Aller au contenu principal

Porcs à queue entière : l’ajout d’objets peu concluant

Un protocole d’ajout d’objets manipulables dans des cases de porcelets à queues entières victimes de caudophagie a donné des résultats mitigés.

L’apport d’objets manipulables dans des cases atteints de caudophagie a la réputation de détourner l’activité d’exploration des animaux sur leurs congénères et de réduire les risques de blessures.

Un essai réalisé à la ferme expérimentale porcine de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire montre que ce n’est pas toujours le cas. Trois bandes de 54 à 85 porcs à queue entière ont été suivies du sevrage à la vente. Dès lors que des premières lésions apparaissaient ou que la position des queues était basse pour une majorité de porcs, les salariés ajoutaient un objet supplémentaire chaque jour en retirant le précédent : corde de coton – toile de jute et étoile en post-sevrage ; corde de chanvre – étoile – paille broyée en engraissement. Ce cycle d’enchainement de matériaux se répétait tant que les lésions étaient présentes. Dès que l’état des queues s’améliorait, le dernier matériau ajouté était du bois. Pour une même case, les séries d’enchainement de matériaux pouvaient être mise en place jusqu’à deux fois en post sevrage et cinq fois en cours d’engraissement. Ces séries d’enchainement d’objets duraient de zéro à 19 jours en moyenne en post sevrage et de zéro à 13 jours en engraissement. En parallèle, les soins aux animaux étaient appliqués en fonction de la gravité des lésions : répulsif-désinfectant-cicatrisant, traitement médicamenteux, isolement d’un porc en infirmerie.

De la caudophagie dès le post-sevrage

Les épisodes de caudophagie démarraient généralement en post-sevrage et pouvaient se poursuivre en début d’engraissement. Les notes les plus sévères pouvaient atteindre jusqu’à la moitié des porcs d’une case malgré les interventions des salariés. Sur trois bandes testées, la fréquence de queues rouges tuméfiée et présentant des lésions réduites avec présence de sang (note 2 selon la grille Ifip) a varié entre 34,6 % et 46%. En parallèle, le nombre de jours de soins apportés aux animaux est élevé (entre douze et dix-huit jours). Les mortalités liées aux conséquences de morsures ont été de l’ordre de 1,2 à 2,9 % selon les bandes. Une charge de travail supplémentaire peu acceptable. Après la mise en place du protocole d’enrichissement des cases, l’état des queues s’est globalement amélioré. Mais les plaies sont restées présentes. Le temps passé par les salariés aux soins et au renouvellement quotidien des matériaux était assez important et peu acceptable pour généraliser l’arrêt de la caudectomie à l’ensemble d’une bande de 240 porcs. À l’abattoir, les saisies sur carcasse potentiellement liées à des problèmes de caudophagie sont restées supérieures au lot des porcs à queue coupée sur les deux premières bandes : 2,8 % contre 0,36 % pour les porcs à queue coupée. Aucune saisie de ce type n’a cependant été constatée sur la troisième bande. Même si l’essai est terminé, l’équipe de l’élevage des Trinottières poursuit l’arrêt de la caudectomie sur de petits effectifs pour améliorer la conduite des porcs à queue entière.

Aude Dubois, aude.dubois@pl.chambagri.fr

Partenaires

Ifip, chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire, Terrena innovation. Ce projet a été financé par la région Pays de la Loire.

Rédaction Réussir

Les plus lus

<em class="placeholder">MAternité libertée pour les truies</em>
"Mes truies sont en totale liberté depuis leur entrée en maternité jusqu'au sevrage"

Dans les Côtes d’Armor, Anthony Puel a fait le choix de cases liberté sans bat-flancs pour des truies totalement libres à la…

<em class="placeholder">Graphique = Des résultats toujours bons en 2024Prix perçus, coûts de production et écarts en 2024 (euros/kg carcasse)</em>
Les coûts de production des producteurs de porcs dans le monde ont baissé en 2024

En 2024, les coûts de production des élevages de porcs ont diminué dans la plupart des pays du réseau InterPIG, en lien avec…

<em class="placeholder">Noël Thuret, président du groupement Cirhyo. « Le rôle de notre groupement est de porter ces projets de modernisation tout en prévoyant de céder progressivement nos ...</em>
« Nous consolidons notre volume de production avec les élevages de porcs existants »

Le groupement Cirhyo revendique ouvertement sa volonté d’investir dans des élevages de porcs existants en partenariat avec des…

<em class="placeholder">Jean-François, Jeff et Andy vulquin (à gauche) ont repris en 2022 le site de la SAS Élevage Porcinière dans la Marne, aux côtés de leur groupement Cirhyo représenté ...</em>
Cirhyo accompagne les éleveurs de porcs entrepreneurs

Le groupement de producteurs du Centre de la France Cirhyo aide ses éleveurs adhérents à faire l’acquisition de nouveaux sites…

<em class="placeholder">Dominique Merrant (Ceva Santé animale) avec Laetitia Poret, vétérinaire Agrial et Frédérique Lasserre, SCEA de La Tourangelle.  L&#039;audit Ceva a permis de remettre à plat ...</em>
"Nous avons remis à plat nos pratiques en maternité porcine"

L’audit maternité proposé par le laboratoire Ceva Santé Animale à la maternité collective porcine de la Tourangelle en Indre-…

<em class="placeholder">https://s.mj.run/S8WDb_8drpw background image that embodies the themes of technology, artificial intelligence, innovation, and the future, specifically tailored for a web ...</em>
L’intelligence artificielle débarque dans les élevages de porcs

L’intelligence artificielle commence à voir le jour dans certaines applications dont l'objectif est d'aider l'éleveur de porcs…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)