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Prévention des épizooties : bien nettoyer le matériel partagé en Cuma

La lutte contre les insectes vecteurs de la FCO, MHE et DNC passe par un nettoyage minutieux des matériels, et plus particulièrement de ceux utilisés en commun et au contact des bovins.

<em class="placeholder">Agriculteur qui nettoie une bétaillère avec un nettoyeur haute pression.</em>
L'utilisation d'un nettoyeur haute pression avec suffisamment de débit est indispensable pour nettoyer efficacement les matériels utilisés en commun.
© M. Portier

Dans un contexte de vigilance accrue face aux épizooties touchant les élevages bovins, la rigueur est de mise dans l’utilisation des matériels utilisés en copropriété ou en Cuma. Les bétaillères, cages et couloirs de contention sont en première ligne, mais les matériels d’épandage ou encore les bennes et engins de manutention utilisés pour l’évacuation du fumier sont également concernés. Ces équipements peuvent conserver des résidus de paille, de bouses, de lisier ou de fumier, favorables au développement des insectes vecteurs. Les culicoïdes, impliqués dans la transmission de la FCO et de la MHE, ainsi que les stomoxes et taons, vecteurs de la DNC, trouvent en effet dans la matière organique humide des zones propices pour se nourrir et pondre.

Un nettoyeur avec du débit

Après chaque utilisation l’élimination de ces résidus est donc indispensable. Le recours à un nettoyeur haute pression est incontournable. Pour être efficace, celui-ci doit avant tout offrir un débit suffisant, de l’ordre de 20 à 25 litres à la minute minimum, afin d’évacuer les matières organiques, et pas uniquement une pression élevée. Les zones difficiles d’accès (angles, planchers, recoins) doivent faire l’objet d’une attention particulière. Lorsque les souillures sont sèches ou fortement incrustées, un brossage est souvent nécessaire. L’application d’un détergent peut aussi aider à décoller la matière avant le lavage. Plus rare dans les fermes, le nettoyeur à eau chaude offre également plus d’efficacité pour dissoudre la matière organique. Ce type d’appareil est cependant énergivore et coûteux, à l’achat comme à l’entretien.

Dans le cas de la FCO et de la MHE, aucune contamination directe par contact matériel n’étant démontrée, une phase de désinfection chimique n’est pas forcément justifiée après le nettoyage. Une désinsectisation est suffisante. Par contre, dans le contexte de la DNC, la désinfection se montre pertinente, la transmission pouvant s'effectuer par contact direct ou indirect, via un objet contaminé. Elle est d'ailleurs pratiquée après un dépeuplement. 

Établir un guide de bonnes pratiques

Afin de faciliter la mise en œuvre de ces pratiques, certaines Cuma et groupes d’éleveurs formalisent des règles communes, sous forme d’un guide de bonnes pratiques de nettoyage. L’organisation peut également être améliorée par l’aménagement d’aires de lavage, permettant de travailler dans de bonnes conditions et de récupérer les effluents. Penser aussi à se protéger avec des EPI lors de l’utilisation de produits détergents et désinfectants. Ces derniers doivent être homologués et adaptés au matériel concerné.

 

Sur le web

Fiche pratique élaborée par le GDS France sur la gestion des matériels en commun

« Allier biosécurité et durabilité des machines »

 

 
<em class="placeholder">Yvon Rouxel, président de la Cuma d’Yffiniac dans les Côtes-d’Armor.</em>
© M. Portier

Yvon Rouxel, président de la Cuma d’Yffiniac dans les Côtes-d’Armor

« Notre Cuma dispose d’une bétaillère utilisée régulièrement par une quinzaine d’adhérents. L’organisation est claire : la machine est récupérée propre et doit être rendue dans le même état. Après chaque utilisation, l’adhérent réalise un nettoyage rigoureux au nettoyeur haute pression. Une brosse est également indispensable pour décoller les bouses incrustées. Pour ma part, j’utilise en plus un détergent, même si ce n’est pas encore systématique chez tous les utilisateurs. En règle générale, le nettoyage est effectué sur l’exploitation de l’adhérent. Me trouvant à proximité du hangar de la Cuma, je réalise quant à moi cette opération sur l’aire de lavage collective. L’entretien régulier est aussi un gage de durabilité du matériel. Achetée il y a trois ans, notre bétaillère est aujourd’hui comme neuve. Cette rigueur contribue également à la bonne entente au sein du groupe. La même règle s’applique d’ailleurs aux remorques lorsqu’elles sont utilisées pour le transport du fumier. »

Une cuve frontale pour laver en autonomie

 

 
<em class="placeholder">Une cuve frontale avec pompe haute pression, enrouleur et lance</em>
Une cuve frontale avec pompe haute pression, enrouleur et lance, permet d'effectuer le nettoyage du matériel sans contrainte d'accès à un nettoyeur haute pression. © M. Portier

Le recours au nettoyeur haute pression impose souvent un retour à la ferme pour laver le matériel. Pour intervenir directement sur le chantier ou sur un site annexe non équipé, les cuves de lavage autonomes équipées d’une pompe haute pression offrent une solution logistique intéressante pour les matériels utilisés en Cuma.

Le constructeur de pulvérisateur Arland propose ainsi une cuve frontale reconfigurée pour le lavage, disponible en trois capacités de 1 100 à 1 900 litres. Attelée au tracteur ou à un engin de manutention, elle embarque une pompe à entraînement hydraulique délivrant 30 litres à la minute à 200 bars, associée à un enrouleur de 18 mètres.

Autre alternative, issue du matériel de nettoyage de voirie, l’unité de lavage KPL-R de l’entreprise Dynaset est configurée pour un attelage sur le tracteur ou un télescopique. Elle dispose d’un réservoir de 270 à 1 080 litres et d’une pompe entraînée hydrauliquement offrant soit 30 litres à la minute à 250 bars, soit 50 litres à la minute à 220 bars. La lance est raccordée à un enrouleur de 20 mètres.

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