans la nature, les premières cécidomyies apparaissent au printemps. En été, on les observe dans un grand nombre de cultures. Les larves d’A. Aphidimyza en fin de développement se réfugient dans le sol où elles hivernent dans des cocons recouverts de débris. Les larves de F. acarisuga se nymphosent dans des cocons tissés le long de la nervure des feuilles. Les adultes ailés se dispersent facilement et ont une bonne capacité de prospection. Les femelles d’A. Aphidimyza déposent de 60 à 250 œufs dans les colonies de pucerons. Les femelles de F. acarisuga pondent 100 œufs séparément à la face inférieure des feuilles infestées d’acariens phytophages. Une fois éclosent, les larves ne se déplacent que sur quelques centimètres autour du lieu d’éclosion.

 

A lire aussi : Aubergine et poivron : mettre en œuvre la Protection biologique intégrée contre les ravageurs

 

Moyens de préservation et d’implantation

Température et humidité

Les températures optimales de développement pour A. Aphidimyza sont comprises entre 15 et 25°C. Pour F. acarisuga, elles sont entre 20 et 27°C. Les températures au-dessus de 30°C sont létales. L’humidité relative doit être élevée pour les deux espèces, autour de 80 %. Elle semble avoir un effet majeur sur la mortalité des cécidomyies qui ont une durée de vie plus courte dans des conditions sèches.

Introduction artificielle

Aphidoletes aphidimyza et Feltiella acarisuga sont deux espèces commercialisées sous forme de pupes. Elles sont utilisées en mode curatif, donc la présence des ravageurs est requise. Les pupes sont à déposer sur les foyers ou dans les zones les plus infestées dans des endroits ombragés. Les apports sont à renouveler à une semaine d’intervalle. Il est conseillé d’utiliser d’autres auxiliaires en complément.

Couverture du sol

Les larves d’A. aphidimyza en fin de développement se réfugient dans le sol. Pour que le cycle de cet insecte soit complet et que plusieurs générations se développent par an, le sol ne doit pas être recouvert de paillage plastique ou tissé.

Produits phytosanitaires

Tous les produits ne sont pas compatibles avec l’installation de ces auxiliaires. Des applications phytosanitaires localisées sont à privilégier. Un délai est à respecter, après application phytosanitaire, selon les produits, avant d’introduire ces auxiliaires.

Les adultes se nourrissent de miellat. Nocturnes, ils se cachent le jour dans les plantes ; ils sont donc difficiles à observer. Ils vivent pendant sept à dix jours pour A. aphidimyza et deux à trois jours pour F. acarisuga.

Les cécidomyies préfèrent l’habitat des feuilles les plus basses, où les conditions sont plus sombres et plus humides.

Les larves de cécidomyies injectent une toxine dans leur proie qui les paralyse et dissout leurs organes en moins de dix minutes.

Les larves des deux espèces sont orange transparent et se colorent ensuite en orange, rouge, brun ou gris, suivant leur nourriture.

La durée totale des cycles de développement varie de 30 jours à 15 °C, à moins de 10 jours à 27 °C pour F. acarisuga et de 20 à 25 jours à 20°C pour A. aphidimyza.

Pour en savoir plus :

www6.inrae.fr/encyclopedie-pucerons

Ephytia

Fiche ecophyto par la Serail

Les plus lus

<em class="placeholder">Mise en barquette manuelle de fraises en récolte.</em>
La fraise française veut prévenir une crise conjoncturelle

L’AOPn Fraises Framboises de France se mobilise pour éviter un décalage entre l’offre et la demande de fraises françaises.…

Philippe Goetzmann, consultant, spécialiste des marchés de grande consommation alimentaire.
Consommation : « Les rayons fruits et légumes en grande distribution ne font pas le plein »

Philippe Goetzmann est consultant, spécialiste des marchés de grande consommation alimentaire. Il analyse les évolutions…

<em class="placeholder">Aleurodes Aleyrodes proletella retrouvées sur une jeune feuille de chou-fleur dans le Nord - Pas-de-Calais</em>
Chou en Hauts-de-France et Belgique : la piste de l’argile contre les aleurodes

Depuis 2007, les Hauts-de-France et la Belgique s’allient pour trouver des solutions face à l’aleurode, ravageur de plus en…

<em class="placeholder">Carte d&#039;anomalie : écart à la normale. Moyenne des températures moyennes en °C en France métropolitaine pour le début de l&#039;année 2026</em>
Arboriculture : la floraison menacée par le gel suite aux chaleurs du début d’année

Depuis début 2026, l’écart des températures à la moyenne dépasse les 2 °C dans plusieurs régions du nord de la France. Ce…

<em class="placeholder">Pauline et Stéphane Dreumont, maraîchers dans l&#039;Oise.</em>
Oise : des tournées de vente de légumes pour proposer des petits prix

En gros volumes et à prix bas. Stéphane et Pauline Dreumont, maraîchers dans l’Oise, réalisent des tournées ponctuelles de…

<em class="placeholder">Un rayon fruits et légumes dans un magasin de proximité de centre-ville.</em>
La consommation de fruits et légumes frais au défi de la relance

Des études récentes confirment la tendance baissière de la consommation de fruits et légumes frais observée depuis plusieurs…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes